Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Soirée de ballets

« Soirée de ballets » dans des chorégraphies de Thierry Malandain sur la scène du Théâtre Victoria Eugenia à Saint-Sébastien, un évènement malandain ballet biarritz, est une explosion de la vie sur sa vibration des sens.

 

« Nocturnes » le premier ballet qui ouvre cette soirée, fut créé en novembre 2014 dans ce même théâtre. Un ballet inspiré par les nocturnes de Frédéric Chopin, dont six ont été retenues sur les vingt-et-une pour nous émouvoir au plus haut point. C’est la n°20, la plus célèbre qui fit les beaux jours du film Le pianiste, qui dès les premières notes nous transporte dans un autre monde avec l’immense bonheur qu’elle soit interprétée en direct sur scène par le talentueux pianiste Thomas Valverde, le directeur artistique du Biarritz Piano Festival. Transporté dans un rêve éveillé, il ne conçoit plus interpréter ces nocturnes sans être accompagné par les danseurs. Un rêve qui se poursuite avec les nocturnes n°01, n°10, n°08.

 Quant au n°21, il existe une telle alchimie entre eux, qu’un souffle les unit  sur la légèreté des pas qui s’envolent, qui virevoltent, qui frissonnent, qui résonnent sur chaque note du piano jusqu’au final du nocturne n°13.

Thierry Malandain dans son esprit de sobriété, l’expression de l’immense talent qui le caractérise, a chorégraphié sur un rayon de lumière dépouillé, de Jean-Claude Asquié, ce ballet dans une pureté du geste, de l’émotion, habillé par Jorge Gallardo. Aucune fioriture ne vient parasiter l’expression de sa chorégraphie, d’une grande précision, qui transcende le public. Ses vingt danseurs, à la technique, à l’expressivité irréprochables, présents sur scène ne font qu’un avec la musique dans un dialogue permanent. Des mouvements lents aux accélérations des nocturnes, il a su en tirer la souplesse de l’expression corporelle dans une créativité poétique qui laisse sans voix : l’âme mélancolique des nocturnes de Frédéric Chopin est bien présente. Son pas de deux des amoureux, dans un romantisme teinté de chagrin, en révèle toute la substance.

Quant à ses désarticulations à la pantomime qui fait sourire, il donne dans ses portés, ses solos, ses passages traversants, ses divines formations géométriques, une grâce qui fait penser que tout n’est que luxe, calme et volupté de Baudelaire : une rare finesse d’exécution. L’union fraternelle, des danseurs qui bavardent dans une fluidité apaisante avec la musique, donne sur un final, où l’amour marche sur les flots, une lumière étincelante à la sensualité affirmée. Aller à l’essentiel : la combinaison, dans un raffinement assumé, de l’expression du corps et de la musique, tel est le credo de Thierry Malandain.

 

Après un entracte pour se remettre de nos émotions, la soirée de ballets se poursuit avec l’ultime création de Thierry Malandain pour le malandain ballet biarritz, à son service depuis vingt-cinq années avec plus de quatre vingt-cinq créations : « Minuit et demi ou le cœur mystérieux » sur une musique de Camille Saint-Saëns. Ce minuit et demi : tout un programme…la fin d’un cycle dans l’attente d’un nouveau…

Dans un plaisir non dissimulé, dans ce ballet on retrouve toute la sensibilité, les émotions que Thierry Malandain affectionne dans la recherche des musiques pour ses créations. La Danse macabre point d’orgue de ce ballet, ouvre son rideau sur les danseurs tous habillés par une cape noire qui les drape jusqu’au sol de Jorge Gallardo, mise en lumière par François Menou. Puis c’est la révélation tonitruante avec leur intériorité toute habillée de bleu turquoise. Une explosion de couleurs qui dans une fluidité des mouvements contraste avec la noirceur de cette danse macabre qui ne fait que souligner que la mort est inévitable.

Rien n’est jamais gratuit avec Thierry Malandain, maître du néoclassicisme, classique pour les uns, contemporain pour les autres, dans ses approches épurées et symboliques de ses ballets. De ses figures géométriques audacieuses aux chaînes humaines dont il a le secret, dans un mariage de la puissance et de la grâce, il nous étonne toujours par ses créations au génie indiscutable et à la précision qui le caractérise : ses danseurs virtuoses en sont les témoins vivants.

Certains auront pu être troublés par les chants qui accompagnent la danse, la chorégraphie, mais au contraire ils soulignent l’espoir que Thierry Malandain souffle sur l’expression poétique du Coucou au fond des bois et Volière tirés du Carnaval des animaux : le baryton-basse Guilhem Worms en est l’illustre malicieux interprète…on entend claquer les os des danseurs...

 Une danse macabre basée sur la légende française selon laquelle la mort emballe un violon et vient jouer à minuit le jour d'Halloween, obligeant les squelettes du cimetière à sortir du sol pour leur fête de danse annuelle. Le Cœur mystérieux de Victor Hugo prolonge la complexité du ballet dans son interprétation, dans la lecture de sa poésie, à la recherche du temps qui passe, précurseur de la fin d’un cycle…

Fruit d’un chorégraphe hors pair à l’élégance naturelle, une soirée de ballets inoubliables, à la beauté émotionnelle qui donne la chair de poule, transcendée par l’interprétation irréprochable des virtuoses, au sommet de leur art, qui composent le Malandain ballet biarritz : Noé Ballot, Giuditta Banchetti, Julie Bruneau, Elisabeth Callebaut, Raphaël Canet, Clémence Chevillotte, Mickaël Conte, Loan Frantz, Irma Hoffren, Hugo Layer, Guillaume Lillo, Claire Lonchampt, Timothée Mahut, Julen Rodriguez Flores, Neil Ronsin, Alejandro Sánchez Bretones, Yui Uwaha, Chelsey Van Belle, Patricia Velásquez, Allegra Vianello, Laurine Viel et Léo Wanner.

 

« Soirée de ballets » sur la scène du Théâtre Victoria Eugenia à Saint-Sébastien, un évènement malandain ballet biarritz. Vue le 160525

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article