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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Quai des orfèvres

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« Quai des orfèvres » de Stanislas-André Steeman dans une mise en scène de Raphaëlle Lémann sur la scène du théâtre du Petit Montparnasse est une plongée dans un bien mystérieux crime au cœur des années quarante.

 

Stanislas-André Steeman est un auteur belge que l’on surnommait le « Simenon belge », bien que ce dernier, pour la blague, était également de la même nationalité. Il est l’auteur entre autres du très fameux « L’assassin habite au 21 » paru en 1942. Sa pièce que l’on découvre ce soir est tirée de son roman paru en 1941 sous le titre « Légitime défense », qui est devenu en 1947 dans l’œil de la caméra d’Henri-Georges Clouzot : « Quai des orfèvres », avec en tête d’affiche Louis Jouvet.

Une enquête menée tambour battant par le commissaire Honoré Maria qui se déroule en six tableaux. Un commissaire non dénué d’humour avec ses réparties : « Ces morts subites ça vous prend de court », ou encore « On n’embarque que les criminels, pas les menteurs ». Un huis clos que l’on découvre dans le salon atelier du couple Belle et Noël Martin. Un atelier où traînent quelques toiles à même le sol, des tubes de peintures et moult pinceaux, supplantés par un chevalet en attente de création. Une ambiance dans un clair-obscur des années quarante traduite par un camaïeu de gris des costumes de Virginie H et du décor de Camille Vallat, soulignée par les lumières de Denis Koransky.

Un jeune artiste peintre à l’avenir prometteur, Noël, jaloux des fréquentations de sa femme, Belle, qui bien malgré elle attire les regards, avec sa chevelure flamboyante, les convoitises de la gent masculine. Le gardien de l’immeuble, M. Elias, à la cravate et la casquette insolentes rehaussées d’une belle paire de bretelles, protecteur de ce couple, apprend au mari un crime qui les touche de près, celui de leur « ami » Paul Weylberg, collectionneur d’art de son état, enveloppé dans un portrait de séducteur invétéré. Un crime commis dans les beaux quartiers : rue de Passy. Il semblerait que des chinois aient fait le coup, en dérobant des pièces rares, d’où le titre du premier tableau qui apparaît dans la pénombre de l’action : « Où tout commence par des chinoiseries » ! Des clins c’œil qui apparaîtront au début de chaque tableau, comme un révélateur d’indices, laissant le spectateur mener sa propre enquête en parallèle à celle du commissaire Maria qui se plaît à provoquer le pauvre Noël afin de lui faire cracher le morceau ! Car de bien entendu en tant que mari jaloux, il coche toutes les cases du suspect idéal. Graviteront autour du couple, la meilleure amie de Belle, Renée, et l’ami artiste peintre de Noël, Klein. Chacun d’entre eux a une bonne raison d’être le coupable de ce crime dont les moteurs sont la jalousie, la passion, l’amitié. Une atmosphère légère et angoissante vient habiller cette enquête avec les fonds sonores de Thomas Fourel, passant de la légèreté des chants d’oiseaux aux cris des enfants dans la cours de récréation au pied de l’immeuble pour souligner la progression du mystère, de l’enquête avec cette pluie révélatrice d’un orage sous-jacent.

François Nambot est comme un poisson dans l’eau dans son rôle de Noël, torturé par sa jalousie qui pourrait le conduire à l’inévitable, Raphaëlle Lémann dans celui de Belle, joue à la perfection celui de l’élégante des beaux quartiers à la personnalité ambivalente. Malvina Morisseau interprète le rôle de la meilleure amie, Renée, provocante à souhait, cherchant la faille de son partenaire dans le jeu de la séduction, dans une mystérieuse progression. M. Elias alias Bertrand Mounier, la mouche du coche, apporte une belle touche d’humour dans la noirceur de cette enquête qui nous tient en haleine. Il joue également fort judicieusement le rôle de l’ami Klein. Une enquête menée habilement par le commissaire Maria sous les traits de Philippe Perrussel qui a du métier pour faire parler le plus récalcitrant des suspects.

Raphaëlle Lémann signe une mise en scène sobre, discrète mais efficace, au service de la progression de l’intrigue qui poursuit son chemin jusqu’à bien sûr la révélation du coupable dans la plus pure tradition d’une pièce policière digne de ce nom.

Jour de Première très réussi, qui a de beaux jours en perspective, et qui assurément laissera travailler vos méninges pour trouver le ou la coupable, tant les fausses pistes foisonnent dans cet univers digne d’un polar.

 

« Quai des orfèvres » sur la scène du théâtre du Petit Montparnasse, du mardi au samedi à 19h, matinée le dimanche à 17h. le 26 janvier 2023

Quai des orfèvres
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<br /> Françoise Deberdt Meunier toujours prête à corriger les autres du moment qu’il ne s’agit pas d’elle même. Quand va t’elle enfin prendre soin d’elle ?<br />
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F
Bonjour, je crois que vous voulez dire le Simenon belge. Merci, beaucoup, beaucoup de vos critiques, A vous lire, Françoise<br /> <br /> Françoise Deberdt-Meunier 41, rue de l’échiquier - 75010 - PARIS 06 89 75 23 08 / 01 48 04 59 19 / f.deberdt.meunier2010@gmail.com<br /> <br /> &gt;
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L
Merci Françoise 🙏 effectivement j’avais fait une coquille 😉
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