Délivrés de famille

 

« Délivrés de famille » d’Antony Puiraveaud au théâtre Le Funambule dans une mise en scène de Jean-Luc Voyeux est une réunion de famille explosive.

 

afficheLors d’une réunion de famille, non recomposée s’il vous plaît, nous assistons à un match de boxe où tous les coups sont permis, les balayages s’enchaînent avec les coups droits ou gauches, des esquives avec des pas de côté, enfin bref les ripostes fleurissent à la vitesse grand V si vous ne faites pas attention à votre garde.

Cette soirée devait s’annoncer des plus radieuses, en effet Mélanie arrive chez ses parents pour fêter son anniversaire : ses trente trois ans.
Elle termine sa conversation téléphonique dans la pénombre avec le père de leur enfant qui ne veut pas se joindre à eux tant que son beau-père n’aura pas présenté ses excuses…
Nous connaissions le classique conflit bru – belle-mère, mais ces parents aux allures non conventionnelles innovent !
Puis la lumière illumine le salon où elle découvre qu’elle n’était pas toute seule…

Son frère cadet, de trois ans, a profité d’un déplacement professionnel pour se joindre à eux, ne voulant pas manquer l’anniversaire de sa sœur chérie. Il a tout de même fait le voyage depuis l’Inde où il a trouvé refuge…4

La petite fête commence par un échauffement avec tout un chapelet de piques qui produisent leurs meilleurs effets. Le traditionnel conflit parents-enfants récapitulant les problèmes liés à l’éducation en passant par les choix de vie professionnelle ou amoureuse.
La traditionnelle joute verbale de l’hors-d’œuvre entre les parents qui n’ont pas assimilé que leurs enfants ont grandi, qu’ils ne sont plus les ados auxquels on pouvaient donner des ordres, qui deviennent à leur tour parents.

Puis vient le moment de déguster le plat de résistance, l’échauffement est terminé, celui où on offre le cadeau : nous allons passer à la phase du combat. Un combat sanglant où personne ne sortira indemne.
Les parents annoncent sans ménagement qu’ils ont décidé de renier leurs enfants en leur présentant un document officiel émis par leur notaire : la « déconnaissance ».

9Et ce n’est pas une blague, ce n’est pas le jeu de société qui rend fou de Patrick Sébastien, mais bien un document qui stipule que les enfants ne sont plus liés par la loi aux parents.
Que ce soit pour les enfants qui doivent assistance aux parents ou les parents qui en toute logique transmettent leur héritage. On fait un trait sur toutes ces formalités et chacun devient libre…on devient simplement ami…

Un cadeau que les parents se réjouissent d’offrir à leurs enfants en toute innocence, en leur donnant la liberté totale, sans mesurer les conséquences qu’engendre un tel acte : l’éclatement de la cellule familiale pointe le bout de son nez…

Cette liberté va permettre à chacun de s’exprimer, d’étaler au grand jour toutes les rancœurs enfouies au plus profond de sa chair. Une liberté où toutes les pudeurs vont disparaître, tout en ignorant leurs intérêts salutaires. Une barrière parents-enfants que l’on se doit de conserver.1
Il sera question bien évidemment de sexualité et celle-ci prend une tournure toute particulière quand on sait que le fils est homosexuel avec tous les clichés ancrés dans la bêtise. Mais les parents iront aussi de leurs révélations…n’ont-ils pas eu eux aussi leurs crises d’adolescence…14

Nous dégustons un dessert savoureux, croustillant, où l’autorité parentale vole en éclat avec les révélations qui ne manqueront pas de susciter un débat musclé, le tout dans un humour de premier et second degré, le trash côtoyant la bienveillance.
Un texte aux uppercuts décoiffant où les répliques fusent dans un jeu de jambe très léger.

 

12Dans une mise en scène enjouée, percutante, réglée comme un combat de boxe, Jean-Luc Voyeux dirige les comédiens qui donnent de leur sueur pour nous emporter dans leur délire.
Anne-Cécile Crapie et Francis Boulogne, les parents, s’opposent joyeusement avec énergie à leurs enfants Lucille Bobet et Olivier Troyon. Une fille qui se lâchera au détour de plusieurs verres d’alcool et un fils qui n’hésitera pas à s’affirmer en sortant ses griffes.

 

Une comédie sociétale posant la question cruciale de la relation parents-enfants, et pour conclure ce match, ce combat : et si c’était vrai…

 

« Délivrés de famille » au théâtre Le Funambule, le lundi à 19h30 et le samedi à 17h30, jusqu’au 25 janvier 2020.

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