Dans les forêts de Sibérie

 

« Dans les forêts de Sibérie » dans une adaptation de Charlotte Escamez d’après le livre de Sylvain Tesson au théâtre de la Huchette est l’histoire palpitante d’un homme devenu ermite le temps d’une retraite, interprétée et mise en scène par le marathonien de la scène William Mesguich.

 

afficheCertains d’entre nous partent dans des monastères pour y faire une retraite, réfléchir sur sa vie passée, présente et future. Sylvain Tesson lui a choisi de partir très loin de la cité, de la foule, de la France, son pays, dans les forêts de la Sibérie pour s’y retrouver, s’y ressourcer. Ses seules occupations ont été de pêcher pour se nourrir, de couper du bois pour se chauffer : la lecture et la réflexion seront ses plaisirs solitaires.

William Mesguich incarne avec panache et une gourmandise assumée ce personnage que l’on pourrait qualifier d’extravagant. Il s’approprie la vie de Sylvain Tesson avec bonheur, on y croît, on le voit vivre dans cette cabane devenue son havre de paix.
Avec sa voix douce, il donne vie, de la chaleur, nécessaire et indispensable à sa survie dans ce récit décrivant son expérience dans les froideurs de cette terre perdue au fin fond de la Russie, aux abords du lac Baïkal, à la superficie impressionnante, où les autochtones se font rares.

C’est un aventurier au grand cœur mais à l’œil critique. Un aventurier qui va vivre une épreuve salvatrice de son existence. Un point de non retour aux futilités de la vie qui polluent la vision de l’existence pour ne se consacrer qu’à son essentiel.PhotoLot Danslesforêts 02
William Mesguich a l’art et la manière de captiver notre attention sans vouloir la lâcher. Avec moult détails de sa vie de tous les jours pendant les six mois que vont durer cette expérience, il nous délivre de la poésie à l’état pur par les descriptions de la vie d’un ermite maître de son temps. Il découvre les richesses de la vie tout simplement.
Des richesses abondantes mais dissimulées derrière tant de contraintes que l’on se forge chaque jour de notre vie dans un confort tout relatif.

L’immensité de ces terres aux abords hostiles et le silence de la nature sont les deux éléments qui lui permettent de rêver, de casser les repères d’une vie trop urbanisée où l’inconscient pollue notre vision d’un monde si beau, si l’on sait le regarder avec amour, avec tendresse, avec bienveillance.
Repousser notre peur du vide pour ne garder que les petits riens de la vie qui justifient notre présence sur terre.

Les mots de Sylvain Tesson sont simples, sont beaux, d’une magnificence, d’une lumière, vivifiantes. Le grand air a fait retrouver à cet explorateur solitaire les fondamentaux de sa vie perdus dans les nuisances de la cité. Ne pas nuire à la planète, tel est son credo : qui payera la note de nos bêtises passées, présentes et futures ?
Avec ses voyages sur la planète terre, il nous donne du rêve, et nous fait oublier le temps d’une lecture, d’un spectacle, les tourments, les angoisses qui peuvent jalonner notre existence.

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Les yeux et le jeu tout en justesse de William Mesguich illuminent cette cabane isolée, telle la lune rousse qui envahit la salle, nous gratifiant, dans un humour non dissimulé, de quelques anecdotes ponctuant cette vie de solitaire tout en décrivant avec passion la faune et la flore. Comme cette mésange qu’il faut nourrir, compagnon d’infortune ou encore ce voisin rencontré après plusieurs heures de marche dans le vent et le froid qui vous glacent les os. Un voisin qui lui rendra la politesse, brisant ainsi les longues heures de solitude où la réflexion occupe toute la place restée vacante.
Autour du poêle à bois à la lumière scintillante, élément central et indispensable de cette cabane avec sa fenêtre ouverte sur le lac, subsistent quelques pâtes et de la vodka, comme seuls carburants, qui viendront alimenter le corps, car l’âme est nourrie par les beautés de la vue, des silences.

Une mise en scène qui se veut fluide, intelligente, dans une cabane décorée par Grégoire Lemoine et éclairée par Richard Arselin. La douce musique de Maxime Richelme égrène les jours, les mois de cette aventure.

Un homme qui voulut être heureux, y est-il parvenu ? Allez le découvrir en allant écouter le passionnant William Mesguich dans les traces d’un Sylvain Tesson rattrapé par les vicissitudes de la vie…

 

« Dans les forêts de Sibérie » au théâtre de la Huchette, du mardi au vendredi à 21h (et le samedi à partir du 07 décembre), matinée le samedi à 16h.

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