10 Juillet 2026
« A la folie » d’après le livre de Joy Sorman dans une mise en scène de Caroline Loeb sur la scène du théâtre La Factory est une plongée vibrante dans le monde de la psychiatrie.
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Caroline Loeb nous livre une célébration flamboyante et tendre des passions humaines dans l’univers de la psychiatrie contemporaine ou comment rendre compte de la réalité des hôpitaux psychiatriques sans tomber dans le voyeurisme ni le mélo.
La scène d’ouverture d’enfermement est d’une violence inouïe. Elle donne le ton et le tempo à cette rencontre des plus improbables.
Joy Sorman a passé de nombreux mois en immersion dans un service de psychiatrie pour écrire son livre. Caroline Loeb nous brosse des portraits d’hommes et de femmes excessifs mais profondément touchants en restituant leur parole avec ses doutes.
Quatre comédiens seront tour à tour patients et soignants dans une fluidité de transmission poignante.
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Nous ferons la connaissance entre autres de Franck, Valentin, Samantha, Robert, ou encore Fatima. Toutes et tous nous toucheront par leurs fulgurances poétiques, leur humour à fleur de peau, leurs douleurs qui les caractérisent, dans leur profonde solitude, loin des clichés de la démence.
Dans une mise en scène habitée, d’une infinie générosité avec A la folie, Caroline Loeb s’empare d’une partition qui navigue sur le fil rouge de l’existence. Ce moment précis où l’élan vital, l’amour basculent dans l’absolu, voire dans la démesure. Elle n’aborde pas la folie sous un angle clinique ou larmoyant mais dans celui d’une poésie sauvage.
Comment est-ce que l’on peut vous aider ?
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Dans une remise en question de l’hôpital psychiatrique qui fait vaciller, par sa lourdeur administrative et ses contraintes budgétaires, son existence, avec ses suppressions toujours trop nombreuses de lits d’hospitalisation. Les fous coûtent trop cher à la société !
Des intermèdes dansés viennent ponctuer les interventions des patients qui nous font part de leur souffrance, de leurs obsessions, avant d’être foudroyés par la vulnérabilité d’un regard ou d’un silence savamment suspendu.
Ça va la santé ? C’est important la santé !
Quelle boucherie la vie !
Comment ne pas être sensible à ceux qui aiment trop, ceux qui sont différents, ceux qui refusent de voir leurs âmes entrer dans des cases avec cette tyrannie de la normalité, et de ne pas voir comme un vrai tabou la maltraitance des personnes handicapées.
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Je veux de l’eau, je vais mourir, je vais faire pipi !
Les malades c’est comme les cerfs-volants, ils naviguent à vue !
Si dans un premier temps le sujet peut faire peur, il n’en est rien. Mourad Boudaoud, Gigi Ledron, Caroline Loeb et Claire Nebout nous livrent un spectacle haut en couleurs, qui fait un bien fou, parfois exubérant, mais qui assume son côté théâtral et outré dans le sens noble du terme. La scène du goûter de Noël est d’une tendresse infinie et nous montre le travail extraordinaire des soignants envers les patients.
Même au plus profond du gouffre, l’autodérision et l’humour sauvent les personnages du tragique absolu.
On sort ému de cette séance avec la folle envie d’aimer et de vivre !
« A la folie » sur la scène du théâtre La Factory, à 14h25 jusqu’au 25 juillet, relâche les jeudis.
Crédit photos : @ Matthieu Camille Colin
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