6 Avril 2024
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« L’heure des assassins » de Julien Lefebvre dans une mise en scène d’Elie Rapp et Ludovic Laroche sur la scène du théâtre La gare du midi de Biarritz, un évènement Entractes Organisations, est une heure qui passe du rire aux larmes dans les méandres d’une enquête policière où chaque détail a son importance.
Julien Lefebvre, maître du Cluedo, n’en est pas à son coup d’essai avec les enquêtes policières. On lui doit dans sa trilogie : Le cercle de Whitechapel et Les voyageurs du crime ; aujourd’hui toujours avec ses héros favoris que sont le dramaturge George Bernard Shaw joué tout en finesse dans un esprit pimenté par Nicolas Saint-Georges et Arthur Conan Doyle, c’est L’heure des assassins qui retient notre attention.
Des répliques ciselées, des réparties qui font mouches, une ambiance cotonneuse en cette nuit du 31 décembre où le réveillon ne se déroulera pas sous les meilleurs auspices…
Pourtant tout semblait s’enchaîner pour le mieux lors de cette première dans un théâtre Londonien, au temps de sa splendeur, où toute l’intelligentsia avait fait le déplacement pour rencontrer le fameux Philip Somerset, au sommet de sa gloire. Un théâtre dirigé par le casse-cou Bram Stoker sous les traits bienveillants du roublard Jérôme Paquatte.
Ce dernier reçoit dans le foyer du théâtre des invités triés sur le volet, pendant que Philip Somerset prend l’air sur le balcon du théâtre.
Tout ce petit monde s’agite quand au détour d’une réplique on apprend qu’il a rendu l’âme.
Tout d’un coup tout se bouscule : comment est-ce possible ? Est-ce une mort naturelle ou l’assassin serait-il présent dans ce foyer ? Qui aurait eu intérêt à le voir disparaître ?
Autant de questions qui vont passionner les spectateurs que nous sommes et les protagonistes qui sur scène vont essayer de démêler le vrai du faux en commençant par Sir Arthur Conan Doyle, le célèbre romancier, créateur du non moins fameux Sherlock Holmes à qui aucun détail n’échappe pour résoudre ses enquêtes les plus tordues ; et cette dernière ne fait pas exception à la règle. Ludovic Laroche poursuit impeccablement sa prestation dans cette trilogie rocambolesque.
De rebondissements en rebondissements dans un humour très british, les pistes qui pourraient nous amener à la solution finale de cette enquête diabolique se brouillent au fur et à mesure pour mieux nous laisser dans un état de frustration bien ordonné. Cette heure des assassins dans une fin surprenante ne retiendra qu’un seul nom : mais lequel ?
La réussite est une chose étrange pour un retour triomphant…mais qui lui sera fatal : jalousie, accident, erreur de personne, entre mensonges et vérités tout est passé au crible pour résoudre cette énigme qu’est à la fois ce Philip Somerset et sa disparition. Un huis clos poignant dont nous sommes témoins, avides de sensations, tout en respectant le ton de la comédie.
Dans une mise en scène efficace, à l’équilibre d’une partie de ping-pong maîtrisée, soulignée par les lumières de Dan Imbert, les costumes d’Axel Boursier, les musiques d’Hervé Devolder, les yeux avisés d’Elie Rapp et Ludovic Laroche, assistés de Mathilde Flament-Mouflard, donnent le ton juste à cette enquête, conduite par une troupe soudée, dont les comédiens se délectent à mettre judicieusement en exergue leurs personnages.
Dans des prises de becs réjouissantes, ils excellent dans ce travail de fourmis et campent dans des jeux tirés à quatre épingles, une démonstration magnifique du savoir-faire de leur art.
Gravitent autour du trio effervescent, la sœur de Philip Somerset : Miss Belgrave sous les traits coquins de Stéphanie Bassibey, son assistante Miss Lime jouée délicatement par Ninon Lavalou et son bras droit en affaires par l’énigmatique Pierre-Arnaud Juin.
Un réveillon où le champagne fait des bulles…mais pas à celles que l’on s’attend !
« L’heure des assassins » sur la scène du théâtre La gare du midi de Biarritz, un évènement Entractes Organisations. vue le 060424 le 12 avril à Chartres, le 14 avril à Penmarch, le 16 avril à Dreux, le 17 avril à Caudry,...