Comme en 14

 

 « Comme en 14 » de Dany Laurent dans une mise en scène de Yves Pignot restitue dans ce théâtre de la Bruyère la chronique ordinaire d’un hôpital de campagne.

Cette pièce aux cinq nominations et aux trois Molières reprend du service dans une nouvelle distribution et une nouvelle mise en scène mais toujours avec à sa tête dans le rôle de l’infirmière chef Marie Vincent.

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Hiver 1917, dans la salle des infirmières d’un hôpital juste derrière les lignes du front, à la veille de Noël, nous assistons aux bavardages de ces femmes, au courage exemplaire, qui ont dû pallier le départ précipité de tous les hommes pour le front et d’un jeune homme atteint d’une forme d’autisme.
Ils vont bien malgré eux « fêter » ce noël sous les bruits des canons, l’espoir en eux qu’il soit le dernier de cette guerre qui n’en finie pas.
Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, alors pourquoi ne pas vivre l’occasion d’être heureux et de fêter simplement et dignement ce noël, en chantant, en buvant, en mangeant et en s’échangeant des cadeaux.

Dany Laurent, profondément comédienne et cela se ressent dans les situations, les dialogues qu’elle fait vivre à ses comédiennes, dépeint avec bienveillance et humour, en quelques moments choisis, la vie de ces femmes, ici de ces infirmières « les anges blancs » qui ont retroussé, face à l’horreur de cette guerre, leurs manches, qui ont répondu présent pour soigner tous les blessés, accidentés par cette meurtrière première guerre mondiale.
Elle s’est nourri de témoignages et de documents pour mettre en avant le quotidien de ces femmes bien différentes dans leurs approches de la guerre, tantôt avec légèreté, tantôt avec gravité.
Le choix du lieu n’est pas anodin, dans ce lieu rempli d’espoir, d’amour, on y vit…on y meurt, la chaîne complète de la vie.
Tant bien que mal, qu’elles soient professionnelles ou bénévoles, elles accueillent en toute humilité, en toute dignité, avec le sourire, les blessés, les réconfortent et leur portent les premiers secours en attendant qu’ils soient pris en charge par les quelques médecins encore présents : une belle leçon d’humanité.
Elles vont, pendant ces 48 heures, partager leurs peines, leurs confidences, leurs joies, leurs petits travers. Tous ces petits riens qui formalisent la vie.

photolot comme14-10Et dans cette salle d’infirmières, nous rencontrons Mlle Marguerite, jouée avec une main de fer dans un gant de velours par Marie Vincent, qui bien longtemps après sa première composition, qui lui a valu un Molière, réinvite son personnage en s’adaptant à ses nouveaux partenaires…la maturité est passée par là.
Dans le même esprit, Yves Pignot qui signe la mise en scène a dû revoir sa copie. Il dirige ses comédiens avec une fluidité heureuse et prend soin de leur faire passer un bon noël.

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Marie Vincent retrouve sa camarade de jeu Virginie Lemoine de « Piège Mortel » et leur complicité fait plaisir à voir. Virginie Lemoine campe avec dignité une aristocrate, une comtesse veuve de guerre ancrée dans ses traditions, qui n’a pas beaucoup de problème pour lever son coude et ses mimiques à cette occasion sont réjouissantes.
Elle est la mère de deux garçons, le premier que l’on ne voit pas mais qui est le sujet de toutes les attentions des infirmières, puisque l’on doit l’amputer et le second, toujours prêt à rendre service, amoureux de la vie, de son frère, mais un peu attardé mental, est joué tout en délicatesse par Axel Huet. Son jeu tout en justesse m’a fait penser à Stéphane Hillel dans « Les temps difficiles » d’Edouard Bourdet ; un jeu d’équilibriste où tout peu basculer au moindre cabotinage.
Mlle Marguerite est secondée par deux autres infirmières aux tempéraments et aux jeux bien différents. photolot comme14-22
La première Suzy, jouée par Ariane Brousse, est bénévole et engagée dans les mouvements pacifistes. C’est la rêveuse, l’idéaliste, avec beaucoup de vie elle campe cette infirmière qui ne rêve que d’un monde meilleur. Sa belle voix, lorsqu’elle pousse la chansonnette, agrémente la vie des blessés et fait plaisir à entendre. photolot comme14-31
Louise, une jeune femme issue de la grande bourgeoisie qui aide son prochain en attendant le retour de son fiancé parti sur le front, jouée par Katia Miran vient compléter cette distribution ; elle apporte la fraîcheur, l’innocence dans ce monde de terreur.

 

N’hésitez pas à réserver, une bien belle distribution qui nous fait passer un bon moment malgré les horreurs de la guerre racontées dans cette histoire.

« Comme en 14 » au théâtre La Bruyère, du mardi au samedi à 21h et le samedi à 15h30.

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