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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Prométhée

« Prométhée » un ballet chorégraphié par Martin Harriague sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz dans le cadre du festival Le temps d’aimer la danse, où le mouvement se conjugue avec la connaissance et la liberté.

 

Dans une atmosphère de salle d’opération, à la blancheur immaculée, aux pas lents et soignés des danseurs, Martin Harriague décortique le mythe grec de Prométhée en s’emparant du feu comme geste de transmission.

La musique de Ludwig van Beethoven, puissant moteur de tension, associée à celle de Fabien Cali, plus sombre, plus fragmentée, donne du relief à ses créatures. Des corps qui évoluent dans une ambiance classique - contemporaine, épris de liberté, qui dans un acte de rébellion connaîtront la souffrance éternelle.

Martin Harriague travaille avec la matière, la rendant malléable comme de la pâte à modeler, celle des corps de ses danseurs, tels des pantins, à l’élasticité surprenante. Il les dirige dans des positions plus extravagantes les unes que les autres dans une harmonie qui laisse sans voix. La précision de sa chorégraphie est impressionnante de justesse.

De ses appuis francs, aux flexions profondes, tout en donnant des impulsions du bassin et du torse provoquées par une respiration des corps à l’unisson quand les bras projetés dans l’espace embrasent le plateau tout en ancrant au sol les sauts.

Les tensions s’entrelacent avec les moments de grâce en donnant aux douze danseurs une puissance dans leurs regards qui les éloigne de l’anonymat.

Les ruptures de rythme contribuent à une cohérence d’interprétation captivante. La construction du ballet par tableaux juxtaposés impose une vision d’images fortes que ce soit dans les solos, les duos ou les scènes de groupe.

Le corps, élément clé de ce ballet à l’énergie compulsive, met en évidence ce qu’un être humain est capable de réaliser : se lever, penser et désobéir : une création de l’homme éprouvée physiquement.

Kiryl Matantsau, dans le rôle de Prométhée, possède la fragilité du héros à la carrure imposante, il joue entre la puissance et la vulnérabilité dans l’impulsion de transmettre aux autres. Face à lui, les personnages d’Epiméthée et de Zeus interprétés par Evan Inguanez et Sylvain Bouvier, introduisent le rapport au pouvoir et à l’autorité.

Gravite autour de nos héros une distribution remarquablement soudée, qui valorise cette naissance à la fois terrienne, nerveuse et parfois brutale, composée de : Daniele Badagliacca, Lucie-Mei Chuzel, Elisa Cloza, Léo Khebizi, Hanae Kunimoto, Tabatha Longdoz, Miguel Teixeira, Donia Abdin Sanz et Maira Renee.

La chorégraphie de Martin Harriague impose sa signature dans le mariage du mouvement et de la musique. Telle une partition détonante, les contacts dans une mécanique des corps sont essentiels : on se porte, on se repousse, on s’agrippe, on se transmet le mo

uvement, comme les mythes de l’humain et du pouvoir qui s’entrechoquent.


Ses percées lumineuses nous ramènent au mental de l’être humain, tandis que son feu devient un appel au mouvement, prolongé dans son esthétisme par les costumes de Mieke Kockelkorn. Son travail du jeu d’ombres chinoises et de silhouettes à contre-jour, donne du relief à sa construction de la narration mythologique. Il apporte un contraste visuel marquant entre la noirceur des ombres et l'éclat du feu dérobé aux dieux.

Un acte de rébellion réussi de Martin Harriague pour apprendre aux hommes à faire vivre le feu, celui dérobé aux dieux.

 

« Prométhée » sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz dans le cadre du festival Le temps d’aimer la danse.
Vu le 130926

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