J’ai jamais dit ça !

 

« J’ai jamais dit ça ! » d’après Georges Feydeau au théâtre de la Comédie Nation dans une mise en scène de Christian Bujeau par les comédiens « Les Veilleurs d’aurore » est un joli florilège des pièces mythiques du roi du vaudeville, du comique de situations.

 

affiche« Les Veilleurs d’aurore » après leur succès de « L’école des femmes », toujours à l’affiche, s’attaquent au répertoire de Georges Feydeau, lui qui a fait de son fond de commerce l’infidélité chronique de la gent humaine.
Un répertoire difficile, car les rôles doivent être joués avec sincérité si l’on veut que le comique fonctionne, et c’est indéniablement le cas avec ces jeunes comédiens remplis de fougue et de rage de vouloir bien faire.
Ils ont choisi des pièces en un acte qui traitent de la relation homme-femme du plus célèbre des misogynes, en la personne de Georges Feydeau.

« Il n’y a que dans les courts instants où la femme ne pense plus du tout à ce qu’elle dit qu’on peut être sûr qu’elle dit vraiment ce qu’elle pense ».

Christian Bujeau a fait un excellent travail de synchronisation en réunissant dans un même élan les pièces suivantes : « Mais n’te promène donc pas toute nue ! », « Feu la mère de Madame » et « On purge bébé » ; trois pièces reliées dans l’ordre inversé de leur création.0fb91b3c-aaf5-4b7e-ab7c-bac3a5d29c9d
Les textes sont respectés et les scènes cultes aussi, avec bien sûr quelques coupes pour ne pas dépasser un spectacle d’une heure trente : un bon timing pour un rire assuré !

Le fil conducteur de ce spectacle est une belle trouvaille. Nous assistons aux déboires du couple composé par M. et Mme Feydeau, devant la barre d’un tribunal où ils sont présents tour à tour pour essayer une réconciliation qui en fait a l’air bien mal partie…le divorce semble inéluctable…
La voix off de Christian Bujeau, en juge plénipotentiaire, ponctue avec délices les débats.

cdab6a39-0edd-47c6-9401-ab861b4e2a37Ces pièces écrites sur la « fin de carrière » de Georges Feydeau sont le reflet de ce qu’il a traversé dans sa vie personnelle avec sa séparation conjugale. Une séparation qui lui donna du grain à moudre.
Avec ses comédies de mœurs, il aborde un nouveau virage en montrant au grand jour la médiocrité des existences bourgeoises, qu’il mit avec un plaisir non dissimulé à tourner en ridicule.

Argument : M. Feydeau joue son premier round devant le juge Bujeau : Le député Ventroux, alias M. Feydeau, qui est sur le point de recevoir un important industriel, M. Hochepaix, rage de voir sa femme débarquer dans le salon en chemise de nuit avec son chapeau sur la tête !
S’ensuit une belle scène de ménage dans laquelle leur fils aura un rôle à jouer mais aussi une guêpe, qui nécessitera que l’on suce la partie incriminée…
M. Hochepaix et le valet en seront pour leurs frais, ils devront arbitrer, bien malgré eux, cette scène de ménage des plus joyeuses.
Deuxième round : Mme Feydeau alias Yvonne, n’en peut plus des sorties nocturnes de son mari Lucien. Dès qu’il rentre de sa soirée du bal des Quat’z’Arts, déguisé en roi soleil, il se fait incendier, une magistrale scène de ménage l’attend avec la complicité, bien malgré elle, de leur bonne alsacienne.1c08a11e-0707-43f4-acaa-99c156f527b0
Mais dès que la tension s’apaise et que les époux se couchent pour un repos bien mérité, un oiseau de mauvaise augure vient leur annoncer une terrible nouvelle : la mère de madame a trépassé !
Dernier round, Mme Feydeau, alias Julie Follavoine, demande, fort de son seau de toilette à la main, de l’aide à son mari pour purger leur fils Toto qui souffre d’une légère constipation.
Malheur et damnation, son mari attend la visite d’un personnage très important qui pourrait bousculer leur avenir en la personne de M. Chouilloux. Ce dernier apparemment cocu mais surtout fonctionnaire influent, devrait acheter pour le compte de l’armée française les pots de chambre en porcelaine incassable, la nouvelle invention de Bastien Follavoine, alias M. Feydeau.
Mais cette farce conjugale tourne au fiasco, c’en est trop, il jette l’éponge !

4306fc43-3644-464d-97b3-f57175c59c25Christian Bujeau, qui maîtrise le comique de situation avec son œil aiguisé et son grain de folie réconfortant, a fait travailler d’arrache-pied la troupe des Veilleurs d’aurore.
Assisté dans sa tâche par Axel Stein-Kurdzielewicz, rien n’est laissé au hasard dans l’enchaînement des quiproquos auxquels nous assistons avec bonheur : le résultat est excellent.
Une mise en scène dynamique, très rythmée, où aucun temps mort n’est toléré. Il a mis en scène en respectant les temps forts, les scènes cultes, de ces pièces très connues avec une belle habileté ; mettant en avant la vie trépidante de ces bourgeois qui ont toujours, avec leurs domestiques, des relations conflictuelles.

Vincent Cordier et Juliette Chabot forment ce couple désopilant de M. et Mme Feydeau, ils ne ménagent pas leurs effets devant le juge pour gagner la partie et mouillent leurs chemises dans une joie communicative.
Ils sont entourés brillamment par Drys Penthier, Thomas Soler et Olivera Trajkovic aux multiples rôles indispensables à la montée de la force comique de ce spectacle dans lequel triomphe le Rire !

Un cocktail pétillant, euphorisant qui mérite d’être dégusté sans modération !

 

« J’ai jamais dit ça ! » à la Comédie Nation, dernière date de la saison, le 06 mars : il est urgent de réserver !

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