Les carnets d’Albert Camus

 

« Les carnets d’Albert Camus », mis en scène et interprétés par Stéphane Olivié-Bisson avec la collaboration artistique de Bruno Putzulu au théâtre du Lucernaire, est un voyage dans l’intimité de ce grand écrivain parti beaucoup trop tôt.

 

AFFICHEDans le regard, le souffle de Stéphane Olivié-Bisson, on voit apparaître le combat d’Albert Camus : un homme épris de justice, un homme libre que nous racontent ses carnets publiés à titre posthume.
Pas sûr qu’il aurait vu cela d’un bon œil, mais ils nous donnent un éclairage sur sa personnalité, sa vie, sur son pouvoir de l’écriture.
Dans un décor dépouillé, où l’on perçoit, dans ces lumières balançant entre le chaud et le froid, des images sur un écran blanc symbolisant l’avancée inexorable du temps, ses voyages, et un fauteuil où trônent à ses pieds les fameux carnets, les jours s’écoulent paisiblement et nous permettent de s’arrêter sur les temps forts de ses écritures.

les-carnets-d-albert-camus.jpg.pngMais aussi un tapis de cailloux, de galets, dont la blancheur attire le regard, dont l’empreinte marque le sol avec ses pieds, qu’ils soient nus ou chaussés. Des empreintes de ces pas à la recherche de la vérité, lui qui aime contempler le soleil qui se couche sur l’horizon et s’entretenir avec sa solitude.
L’Algérie, où il vit le jour, ce pays cher à sa mère qui aimait la compagnie des arabes, il en ressort un combat contre le racisme. Un pays où la chaleur, le soleil, ses déserts de sable ou d’eau, lui donne de l’énergie, la force de combattre.
Combattre cette maladie qui le ronge, cette tuberculose symbolisée par ce simple mouchoir qui sort de temps en temps de sa cachette, de sa poche, pour lui rappeler son existence mais dont il préfère se moquer.
Cette notion de temps qui fragmente ses pensées, qui bouleversent ses avancées dans cette vie qui passe trop vite.
Cet homme fragile à l’esprit volage, attiré par la beauté d’un corps, donne de l’amour, de la vie, dans ses passions.

4.pngDans une anarchie qui le caractérise, des images défilent devant ses yeux et nous en sommes les témoins, comme ses voyages en Italie et en Grèce qui construisent son parcours parmi les hommes. Ces hommes qui n’arrivent pas à concilier justice et liberté.
Un homme rempli d’humanité qui resta perplexe quand on lui attribua le prix Nobel de littérature, lui qui se qualifiait d’écrivain français d’Algérie, mais qui aussi se brouilla avec Jean-Paul Sartre. Dans le premier cas la guerre d’Algérie fut une profonde plaie pour Albert Camus et dans le deuxième cas, la guerre froide fut un moteur de sa brouille avec Jean-Paul Sartre.

 

2Un Albert Camus rempli de convictions, de doutes, que Stéphane Olivié-Bisson vit pleinement sur scène. Son jeu intense, marqué par un sourire, cache beaucoup de tristesse, de lassitude et dont le regard recherche souvent l’horizon. Avec une belle énergie maîtrisée, il donne corps à cet écrivain qui laisse derrière lui une œuvre qui n’a pas fini d’être étudiée.

Une « lecture » de ces carnets par un comédien habité par Albert Camus dont il ne faut pas se priver.

 

 

« Les carnets d’Albert Camus » au Lucernaire, du mardi au samedi à 19h, jusqu’au 04 mai.

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