30 Mai 2026
« Midi minuit » par le Malandain Ballet Biarritz, dans une chorégraphie de Thierry Malandain, sur la scène du théâtre La gare du midi, à Biarritz, est une fusion entre l’élégance du geste et celle de la note de musique.
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Thierry Malandain propose, dans cette soirée, une superbe trilogie de ses ballets qui ont marqué la danse. Dans une fresque temporelle magistrale, il ouvre son cœur à la musique française, élément clé de ses créations. Il nous offre une variation de l’ombre et de la lumière dans un cycle du jour et de la nuit où ses vingt et un danseurs, à l’élégance absolue, glissent leurs pas sur des musiques de Saint-Saëns, Poulenc et Ravel.
Camille Saint-Saëns ouvre le bal avec le ballet Minuit et demi, ou le Cœur mystérieux, dans une poésie de l’ombre où le rêve s’éparpille dans la nuit. Les notes de La Danse macabre, agrémentées de celles du Coucou du Carnaval des animaux, nous plongent dans les subtilités des mélodies du compositeur. Habités par l’esthétisme de la chorégraphie de Thierry Malandain, les danseurs, dans une cohésion technique irréprochable, évoluent dans une mélancolie au rythme poétique des vers de Pierre Aguétant, Armand Renaud ou encore Victor Hugo.
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De la délicatesse des cordes qui pleurent, qui crispent, les lignes géométriques de la chorégraphie s’effacent devant le mystère du temps qui passe, qui s’enfuit vers un horizon lointain aux cadences poétiques de nos trois auteurs.
Les mélodies interprétées par le baryton français Tassis Christoyannis, à la voix chaleureuse et profonde, résonnent sur les pas des danseurs. Victor Hugo avec son Angélus, Pierre Aguétant avec son Cœur mystérieux et Armand Renaud avec ses Mélodies persanes colorent subtilement ce temps qui fuit sur l’onde de la vie.
Puis c’est au tour de Francis Poulenc, avec son Concerto pour deux pianos en ré mineur, d’entrer dans la danse, celle de l’éblouissement de la clarté avec le ballet Midi pile, ou le Concerto du Soleil.
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Les danseurs, à la jeunesse éternelle, dans un mouvement joyeux et récréatif, embrasent la scène pour célébrer le roi des astres : le soleil !
Douze danseurs à l’apparence séduisante et indomptable composent ce ballet dans une vivacité malicieuse qui conjugue l’amour de la danse à celui de la musique dans sa modernité. Une ode à la vie, à l’espérance, qui refuse de chercher midi à quatorze heures pour mieux se laisser emporter par la pureté du mouvement, jusqu’au baiser furtif dérobé dansr une espièglerie coquine.
C’est à Maurice Ravel que revient l’honneur de clore cette trilogie, ô combien éblouissante de sensibilité.
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Thierry Malandain, avec ses douze danseurs, nous offre sa propre version érotique du Boléro à l’apothéose mécanique. Dans un espace clos, les danseurs enfermés dans une cage ont leurs pas frappés, leurs corps désarticulés évoluant sur le crescendo obsessionnel de la musique.
Attachés à leur quête de liberté sur un rythme sacré, ils luttent contre cet enfermement de la machine jusqu’à franchir la ligne de l’espoir dans un mouvement hypnotique à la brutalité bestiale.
Thierry Malandain, avec la complicité du regretté Jorge Gallardo pour la scénographie et les costumes, embellis par les lumières de François Menou et de Jean-Claude Asquié pour le Boléro, a réussi à faire fusionner le mouvement et la musique dans un style néoclassique à la modernité inimitable. Fluidité et rigueur, associées à sa sensibilité à fleur de peau, donnent à cette soirée une fresque temporelle magistrale.
Thierry Malandain nous déclare son amour pour la musique française dans un voyage romantique d’un raffinement parfait, à ne pas manquer.
Une soirée marquée par la virtuosité des danseurs à la passion dévorante et à la renommée internationale : Noé Ballot, Giuditta Banchetti, Julie Bruneau, Elisabeth Callebaut, Raphaël Canet, Clémence Chevillotte, Mickaël Conte, Loan Frantz, Irma Hoffren, Hugo Layer, Guillaume Lillo, Claire Lonchampt, Timothée Mahut, Julen Rodríguez Flores, Neil Ronsin, Alejandro Sánchez Bretones, Yui Uwaha, Patricia Velázquez, Allegra Vianello, Laurine Viel et Léo Wanner.
« Midi minuit » une programmation le Malandain Ballet Biarritz, sur la scène du théâtre La gare du midi.
Crédit photos : @ Olivier Houeix & @ Stéphane Bellocq
Vu le 30/05/26