Ephémère

 

« Ephémère » un ballet de Gilles Schamber, par la compagnie bretonne Gilschamber au théâtre Le Colisée de Biarritz, à la puissante évocation du temps qui passe.

 

Dans un silence total, uniquement perturbé par les toux à la sonorité perturbante des spectateurs, les danseurs entrent dans la danse, sur un plateau à la couleur naturelle en opposition à la froideur des murs qui l’emprisonnent.

Chacune, chacun, dans leur positionnement éclairé par la chaleur de la création de Gilles Fournereau, met son corps en mouvement dans son champ d’intervention bien délimité, rythmé par le souffle de la vie qui les propulse vers l’inconnu.
La passion de l’éphémère les habite, dans un jeu des corps très expressif, ils nous donnent, sur une chorégraphie organique de Gilles Schamber, leurs visions de cet instant éphémère que nous enregistrons, captons, le temps de ce ballet.

Selon Gilles Schamber tout est éphémère, la vie, le travail, le spectacle. La Covid est passée par là, nous laissant à la merci d’un présent qu’il faut vivre comme si c’était le dernier…« Ephémère »…qui ne vit qu’un jour…
Mais aussi Gille Schamber fut marqué par le titre d’un livre de Maurice Béjart qui lui donna l’inspiration pour cette création : « Un instant dans la vie d’autrui »…lui qui a voulu essayer de se souvenir…

Le propre de l’éphémère : se souvenir de cet instant magique que nous avons vécu. Tout comme en sortant de cette belle et intime salle « Le Colisée » nous penserons au bonheur que nous ont procuré ces danseurs passionnés par leur Art.

Dans des mouvements désarticulés, évocateurs, à la recherche du temps qui passe, où l’individualité se marque par le regard porté sur l’instant vécu, leurs cheminements se croisent sans réellement se connecter entre eux sur des musiques électroniques très cadencées du groupe « Front 242 » suivies par leur nouvelle appellation « Nothing but noise ». L’allemand T. Raumschmiere, le français Gesaffelstein et le groupe « Diamond version » complètent cet enchaînement de ces corps pleins de vie délivrant la mémoire corporelle de leur travail dans un voyeurisme qui nous est propre.

Des émotions palpables que nous font partager Auréline Guillot (du Malandain Ballet Biarritz), Cheyenne Vallejo et Yuna Legrand : une performance fascinante, remarquable par tant de détails où l’instant présent bascule dans l’éphémère pour nous conduire sur les pas suivants de ce ballet qui touche nos sens.
Sur une musique envoûtante de Ludwig van Beethoven, les deux sublimes danseurs de l’Opéra-Théâtre Eurométrople de Metz, Johanne Sauzade et Graham Erhardt-Kotowitch, nous hypnotisent avec leurs pas de deux à la sensualité désarmante. Une complicité éblouissante dans une connexion sans faille, provoquant un instant éphémère que l’on voudrait reproduire à l’infini : mais est-ce possible ? Est-ce nécessaire ? Ne doit-on pas se satisfaire de cet instant pour mieux profiter de cette grâce, de cette volupté, dégagées par ce puissant témoignage qu’ils nous délivrent dans la simplicité d’une rencontre.

 

« Ephémère » au théâtre « Le Colisée » de Biarritz, le 21 mars 2022, un évènement « Malandain Ballet Biarritz ».

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