Je ne suis pas Michel Bouquet

 

« Je ne suis pas Michel Bouquet » de Michel Bouquet d’après « Les joueurs », entretiens avec Charles Berling, dans une mise en scène de Damien Bricoteaux au Poche Montparnasse est un rayon de lumière sur la vie d’un immense comédien : une étoile du Théâtre.

 

AFF BOUQUETUne personne entre en scène dans le noir complet, seul le bruit de ses pas sur le plateau résonne et signale sa présence (un bruit qui ne sera pas étranger à cette période de la guerre par laquelle débute cette histoire en 1943), puis la lumière se fait petit à petit et apparaît assis sur une chaise, devant le rideau de fer d’un théâtre, décor de Marguerite Danguy des Déserts, Maxime d’Aboville : Je ne suis pas Michel Bouquet.
Un instant privilégié qui permet de sentir la salle avant de rejoindre sa loge pour préparer son entrée en scène.

Et commence une historie des plus fantastiques retraçant par séquences la vie de Michel Bouquet, du comédien, de l’homme.
Maxime d’Aboville admirable dans « Les jumeaux vénitiens » n’est pas le jumeau de Michel Bouquet, il a choisi parmi toutes les anecdotes recueillies par Charles Berling, celles qui lui parlaient, non pas par hasard mais par le cœur, celles qui ont fait de lui un comédien. Il a choisi les paroles de son maître. Celui qui a enseigné son art à tant de générations, même si en introduction Michel Bouquet dit qu’une génération n’apprend rien à une autre : le paradoxe de la vie, le paradoxe du comédien dont Diderot en fera un essai.

JE NE SUIS PAS MICHEL BOUQUET (Damien Bricoteaux 2019)Un conte qui met en exergue la « définition », s’il en existe une, du comédien et sa place dans la société, tout en réfléchissant sur l’utilisation fréquente dans nos vies de la locution : « Je suis…je ne suis pas… »
Avec son tempérament, sa fougue, son expérience, Maxime d’Aboville entre dans le costume de Michel Bouquet et s’empare de sa parole, à tel point que par moments avec l’éclairage bien calibré de François Loiseau, ma vision se troublait pour voir en face de moi le visage, les traits de Michel Bouquet.
Bien sûr Maxime d’Aboville ne cherche pas à imiter Michel Bouquet, mais comme lui son magnifique sourire et son œil rieur nous empêchent de détourner notre attention. L’art de captiver une salle et de la faire jouer avec les comédiens comme aimait à le souligner Michel Bouquet.

Très jeune, il sortait de l’adolescence, étudiait le juridique, encore comédien amateur, Maxime d’Aboville a été frappé par le livre « Les joueurs » édité en 2001. L’enfance solitaire est un point de départ à ce qui deviendra leur passion commune. Et puis tout devient évident, une vie bascule : Maxime d’Aboville ne cherche pas à cirer les chaussures de Michel Bouquet mais à témoigner son admiration. Une admiration qui l’a conduit sur les planches.JE NE SUIS PAS MICHEL BOUQUET (Damien Bricoteaux 2019)

Un témoignage qui passe par le récit de rencontres décisives, comme celle avec Albert Camus qui engagea sur trois répliques Michel Bouquet pour jouer avec Gérard Philippe ou celle de Maurice Escande, sociétaire de la Comédie Française, qui fut dérangé par un Michel Bouquet culotté et qui, à raison, lui fit confiance ou encore celle hilarante de Claude Chabrol qui s’évertuait à vouloir faire conduire Michel Bouquet dans ses films.

Vous avez une belle voix, une belle diction, s’entendait dire Michel Bouquet. Oui cela est vrai et l’est aussi pour Maxime d’Aboville. Une voix qui pose la réflexion, qui interroge sans donner à chaque fois la réponse sur la vie, sur notre condition : à nous de travailler.

Dans un bel écrin aux reflets dorés, Damien Bricoteaux a accompagné Maxime d’Aboville sur la rivière des souvenirs, s’arrêtant ça et là au gré des anecdotes. Soufflant de temps en temps dans la voilure pour donner du relief, du rire, de l’émotion, aux expressions de Maxime d’Aboville dans un récit tendre, léger, aux martèlements libérateurs.
Un travail fusionnel pour un résultat passionnant au service de l’art théâtral. Chacun dans sa partition, dans son rôle a donné naissance à cette belle histoire nommée : Je ne suis pas Michel Bouquet.

Maxime & MichelBouquet (c) Laura Gilli -4

 

 

Une leçon de vie, de théâtre, d’amour qui mérite votre visite.

 

 

 

« Je ne suis pas Michel Bouquet » au Poche Montparnasse, du mardi au samedi à 19h.

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