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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Les aventuriers de minuit

« Les Aventuriers de minuit » de Florence et Julien Lefebvre, dans une mise en scène d’Élie Rapp sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz, une programmation Entractes Organisations, sont au cœur d’un polar historique : un nouvel opus qui vient enrichir une saga à succès.

 

Après Le Cercle de Whitechapel — pierre angulaire de l’univers des auteurs qui se déroulait dans un salon londonien —, Les Voyageurs du crime (plus d'infos) à bord d’un train et L'Heure des assassins (plus d'infos) en réflexion dans un théâtre, notre duo d’écriture à quatre mains a eu comme une soudaine envie d’espace, de liberté et une soif d’aventure. L’action de ce nouvel épisode vous fera voyager du cœur de Londres à ses docks embrumés, en passant par les mystérieuses moors (landes) à la frontière écossaise, avec un clin d’œil aux Baskerville. Un voyage rendu possible grâce aux très belles vidéos de Sébastien Mizermont qui apportent une dimension cinématographique et fluidifient l’action, le tout porté par le son de la cornemuse et les musiques frissonnantes d’Hervé Devolder. Franck Ziemba donne un relief particulier au récit avec ses lumières qui sculptent l’obscurité, tandis que l’ambiance victorienne est respectée grâce aux costumes d’Axel Boursier.

La noirceur des précédents épisodes laisse ici place à l’action !

Mais l’idée de génie de cette comédie policière repose sur la convergence d’une enquête menée tambour battant par Arthur Conan Doyle et Jules Verne. Tous deux contemporains, ils auraient pu s’entraider pour résoudre cette énigme, liés par leur goût pour la science et l’exploration de la logique. Un duel au sommet : Conan Doyle face à Jules Verne… Le pragmatisme britannique du plus grand détective face à l’enthousiasme visionnaire français d’un pionnier de la science-fiction, le « monsieur des calamars »…

Le public retrouve un Arthur Conan Doyle qui a parcouru bien du chemin depuis Le Cercle de Whitechapel, dans lequel il n’était qu’un jeune médecin et écrivain en devenir utilisant sa logique pour traquer Jack l’Éventreur. Aujourd’hui, il en arrive à vouloir commettre l’irréparable : faire disparaître son héros Sherlock Holmes, la « grande asperge »…

Nous sommes en 1893. Conan Doyle — fatigué, cynique, hanté par sa créature et en pleine crise existentielle — s’apprête à se rendre à la cérémonie d’un cercle littéraire pour remettre une décoration à l’écrivain français Jules Verne. Mais il doit auparavant retrouver son nœud papillon, un détail qui commence à le rendre très nerveux et irritable, et sa gouvernante en fait les frais. C’est aussi le moment choisi par une jeune femme désespérée pour s’introduire bruyamment à son domicile afin de lui demander de sauver son frère d’une mort certaine, ce dernier risquant l’incarcération pour un crime qu’il n’a pas commis.

D’abord réticent, Conan Doyle voit sa rencontre avec Jules Verne rebattre les cartes. Leur duo va produire des étincelles pour résoudre cette énigme concoctée par les auteurs, qui démontrent une fois de plus leur maîtrise du polar théâtral historique.

Cet opus marque une rupture éclatante dans la saga : du huis clos et du confinement à l’Agatha Christie où tout le monde est suspect, Florence et Julien Lefebvre font exploser les murs pour s’évader dans la nature grâce à l’emploi de nombreuses vidéos. Les amateurs de littérature seront comblés par les références parsemées tout au long de l’intrigue.

Leur signature reste la même : un crime ou un mystère de départ, un groupe de personnages hauts en couleur ayant chacun leur secret, des ruptures comiques pour détendre l'atmosphère, et un dénouement à tiroirs où le coupable n'est jamais celui qu'on croit.

La pièce, aux dialogues ciselés et à l’humour confronté aux univers propres de nos deux héros, est servie par une mise en scène dynamique d’Élie Rapp, qui met en exergue le pouvoir de l’action dans cette course-poursuite effrénée aux multiples rebondissements. De nombreux personnages, chacun ayant son importance, éclairent cette enquête menée prestement par des comédiens à la sincérité de jeu éprouvée. Ils brillent par leur jeu collectif, quelque peu physique, dans une alchimie à toute épreuve : chaque pièce du puzzle est à sa place.

Stéphanie Bassibey, Émilie Cazenave, Pierre-Arnaud Juin, Ludovic Laroche et Nicolas Saint-Georges sont les excellents protagonistes de ces Aventuriers de minuit !

 

« Les Aventuriers de minuit » sur la scène du théâtre La Gare du Midi à Biarritz, une programmation Entractes Organisations.
Reprise à la mi-septembre sur la scène du Studio Marigny à Paris.
Crédit photos : @ Stéphane Audran
Vus le 16/05/26

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