Dans la peau de Cyrano

 

« Dans la peau de Cyrano » de et avec Nicolas Devort dans une mise en scène de Clotilde Daniault au théâtre des Mathurins, est un cours magistral sur la différence et la tolérance.

 

affiche.jpgJ’avais entendu beaucoup de bien sur ce spectacle : il est complètement justifié.
Un spectacle joué des centaines de fois par un comédien toujours aussi vif, joyeux, élégant, à l’énergie débordante, qui nous conte son histoire avec la fraîcheur d’une première fois.
Nicolas Devort nous offre une très belle peinture expressionniste de la vie d’un collégien, le jeune Colin, qui après son déménagement, fait sa rentrée dans un nouveau collège.
Nicolas Devort interprète, parmi la galerie de personnages de son histoire, un professeur de français, qui dirige un atelier théâtre dans l’optique de monter en fin d’année scolaire « Cyrano de Bergerac ».
Un professeur de français humain, à l’écoute de ses élèves, passionné par son métier, qui aime transmettre, qui captive son auditoire tout comme le fait admirablement Nicolas Devort. Un professeur qui réconcilierait plus d’un élève avec l’école, s’il le croisait sur sa route.
On ne s’ennuie pas une minute à suivre cette histoire.
Pourquoi raconter une histoire ? : Les histoires, comme les livres, sont porteuses de rêve, d’évasion, d’imagination ; une histoire pleine d’espoir pour construire sa vie.

Avec une très belle présence sur scène où le rire côtoie l’émotion et inversement, ce professeur nous donne une belle leçon de tolérance : une ode à la différence, à l’acceptation de l’autre sans se départir de sa volonté de se dépasser, de se défendre face à l’adversité et de ne pas subir le sectarisme des soi-disant bien-pensants.

Nicolas Devort nous accueille, via le professeur de français, dans sa classe et demande à ses élèves de se présenter.
Tour à tour une belle brochette de collégiens, à la jeunesse insouciante, vont égayer ce tableau et se produire sur le plateau de l’atelier théâtre où un personnage bien singulier, qui a plus d’un tour dans son sac, va leur faire connaître la grandeur de son histoire : Cyrano de Bergerac.
image 5Il y a Adelaïde, à la plastique qui fait chavirer tous les cœurs, y compris celui de Colin. Maxence, celui qui deviendra ami avec Colin, leurs différences les réuniront. Benoît, le rigolo de la bande, la bonne humeur incarnée qui titillera le professeur et Gaël, le beau gosse de service, l’amoureux d’Adélaïde, au langage imagé.
Tous ces élèves vont cohabiter pendant toute l’année scolaire, ils vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser, à se détester, à s’unir pour un projet commun. Ils vont s’enrichir de leurs dialogues.
image 1Chaque élève, chaque personnage, à sa chorégraphie, ce qui permet à Nicolas Devort, en un clin d’œil de passer de l’un à l’autre sans que nous soyons perdus dans l’histoire.
Dans les adultes, il y a aussi la psychologue qui n’a pas son pareil pour nous faire rire et passer les messages sur les différences à ce pauvre Colin qui outre son bégaiement doit faire avec le décès de son père, dur dur pour ce collégien, cabossé par la vie, en recherche d’identité.

Nicolas Devort nous offre un joli parallèle entre ce Cyrano complexé par son nez et Colin par son bégaiement. Un Cyrano dont le panache et le courage sont des exemples à suivre pour Colin qui doit apprendre à avoir confiance en lui, positiver le regard des autres, ne pas tenir compte des légèretés des comportements de ses camarades qui demain seront des adultes. C’est maintenant qu’il faut prendre le taureau par les cornes et s’imposer ; d’ailleurs sa tirade parodiant celle du nez pour répondre à un Gaël un peu trop mesquin est d’une drôlerie jouissive.

En son temps nous avions eu l’inoubliable Annie Girardot dans « Madame Marguerite », aujourd’hui nous avons le talentueux Nicolas Devort dans « Dans la peau de Cyrano ».
Une écriture qui nous laisse dans la réflexion en passant par le rire et l’émotion. Un spectacle rempli d’espoir, où la vie, point central, vaut la peine d’être vécue…ensemble.
Comédien, mime, danseur, il a tous les atouts pour nous raconter son histoire et nous captiver. Les expressions de son visage donnent de la vie à tous ces personnages qui dansent autour de la chaise, seul accessoire sur scène. image 6
Avec une guitare, il s’accompagne pour une chanson d’hommage au père de Colin, une chanson où l’émotion nous gagne, une interprétation toute en nuance, d’une sensibilité à fleur de peau.
Un spectacle, un travail d’une finesse comparable à de la dentelle, rien n’est laissé au hasard, chaque pièce du puzzle s’emboîte avec précision.

La mise en scène rythmée de Clotilde Daniault est d’une fluidité, d’une légèreté, donnant priorité à la poésie de l’Histoire. Elle met en avant l’énergie que distille Nicolas Devort avec enthousiasme dans la construction de son Cyrano.

 

Ne ratez pas ce spectacle, à voir aussi en famille, j’avais à côté de moi un enfant qui disait à sa maman pendant le spectacle, dans les noirs, « c’est bien maman ! ». A la sortie son sourire faisait plaisir à voir !

 

« Dans la peau de Cyrano » au théâtre des Mathurins, les dimanches, lundis et mardis à 19h, jusqu’au 02 juillet.

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