6 Mai 2026
« Les mots », un album d’Isild Le Besco produit par Andréel, sous le label station anvers, est une œuvre chorale à la tonalité troublante, tissée de confidences intimes, profondément intimes.
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Neuf titres s’enchaînent portés par une douceur apparente, exprimant la parole féminine sans fausse pudeur, allant au cœur du sujet sans retenue, mais toujours avec détermination.
Neuf titres interprétés, incarnés par des actrices, des femmes dont la parole porte, qui, sans artifice ni posture, délivrent un message qu’il faut entendre, écouter et surtout retenir.
Des textes à la sensibilité à fleur de peau d’Isild Le Besco, autrice et metteuse en scène, mariant la littérature, le cinéma et la musique dans une même respiration. Des paroles qui ont fait mal mais qui délivrent. Des paroles qui disent au revoir aux murs des maisons, des murs qui ont tout vu, tout entendu et qui, en chuchotant, vous incitent à partir pour aimer autrement, pour renaître dans la chaleur de bras enfin apaisants.
Elle a convié des actrices engagées, qui n’ont pas froid aux yeux, qui portent des combats pour la liberté de la Femme : Josiane Balasko, la regrettée Emilie Dequenne, Sandrine Bonnaire, Judith Chemla, Maria de Medeiros, Marianne Denicourt, Laëtitia Eïdo et Léonor Graser. Autant de présences qui prêtent leur souffle à ces textes et en décuplent la résonance, sans oublier son autrice.
Des grains de voix frissonnants qui subliment les mots, des interprétations à la douceur bouleversante, exprimant la libération de la parole, la sortie de l’emprise et la reconquête de soi : elles ont vécu pour lui, désormais, elles choisissent de vivre pour elles, tout en embrassant ses yeux et en séchant ses larmes : en osant enfin se regarder : être !
Andréel, le musicien, le pianiste passé par l’Ecole normale de musique, est l’homme dans cet univers de femmes, à qui Isild Le Besco a confié la délicate mission de mettre en musique ses paroles. Un défi relevé haut la main par celui qui, à l’aide de son piano, murmure la chanson française, celui qui m’avait bouleversé avec sa chanson « Sans toi », tirée de son album Mr Bizarre (plus d'infos)
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Sa musique apaise sans jamais atténuer la force du propos : elle accueille les cris de douleur, les violences traversées, réapprendre à aimer, sans jamais couvrir la voix. Au contraire, elle l’enveloppe, laisse vivre les silences et la respiration, tout en cajolant son exécution dans une ambiance de confession.
Des voix à la fragilité consumée et, à la fois, à la force désarmante, chantées dans une pudeur extrême, laissant le spectaculaire de côté pour atteindre une vérité nue.
Des textes qui évitent les écueils des clichés pour se confondre dans une émotion brute, à la charge émotionnelle liée aux thèmes abordés, qui, pour certains, pourraient la rendre inconfortable.
Un album qui, malgré sa multiplicité d’interprétations, s’écoute dans une unité de ton brillante, tout en redonnant ses lettres de noblesse à la chanson française. Un album qu’il faut écouter avec une attention singulière.
Isild Le Besco a su, de ses combats personnels, produire une œuvre collective et universelle dans une réflexion qui conduit à la résilience.
Son album délivre une écriture à la lumineuse intensité, mise en exergue par la justesse de son interprétation, comme si chaque mot, enfin, avait trouvé son corps.
« Les mots » d’Isild Le Besco, un album produit par Andréel, sous le label station anvers, une découverte Xavier Chezleprêtre.
Le 06/05/26