7 Septembre 2024
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Don Quixote par le Ballet de Berne chorégraphié par Po-Cheng Tsai sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz dans le cadre du festival Le temps d’aimer la danse est un marathon explosif à la recherche de l’Amour contrarié par les esprits…des moulins…
Pour son ouverture du festival le Ballet de Berne nous présente une version de Don Quichotte des plus ambitieuses. Ballet créé en juin dernier, donc une première française pour le public, où le sombre côtoie la lumière, le rêve les ténèbres.
Don Quichotte, le roman de Miguel de Cervantes, héros dont la mission est de combattre le mal pour protéger les opprimés, aura maille à partir avec les ombres de Po-Cheng Tsai qui signe une chorégraphie très exaltante. Une histoire datant du XVIIe siècle qui prend tout son éclat avec cette distribution au dynamisme percutant.
Sans oublier un personnage qui s’impose dans ce ballet, celui de la musique de Ming-Chieh Li mise en valeur par le contraste des lumières de Chih-Chen Liu. Une musique vibrante, intense, aux sonorités décoiffantes qui vous prend aux tripes et qui souligne la création chevaleresque de Po-Cheng Tsai dans laquelle des ombres, des ténèbres, jaillit la lumière.
Dans une scénographie aux praticables à la blancheur immaculée et à la mouvance affirmée apparaît une silhouette d’un rouge intense contrastant avec la noirceur des ombres…Don Quixote se profile, naît, au milieu de ces vagues à la recherche de sa dulcinée qui nourrissent l’intrigue.
De pas de deux enivrants aux parades amoureuses féériques prolongées par les cordes palpitantes, de solos époustouflants aux rythmes endiablés ponctués par les voix ensorcelantes, les danseurs du Ballet de Berne donnent toute leur puissance, leur joie de vivre, au service d’une histoire qui ne saurait démentir sa vibrante actualité.
Un Don Quichotte qui dans un rêve veut changer le monde. A-t-il tort ? A quoi bon combattre des moulins à vent dans un combat de boxe ou d’épée dont la puissance le remet continuellement à sa place ? Remettre sur le métier son engagement souligne sa volonté d’un monde meilleur : peut-on l’en blâmer ?
La chorégraphie dynamique de Po-Cheng Tsai est très physique, sur le fil du rasoir, les danseurs ont tout juste le temps de respirer, ils vivent leur épopée à cent à l’heure pour servir l’imagination débordante de son auteur.
Tel un feu d’artifice qui ne s’éteint jamais, les danseurs virevoltent par exemple dans son bal où l’Amour prend toute sa place : une éclosion magique aux couleurs supplantant la noirceur du parcours éreintant de Don Quichotte à l’âme chevaleresque.
Un gentil Don Quixote qui se perd entre la fiction et la réalité : une liberté dont il jouit enveloppée par la précision du geste de la chorégraphie de Po-Cheng Tsai.
Andrey Alves représente l’incarnation chevaleresque du plus célèbre rêveur de la littérature, dans une performance étourdissante. Il mène de bout en bout cette histoire, ce ballet avec une présence lumineuse. Il capte l’attention dès son apparition au service d’un rôle épuisant mais pour la bonne cause : combattre les moulins à vent !
Il est secondé par Edoardo Deodati dans le rôle de Sancho Panza qui dans une complicité réjouissante forme un duo captivant.
Ils ne seraient rien sans ces quatorze ombres qui sévissent autour d’eux, interprétées magistralement, tout en retenue, par Toshitaka Nakamura, Chien-Chin Chang, Indar Carmona Viñas, Catarina Abreu, Léonard Blondel, Pablo del Campo, Nicolas Frau, Mari Ishida, Marieke Monquil, Momoko Nakamura, Saskya Pauzé-Bégin, Romane Ruggiero, Ana van Tendeloo et Lina Verveckken.
Don Quixote par le Ballet de Berne sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz, un évènement Le temps d’aimer la danse & malandain ballet biarritz, vu le 060924.