10 Septembre 2026
« Summerland » un ballet chorégraphié par Benjamin Millepied sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz dans le cadre du festival Le temps d’aimer la danse : une chorégraphie qui transporte les corps dans la lumière, enveloppés de douceur.
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Un festival qui porte bien son nom avec, en ouverture et en création mondiale, le ballet de Benjamin Millepied. Tombé amoureux de la musique de November Ultra, il en a fait sa muse de la danse.
Dans une blancheur éclatante, la scénographie de Margaux Maeght, intensifiée par les lumières aux couleurs pastel de Lucy Carter, offre un espace à cette Californie chère à Benjamin Millepied qui en a fait son terrain de jeu, laissant libre cours aux souvenirs d’horizons infinis qui peuplent sa mémoire…Summerland le nom de cette petite ville sur la côte californienne aux couchers de soleil inspirants, fait référence à James Turrell.
« I left my heart in Summerland » chanté par November Ultra en est l’illustration parfaite.
Sa rencontre avec November Ultra a été décisive dans la construction de son ballet. Présente sur le plateau pour interpréter en direct ses chansons, elle fait corps avec les neuf danseurs, cinq femmes et quatre hommes. Sa voix à la fois douce et chaude, sur des textes à la saveur mélancolique, constitue le corps sonore du ballet : dans une sorte de confidence, elle nous transporte dans son univers au langage chorégraphique très visuel.
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Une construction de ballet comme les aime Benjamin Millepied avec ses nombreux pas de deux, qu’ils soient de même sexe ou non. L’un d’eux m’a particulièrement interpellé : celui interprété sur une chanson accompagnée à la basse, où November Ultra suspend le temps comme les pas des danseurs, et où Jacopo Giarda et Courtney Conovan s’envolent. Le solo de David Adrian Freeland se révèle tout aussi captivant par sa grâce et sa retenue.
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À l'image du cinéma de Jean-Paul Rappeneau, le rythme élégant des mouvements est la clé de voûte de cette pièce. La chorégraphie repose sur une rapidité d'exécution et une grande mobilité, ancrées dans des lignes classiques mais bousculées par des ruptures de tempo très étudiées. En jouant sur les frontières entre danse, musique et théâtralité, le spectacle alterne les solos, les duos et les mouvements d'ensemble. Ces variations injectent une énergie communicative, à l'image d'une suite de petits pas sautés particulièrement vivifiante.
Une complicité manifeste est perceptible entre les danseurs, tout en dialoguant sur le plateau en compagnie de November Ultra.
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Cette joie se communique instantanément vers le public heureux de les suivre dans leurs épanchements. Des pas qui répondent à la musique, à la voix de l’interprète, dans une délicatesse et une puissance chorégraphique indéniables qui se vérifient dans un final euphorisant.
Daphne Fernberger, Tom Guilbaud, Daisy Jacobson, Isabel Le Gras, Giacomo Luci et Emma Spinosi complètent brillamment la distribution de ce ballet, porteur de la vision d’un monde plus apaisé. Ensemble, ils dessinent une communauté liée par l’écoute, le regard et le souffle, dans un paysage de sensations empreint d’imaginaire américain.
« Summerland » sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz dans le cadre du festival Le temps d’aimer la danse.
Représentations supplémentaires le 11 septembre à 18h et 21h.
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