Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie

 

« Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie » de Brigitte Kernel et Sylvia Roux au studio Hébertot dans une mise en scène de Stéphane Cottin est l’histoire d’un enfant à la curiosité surdéveloppée qui devint le génie universel que l’on connaît.

 

afficheCe samedi 09 novembre 2019, cinq cents ans nous séparent de la mort de Léonard de Vinci.
Il régnait comme un air de sérénité dans ce studio Hébertot pour la première de ce seul en scène qui promettait de nous faire retourner en enfance sur les traces d’un enfant prodigue.

C’est un adulte qui prend les traits de Léonard enfant, un choix de mise en scène assumé par Stéphane Cottin. Un choix qui permet au comédien d’être à la fois l’enfant et les différents personnages qu’il croise sur sa route semée d’embûches.
Car il en a fallu de la volonté pour vivre à ce garçon séparé de sa mère à l’âge de cinq ans et rejeté par son père que l’on qualifierait aujourd’hui de tyran.
Un père notaire, un notable qui ne pouvait pas s’afficher avec la mère de Léonard. Un coup de foudre pour cette paysanne au nom de Catarina, qui lui donna un enfant « de l’amour » mais illégitime, un bâtard en somme. Une situation qui lui fermera les portes des études supérieures. Mais un père qui au fil de ses mariages lui donna plusieurs frères et sœurs.dcC9SXbA.jpeg
Catarina fut rapidement écartée de la famille de son père et on lui trouva un mariage arrangé pour éloigner tous soupçons.

Comment un enfant privé d’amour maternel peut-il se construire quand on sait que les premières années sont décisives ? Comment peut-il découvrir sa voix dans ce vide affectif ? Heureusement il trouva refuge chez le grand-père paternel Antonio ainsi qu’avec son oncle Francesco, et la fleur put s’épanouir et nous offrir le génie que l’on connaît.

Un enfant qui se confia dans un carnet imaginaire, mais pas tant que cela quand on connaît ses fameux « Codex », que nos ados affectionnent aujourd’hui sous le nom de journal intime. Un carnet pour y déposer toutes ses confidences, ses pensées, ses croquis, ses premiers dessins, dans une écriture spéculaire, lui qui était gaucher.

16CbvUtg.jpegDes confidences sur la découverte du monde qui l’entoure. Lui qui est d’une nature extrêmement curieuse, doté d’une imagination débordante, et qui a une soif de la vie, de la comprendre, de la modeler. Sans doute la recherche d’une revanche sur un départ dans la vie difficile. Une nature que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de « positive attitude ».

C’est un carnet que l’on découvre sur scène dans un format gigantesque, qui en s’ouvrant permet de développer les différents chapitres de l’enfance de Léonard. Car c’est cette dernière qui nous intéresse pour le moment, comprendre la psychologie du garçonnet.

7CeYigRw.jpeg

Un enfant sensible qui s’émerveille à la vue d’un tableau représentant un paysage que son auteur lui confia qu’il le peignait sur commande, et ce sont les yeux de Léonard qui s’émerveillent à l’annonce de cette nouvelle. Un tableau qui croisera de nouveau sa route quelques années plus tard.
Un enfant qui fera une rencontre décisive dans sa vie avec celle de Verrocchio, un artiste peintre de la cours de Médicis, dont son atelier était reconnu comme étant le meilleur de Florence, qui lui apprendra plus tard à fabriquer ses couleurs.

Un enfant qui s’émerveille aussi à la découverte de la nature, de la flore, de la faune. Un enfant très tôt végétarien, un extraterrestre pour l’époque, lui qui disait qu’il ne fallait pas faire de son ventre un cimetière. 6kVAU_Fw.jpeg
Un esprit vif, qui jongle sans le savoir pour le moment entre les arts et la science, et qui sera à l’origine de tant de découvertes, de mécanismes, comme par exemple le parachute, dignes d’un très grand ingénieur.

D’une voix douce et posée, Grégory Gerreboo incarne habilement avec une grande sensibilité ce jeune garçon, séducteur dans l’âme, et tous les personnages qui l’entourent dans son périple. m-OeKbYw.jpeg

A l’aide de mannequins d’études en bois de différentes tailles, une belle trouvaille de Stéphane Cottin, nous suivons les rencontres de ce Léonard fasciné par la vie !
Avec émotion nous écoutons Léonard converser avec ces personnages qui prennent vie devant nous comme pour Pinocchio. Il parle avec sa mère, ou encore avec son tyran de père, mais aussi plus cordialement avec la bienveillance de son grand-père, de son oncle. Autant de dialogues savoureux qui viennent enrichir la vie de ce futur génie.

 

WZp9BMVw.jpeg

La mise en scène simple, cinématographique et épurée de Stéphane Cottin donne la part belle au jeu de Grégory Gerreboo mettant en avant tout son talent de conteur, aidé par la voix de Lisa Schuster. Une combinaison qui nous captive, nous interpelle jusqu’à la scène finale d’une douceur apaisante, réconfortante.

 

Un spectacle très instructif à voir en famille, qui permettra un échange entre générations et développera peut-être des vocations…

 

« Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie » au studio Hébertot, le samedi à 17h.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close