La vie de Galilée

 

« La vie de Galilée » de Bertolt Brecht à la Comédie Française dans une mise en scène d’Eric Ruf est une formidable histoire du portrait d’un homme brillant qui tient en haleine le public pendant deux heures et demie : pas un bruit ne vient perturber le récit.

 

LA VIE DE GALILEE 40x60-1Galilée ou Galileo Galilei, de son état mathématicien, physicien et astronome italien du XVIIe siècle, amoureux des plaisirs de la vie, ne croit que dans ce qu’il voit, mais il est prêt à renoncer à ses croyances face à la douleur physique…il veut transmettre son savoir mais ne veut pas devenir un martyr de la science.
Un savant avide de connaissances qui nage entre deux eaux pour arriver à son but. Une découverte venue de Hollande lui donnera une notoriété relative en mettant au point une lunette astronomique.

D’un côté nous avons la lumière de ce soleil qui rayonne sur l’univers et de l’autre côté nous avons l’obscurité de cette église catholique qui rayonne en maître sur la planète terre.
Deux univers opposés, l’un qui voit dans la science la progression de l’humanité et dans l’autre celui qui a peur de perdre son pouvoir sur l’Homme.
Une excellente question est posée par Brecht dans sa pièce : mais où est Dieu dans tout cela ? Une réponse pleine de bon sens : il est en nous.

LA VIE DE GALILEE -Comment l’église pourrait-elle accepter, au risque que ses écrits perdent toutes valeurs, que la terre tourne autour du soleil, que la terre comme la lune n’aient pas de lumière propre ?
Comment accepter que sa parole soit mise en doute ? Un écho qui de nos jours, sur de nombreux sujets d’actualité, a tout son sens : rien n’a changé !
Dans cette pièce, c’est le pouvoir politique de l’église qui est au cœur de l’action. Un pouvoir néfaste, conservateur, hostile à toute évolution.
LA VIE DE GALILEE -Le point d’orgue de cette illustration est la scène de l’habillage du pape, joué ce soir avec beaucoup d’espièglerie par Guillaume Galienne. Une scène qui résume très bien le dilemme entre Galilée et l’église. Un pape qui dans un premier temps est favorable aux théories de Galilée alors qu’il était le cardinal Barberini, mais qui devant la nouvelle charge qui lui incombe renie ses convictions, comme Galilée, face à la toute puissance de l’inquisition représentée par son cardinal Thierry Hancisse, d’une sobriété effrayante. Une inquisition qui ne peut accepter que la terre ne soit pas le centre de l’univers. Cela remettrait en question le positionnement de l’Homme dans la création voulu par Dieu : une dictature de la foi contre le bon sens.
Les costumes somptueux de Christian Lacroix (un habitué de la Comédie Française) en sont les témoins. L’habillage du pape est cadencé d’une manière superbe pour mettre en exergue la bêtise humaine. Sous les lumières de Bertrand Couderc, la toute puissance de l’église via les habits de ce pape étincelle de mille éclats, comme les langues de feu qui se propagent à la Pentecôte.

LA VIE DE GALILEE -

Un texte intelligent mis en valeur par les comédiens de la Comédie Française très nombreux sur le plateau, donnant une vision lumineuse de cette époque.
La mise en scène d’Eric Ruf est construite comme un ensemble cohérent où l’humour côtoie la réflexion et l’émotion, mettant en évidence la complexité du personnage. Un plaisir de jouer transmis sur scène avec toute la finesse des comédiens pour interpréter un propos profond qui nous oriente sur la réflexion des conséquences que peuvent avoir les découvertes scientifiques sur notre vie.
LA VIE DE GALILEE -Une scénographie aussi d’Eric Ruf digne des grands peintres étaye les propos, tout en nous faisant voyager de Rome à Florence en passant par le Vatican ou encore Venise. Tant de lieux arpentés par Galilée au milieu de sa tribu composée entre autres de sa servante Mme Sarti (Florence Viala) avec son fils Andrea (Jean Chevalier) à la naïveté touchante, qu’il prendra sous son aile en se chargeant de son éducation et sa fille Virginia (Elise Lhomeau) avec qui il a une relation un peu compliquée mais qu’il aime profondément.

LA VIE DE GALILEE -Outre les méfaits de la censure dénoncés, une fin qui laisse place au doute, sur le sens de la vie, avec un Galilée, joué tout en simplicité et conviction par Hervé Pierre, sortant de temps en temps ses griffes, qui aura tout de même mené à bien son étude – les Discorsi – en la transmettant à son messager Andrea, chargé de diffuser à son tour la bonne parole…que je vous conseille d’aller écouter.

 

« La vie de Galilée » à la Comédie Française, salle richelieu, en alternance, jusqu’au 21 juillet.

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