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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Tom à la ferme

« Tom à la ferme » du Michel Marc Bouchard dans une mise en scène d’Olivier Sanquer sur la scène du Théâtre des Corps Saints nous plonge dans les méandres de l’acceptation d’un deuil volé.

 

Le Christ présent sous une lumière étincelante surveille les âmes qui vont dans un instant se rencontrer, se mêler, s’interroger.

Tom, un bel homme venu de la ville où il exerce la profession de publicitaire, débarque dans la ferme de feu Guillaume son amour, décédé dans un accident. Il y rencontre sa mère Agathe et son frère Francis. Francis dans une pulsion révélatrice d’une homophobie dont il garde une profonde blessure, impose le discours que Tom doit tenir à sa mère afin de préserver l’honneur de la famille. Elle de son côté, malgré sa douleur et sa tristesse, l’accueille à bras ouverts et lui offre le gîte et le couvert en le priant instamment de faire un éloge pour son défunt fils à l’église. Son seul regret est l’absence de la promise de Guillaume, Hélène, qu’elle aurait souhaité auprès d’elle pour surmonter cette terrible épreuve.

Tom est venu aux funérailles de son amoureux et perçoit dans ses premiers échanges avec cette famille que son existence leur est inconnue. Que doit-il dire, faire ? Rester sur la réserve ? Annoncer qu’ils étaient en couple avec son fils ? Trouver une Hélène ? Ses pensées, ses peurs, ses doutes, dans des apartés saccadés résonnent en nous comme une complainte. En perte de repères et en respectant le deuil familial, il marche sur des œufs, entre tendresse et violence, pour échapper à son passé et se réinventer une vie.

Tom et Guillaume formaient un couple uni, heureux de partager leur quotidien, mais un couple clandestin dans une Amérique pudibonde, dénuée de toute tolérance. Mais au fond deux mondes les séparaient, l’un citadin et l’autre fermier. Cela ne les a pas empêchés d’être amants, d’être amoureux.

Bâtie sur une histoire de mensonges, de non-dits, cette pièce révèle avec force et conviction la face obscure de l’âme humaine jusqu’à son dénouement tragique.

La mise en scène sur un fil électrisant d’Olivier Sanquer met en évidence ce combat entre deux mondes que tout sépare : Francis la brute virile, mal dégrossie et Tom l’intellectuel en recherche d’une lumière libératrice. Les lumières de Rudy Sanguino intensifient la spirale dans laquelle les protagonistes s’enlisent dans une violence dévastatrice, une sauvagerie sans nom.

Une tragédie qui se parle et se comprend dans toutes les langues. Dans les larmes et les cris, dans la violence et la tendresse, l’auteur nous embarque sur un fleuve rempli d’émotions à la tranquillité perdue.

Elie Boissière dans le rôle de Tom à la fraîcheur incomprise apporte toute sa fragilité contrebalancée par sa violence nécessaire à sa survie. Il vit intensément sa passion d’un amour perdu à jamais. Axel Arnault en Francis le frère aîné, campe un personnage en mal de vivre, mal dans sa peau, à la recherche de l’impossible. Marie Burkhard, dans le rôle d’Agathe, la mère, tempère comme elle peut la testostérone des deux mâles qui occupent sa ferme. Avec générosité, elle vit sa douleur et sa tristesse. Angélique Kern Ros campe une petite amie imaginaire à l’œil vif et l’esprit opportuniste.

Une création présentée par le Collectif Nacéo qui ne laisse pas indifférent pour ce combat de la tolérance.

« Tom à la ferme » sur la scène du Théâtre des Corps Saints, à 22h40, du 05 juillet au 26 juillet, relâche les mardis Vu le 110725

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