29 Avril 2026
« Du chant de la nature aux voix de la révolte », une exposition consacrée à Gustave Courbet, à La Banque, musée des Cultures et du Paysage, à Hyères, est une visite audacieuse dans l’intimité du peintre.
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Gustave Courbet est né le 10 juin 1819 à Ornans, en Franche-Comté, région à laquelle il restera profondément attaché. Ses peintures en témoigneront : un terroir qui forgea son regard. Claude-Antoine Beau fut son premier professeur. Il décède d’une maladie du foie le 31 décembre 1877 en Suisse, à La Tour-de-Peilz, où il s’exila après avoir été accusé à tort d’être à l’origine de la démolition de la Colonne Vendôme à Paris au moment de la Commune.
Une exposition où vous pourrez admirer plus de 120 œuvres, dont des peintures, des dessins, des gravures, des photographies, des lettres et divers objets.
Un parcours au fil d’une douzaine de salles qui vous confirme que Gustave Courbet n’est pas seulement un peintre dit réaliste. Lui qui, avec sa révolution visuelle et son œil acéré, a ouvert la porte à l’impressionnisme : un véritable visionnaire.
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Seuls des « petits » formats sont exposés. Pourtant, les formats monumentaux, d’habitude réservés à la royauté, aux dieux ou aux batailles héroïques, ont aussi marqué son œuvre. Ainsi, Gustave Courbet a peint L’Atelier du peintre (3,61 × 5,98 m), où il se représente entouré de ses amis, notamment de Charles Baudelaire, ainsi que Un enterrement à Ornans (3,15 × 6,68 m), très mal accueilli à l’époque. Une anecdote raconte que ce tableau, trop grand pour son atelier, devait être enroulé au fur et à mesure de sa réalisation, empêchant l’artiste d’avoir suffisamment de recul pour en voir l’ensemble. Ces chefs-d’œuvre sont aujourd’hui exposés au Musée d’Orsay, tout comme son célèbre tableau explicite L’Origine du monde.
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Un peintre qui préférait, au pinceau, la spatule ou encore ses doigts, ainsi que des éponges ou des chiffons. Il développait un rendu de la matière et une technique qui lui étaient propres, à tel point que l’on pourrait dire qu’il « maçonnait » ses toiles.
De la force de ses paysages à ses œuvres engagées, cette exposition met en lumière la dualité qui caractérise ce peintre. À travers l’ensemble des œuvres exposées, vous aurez une vision assez complète et précise de ce qu’il représente dans le monde de l’art.
« Je n’ai jamais eu d’autres maîtres que la nature et mon sentiment. »
De son lien intime, voire charnel, avec la nature — perceptible dans ses rochers, ses sources ou ses forêts — au monde animal avec ses scènes de chasse, mettant en exergue l’homme du peuple, nous découvrons son engagement politique qui le conduira à l’exil.
Entre terre et colère, Gustave Courbet est un peintre qui, au sommet de sa gloire, refusa la Légion d’honneur décernée par le ministre des Beaux-arts de Napoléon III : un pied de nez à l’autorité. Une consécration dite « ultime » par ses contemporains, mais qu’il considérait comme une insulte : qui étaient-ils pour juger son génie ? Une arrogance poussée à l’extrême, dont il paiera le prix fort.
Une exposition qui révèle les différentes facettes de ce peintre, ancré dans son époque, mais fin observateur du monde qui l’entoure. Des salles sont consacrées, entre autres, à l’ode à la femme, au camp des bourgeois, à la singularité des visages, au monde animal, à la Commune — prélude à l’exil — et au chant de la nature : en résumé, son univers.
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Une exposition audacieuse, dense et riche, qui déconstruit l’image d’Épinal qu’on lui attribue, celle d’un peintre uniquement réaliste. Cette exposition en apporte la preuve : un artiste engagé dans une époque mouvementée, dont il ne dissimule rien.
« Savoir pour pouvoir, telle fut ma pensée. Etre à même de traduire les mœurs, les idées, l'aspect de mon époque, selon mon appréciation ; être non seulement un peintre mais encore un homme ; en un mot faire de l’art vivant, tel est mon but. »
« Du chant de la nature aux voix de la révolte », à La Banque, musée des Cultures et du Paysage, 14 avenue Joseph Clotis, 83400 Hyères.
@MuseeHyeres
Du mardi au dimanche, de 14h à 18h, samedi et mercredi de 10h à 13h et de 14h à 18h, jusqu’au 24 mai.
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