L’Oiseau de feu et le Sacre du printemps

 

« L’Oiseau de feu » et « Le Sacre du printemps » sur une musique d’Igor Stravinski par les danseurs du Malandain Ballet Biarritz dans la grande salle du théâtre de la Gare du Midi de Biarritz est un voyage poétique où la grâce se conjugue avec l’énergie de la folie de celui que l’on surnommait le Picasso de la musique.

 

Dans un premier temps c’est « L’Oiseau de feu » chorégraphié par Thierry Malandain qui ouvre la danse, qui envahit le plateau et nous subjugue avec ses vagues aériennes mises en valeur par les splendides tuniques aux multiples couleurs de Jorge Gallardo.

Hugo Layer dans le rôle titre nous impressionne par tant de technique, dansée dans une finesse d’interprétation, une sensualité, qui nous laissent sans voix : l’Etoile Malandaine !

Dans un jardin enchanté, il apparaît soudainement et jusqu’au bout de ses doigts sa légèreté donne vie à cet oiseau qui a maille à partir avec son environnement, ses maléfices, ses sortilèges.
Un corps parfait avec des jambes aux muscles saillants dans une blancheur diaphane qui m’ont évoqué le corps de l’écorché que nous avions sur les planches lors des cours de sciences naturelles.

Nous sommes loin des interprétations classiques des ballets russes du Bolchoï, un ballet créé en 1910 qui rendit célèbre Igor Stravinski, où les couleurs d’une flamme rougeoyante de cet oiseau qui fuit sans cesse ceux qui veulent lui arracher ses ailes, mais celui d’un oiseau aux mille facettes porteur d’espoir, tel le phénix qui renaît de ses cendres, dans un style néoclassique d’une pureté enthousiasmante.

Hugo Layer entouré par Mickaël Conte dans le rôle de François, de Claire Lonchampt dans le rôle de Claire et de l’ensemble du ballet ont des expressions, des jeux, qui nous interloquent mais qui collent à chaque note de la musique. Rien n’est laissé au hasard, tous les portés, tous les pas de deux, tous ces corps aux articulations brisées, telles les ailes de cet oiseau de feu, ont un sens qui sublime à l’unisson la musique.

Un ballet des plus élégants, apaisant, dont la virtuosité de ses danseurs marquera cette saison perturbée mais enchantée, digne d’un Igor Stravinski qui a révolutionné la danse avec ses musiques.

 

 

 

C’est au tour du « Sacre du printemps » chorégraphié par Martin Harriague de nous surprendre par cette vision, cette interprétation animale, poussée jusqu’à l’extrême, de ce ballet.
Quelques notes sur un piano poussiéreux donnent vie à ce sacre, ce piano qui laisse sortir de son ventre toute une flopée de morts vivants aux regards effrayants, aux mouvements asynchrones habillés par Mieke Kockelkom.
Un parti pris animalesque qui surprend, qui étonne, qui partage, mais qui ne laisse pas indifférent. Est-ce l’homme qui domine la nature ou la nature qui domine l’homme ?

Un ballet créé en 1913, qui fit scandale à l’époque, dont l’argument est un rite sacral païen, le sacrifice d’une jeune fille en l’honneur du dieu du printemps.
Martin Harriague à l’imagination fulgurante s’est attaqué à ce monument de la musique classique, de ce ballet, avec une énergie déstabilisante dont le final n’est pas sans évoquer un certain boléro…

Puissance est le maître mot de ce ballet, revisité, aux pulsions rythmées par la force de la musique.
Des danseurs unis jusqu’à la mort et qui se donnent à fond pour laisser naître ce rituel à la fin tragique, où la jeune fille ballottée, chahutée, lancée, telle une poupée de chiffon, dansée par Patricia Velasquez s’élèvera dans les cieux rejoindre son dieu.
Un ballet qui repose sur la cohésion de ses danseurs, sur sa dynamique, qui en donne toute l’unité sacrificielle.

 

Un ballet composé de 22 talentueux danseurs :

Noé Ballot, Julie Bruneau, Giuditta Banchetti, Raphaël Canet, Clémence Chevillotte, Mickaël Conte, Jeshua Costa, Frederik Deberdt, Loan Frantz, Irma Hoffren, Hugo Layer, Guillaume Lillo, Claire Lonchampt, Alessia Peschiulli, Julen Rodriguez Flores, Alejandro Sánchez Bretones, Ismael Turel Yagüe, Yui Uwaha, Patricia Velázquez, Allegra Vianello et Laurine Viel.

 

« L’Oiseau de feu » et « Le sacre du printemps » au théâtre la Gare du Midi à Biarritz, le 23 décembre à 20h30 et le 26 décembre à 16h00
Prochaines dates : 2-3 février 2022 au théâtre Arradon à Vannes et le 18 février en Espagne à Logroño

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