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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Etre ou ne pas être

 « Etre ou ne pas être » de et mis en scène par Rébecca Stella & William Mesguich sur la scène du Théâtre des Corps Saints est un seul-en-scène sur une partition musicale à plusieurs instruments.

 

Doté de ses yeux perçants, à la présence magnétique et de sa voix de stentor à la diction parfaite William Mesguich capte son auditoire dans une énergie brute sans jamais le laisser reprendre son souffle.
De bout en bout de son histoire au parcours surréaliste, nous le suivons dans ses passes à l’agilité surprenante, il faut dire qu’il a de beaux restes le bougre !

Un gamin de Paris qui rêve de se voir en haut de l’affiche, de jouer avec les pros. Tel est son destin tout tracé à force de combats, d’entraînements intensifs, lui qui à une très bonne mémoire mais qui préfère la mettre au service de ses figures de dribbles.

William Mesguich que l’on est habitué à suivre dans l’interprétation de grands textes, nous cueille par tant de simplicité, d’humilité, dans l’évocation de son parcours qui le conduira à proclamer la réplique d’un autre William à la célébrité non moins reconnue.

Le meilleur ami de son enfance est son ballon. Un ballon qui ne le quitte pas d’une semelle au grand dam de ses parents.
Comment concilier le football, sa passion dévorante, avec un père à la notoriété vivante maniant le verbe comme personne, lui qui considère sur la première marche de la vie le théâtre, cet art oh combien éternel et éphémère ?

Ne jamais oublier que le football c’est 22 millionnaires qui courent vers un ballon regardés par 45.000 smicards !
La scène où William réussit à emmener son père au Parc des Princes est d’une drôlerie divertissante soutenu par une mère hystérique à souhait.

Sur un texte à la sublime poésie, dans une digression parfaite du temps, William Mesguich nous conte dans l’émotion son monde qui s’écroule. Le match qui devait le consacrer, auquel ses parents étaient venus l’encourager, même son père qui s’était juré de ne plus jamais mettre les pieds au Parc des Princes, signera la fin de sa prometteuse carrière : une double fracture du tibia/péroné aura raison de sa passion. Huit mois d’arrêt auront raison de sa vocation.

Les dieux du théâtre qui patiemment le surveillaient vont lui dicter une nouvelle voie, celle de mettre à profit son enthousiasme pour une nouvelle cause : celle de se produire sur scène en déclamant des vers, des mots, des textes d’illustres auteurs que son père connaît sur le bout des doigts. N’a-t-il pas entendu celle d’Hamlet ?
Que cela ne tienne il va se consacrer pleinement à suivre des cours de théâtre même si dans un premier abord il est le fils de. Il va se plonger dans le regard de l’autre pour en faire sa force. Pierre Debauche sera son guide, son phare, celui qui le mettra dans la lumière, celui qui le conduira vers une fin de partie des plus méritantes.

Un peu d’exercice, en parcourant la France à pied, lui donnera le courage, l’audace et l’humilité nécessaires à sa volonté de toujours faire mieux, de se dépasser pour conquérir son public et surtout de ne pas le décevoir.

Un seul-en-scène à la partition ciselée qui rend un hommage émouvant aux personnes de tous milieux, de toutes professions, qui ont traversé et jalonné sa vie d’artiste. Dans une fluidité déconcertante, il passe d’une confidence intime, presque murmurée, à des éclats de fureur théâtrale.

Jouer aux côtés de son père Daniel Mesguich est un Graal dont il ne pouvait pas se passer.

Une mise en scène épurée au service du texte et quel texte. L’émotion comme point central, tel est leur credo. L’espace scénique est sculpté par le corps de William Mesguich et mis en valeur par les lumières de Richard Arselin : un travail d’orfèvre !

Etre ou ne pas être : une expérience théâtrale totale, de chair et de sang, bien au-delà d’un simple divertissement dont on sort impressionné par la performance.

 

« Etre ou ne pas être » sur la scène du Théâtre des Corps Saints, à 13h25, jusqu’au 25 juillet, relâche les 09,16 et 23.
Crédit photos : @ Fabrice Rodin
Vu le 050726

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