Les garçons et Guillaume, à table !

 

« Les garçons et Guillaume, à table ! » d’après le seul en scène de Guillaume Gallienne avec Maxence Marchand mis en scène par Peggy Dutti au théâtre de la Tache d’encre.

Autant vous dire tout de suite que je n’avais pas vu Guillaume Gallienne sur scène et que je n’avais pas accroché avec son film.
Maso me direz-vous ? Eh bien non car j’avais apprécié le jeu de Maxence Marchand dans « Tambour battant » (cliquez) de François Rivière.

 

Reprendre un texte jamais joué depuis sa création par l’auteur était un pari risqué et c’est un pari réussi.
Maxence Marchand efface sur scène les images que l’on pourrait avoir de Guillaume Gallienne.
De plus jouer, en ces temps de revendication des libertés, un spectacle sur la question des genres qui déclenche la polémique, les passions : il fallait oser.

Tout simplement on a l’impression que ce rôle était écrit pour Maxence Marchand tant il s’en empare avec un naturel désarmant.

Guillaume membre d’une fratrie de trois frères a une relation fusionnelle avec sa mère et est quelque peu la risée de ses frères qui le trouvent beaucoup trop efféminé.

Un père également qui pratique la politique de l’autruche et préfère regarder de l’autre côté de la fratrie au point d’organiser des vacances pour les deux autres frères : incompréhension ou perspicacité ?
Guillaume quant à lui est attiré par les femmes auxquelles il porte en général un amour puissant.

C’est simple depuis tout petit, il est persuadé qu’il est une fille, alors pourquoi s’embarrasser d’aller chercher midi à quatorze heures !

Même si aux yeux de sa famille, de son entourage, il est considéré comme un homosexuel, comme ils disent, Guillaume lui préfère s’habiller en fille, en femme, car c’est sa nature profonde, un point c’est tout.

Maxence Marchand a choisi pour son spectacle dans le seul en scène de Guillaume Gallienne les scènes qu’il voulait mettre en valeur, qui lui parlaient, qui le faisaient vibrer.

Avec son t-shirt de marin rayé blanc et rouge, il ne se refuse rien, il commence son voyage à la recherche de son identité avec ses vacances en Espagne, où il laisse libre cours à sa fantaisie. Le passage de la danse de la sévillane déclenche un lot de rires dont le public raffole.

Tout comme celui ensuite du service militaire, ou celui de la pratique sportive avec son rugby et son foot, ou encore sa découverte du milieu homosexuel dont il ne comprend pas les tenants et les aboutissants puisqu’il se considère comme une fille !

Mais le rire qui revient très souvent dans ce spectacle est partagé avec des séquences d’émotion, de tendresse, notamment avec sa grand-mère Babou.
Le rapport mère – fils quant à lui au cœur de l’action vaut son pesant d’or.

Dirigé adroitement par Peggy Dutti, Maxence Marchand a su donner le ton juste à ses répliques, la bonne attitude, il nous captive pour nous cueillir au moment opportun.

Même si la fin est un peu conventionnelle, il reste néanmoins dans cette aventure une belle expérience théâtrale dont Maxence est tombé tout petit dans sa marmite.

Une performance pleine de fraîcheur, de spontanéité, qui mérite votre détour !

 

« Les garçons et Guillaume, à table ! » au théâtre de la Tache d’encre, jusqu’au 25 juillet à 12h.

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