Nuit d’ivresse, une autre histoire

 

« Nuit d’ivresse, une autre histoire » de Josiane Balasko dans une mise en scène de Nathalie Lecoultre a déclenché les rires en cascade pour cette dernière au théâtre de la Michodière.

 

afficheComme beaucoup de monde, je connaissais la version de la création avec Josiane Balasko et Michel Blanc.
Une comédie sociétale intemporelle qui va de succès en succès depuis sa première en 1985, une comédie où les rires très présents, avec une montée en puissance dans la deuxième partie, libèrent les tensions de journées plus ou moins chargées en nous donnant énormément de plaisir.
Mais quelle bonne idée que Jean-Luc Reichmann et Josiane Balasko se soient entendus pour cette nouvelle version de Nuit d’ivresse. Un projet risqué mais dont le résultat n’a absolument pas nui aux personnages, au comique de la pièce, au contraire.
Quelle bonne idée folle d’avoir mis face à face deux hommes aux solitudes exacerbées. L’un gay, l’autre hétéro, quoique, à l’heure où l’homophobie est malheureusement très présente dans notre société. Une homophobie qui donne une triste image de la France pour ne parler que d’elle…

Nuit d'ivresse copyright celine Nieszawer 23Un détenu, Charlie, en permission prolongée pour cause de bonne conduite, tout en lisant son journal sur le coin d’un guéridon, rencontre un présentateur vedette du petit écran au narcissisme assumé, Jacques Belin, dans le bar « Le terminus » d’une gare à une heure très avancée de la nuit.
L’un attend son train pour Dieppe où il doit rejoindre sa sœur, tandis que l’autre noie son chagrin dans l’alcool. Un chagrin dont on découvrira l’origine au fil des échanges, qui fera rire et pleurer.
S’ensuit une conversation à bâtons rompus, où tous les clichés sortent naturellement d’une bouche d’un présentateur qui ne sait plus trop où il en est, ce qu’il dit, mais dont les réponses du détenu sont pertinentes.
Pour donner du rebondissement et permettre l’enchaînement de situations cocasses, intervient le serveur du bar qui finit par reconnaître le présentateur. Notre détenu quant à lui, forcément avec son incarcération, il ne reconnaît pas la vedette du petit écran…
Nuit d'ivresse copyright celine Nieszawer 47Une nuit d’ivresse complètement folle qui débouche le lendemain matin, avec nos deux héros, dans l’appartement du présentateur ; ce dernier éprouve, au réveil, un méga trou noir. Il ne se souvient absolument pas ce qui s’est passé la nuit précédente…
Sans oublier les scènes d’anthologie, dont celle de la majorette qui est à se tordre de rire.

 

Nuit d'ivresse copyright celine Nieszawer 51C’est l’histoire de deux mains qui se rencontrent, se touchent, de deux êtres, deux personnalités qui vont se découvrir s’entendre, s’écouter, et qui finiront par dialoguer sereinement, comme on devrait le faire naturellement ; des vies où la différence fait peur, où l’incompréhension laisse place aux malaises qui gangrènent notre société. Une comédie hilarante qui laisse tout de même à réfléchir sur nos comportements.
Une comédie où rires et émotions se conjuguent à la perfection.

Chacun est dans son rôle, personne ne fait « la vedette », un trio qui fonctionne à merveille !
Jean-Luc Reichmann dont on ne « connaît » que la facette « présentateur télé » mais qui en réalité à une solide formation de comédien joue avec une très belle efficacité ce rôle qu’il vit tous les jours. Il apporte son vécu pour donner de l’étoffe au personnage sans tomber dans la facilité.
Thierry Lopez, que j’ai découvert dans « Ich bin Charlotte » (voir à ce sujet mon billet – succès oblige, toujours l’affiche du théâtre de Poche Montparnasse) est parfait dans son rôle ; sa solide formation de comédien et de danseur lui donnent toute l’aisance dans ses acrobaties, qu’elles soient verbales ou sur la scène ; que cela soit dans un registre dramatique ou comique, il excelle.Nuit d'ivresse copyright celine Nieszawer 67
Pour le rôle du serveur, il fallait un comédien qui soit présent, qui ne soit pas effacé par les deux « vedettes » ; avec sa riche carrière de comédien Stéphane Boucher s’en sort brillamment.
Pour un tel résultat, il faut prendre du plaisir sur scène, cela se sent et ils le partagent sans ménagement avec le public pour notre plus grande joie.

Nathalie Lecoultre, Madame Reichmann à la ville, connaît parfaitement son homme et le dirige sur scène de main de maître. Sa mise en scène qui ne tombe pas dans la caricature est très rythmée, inventive, avec beaucoup de gags plus drôles les uns que les autres qui emportent le public dans les fous rires ; sans oublier les émotions qui parsèment également cette histoire.
Le tout dans des décors de Stéphanie Jarre, une musique de François Peyrony et des lumières de Laurent Béal, qui embellissent le jeu des comédiens et la mise en scène.

 

Prochain rendez-vous avec l’écriture de Josiane Balasko : « Un grand cri d’Amour » aux Bouffes Parisiens, du 24 mai au 18 juin, avec Michèle Bernier et Pierre Cassignard dans une mise en scène de Marie Pascale Osterrieth

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