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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Musée Bonnat-Helleu

La réouverture du musée Bonnat-Helleu (inauguré en 1891 sous le nom de musée des Beaux-arts de Bayonne), niché au 5 rue Jacques-Laffitte, dans le Petit Bayonne, fermé depuis 2011 pour cause de travaux, est une révolution culturelle dont les bayonnais peuvent être fiers.

Une émotion palpable vous imprègne en entrant dans ce lieu chargé ô combien d’Histoire, notamment celle de son exposition en 1993 de Picasso Toros y toreros.
C’est une rénovation audacieuse du musée par l’agence BLP & Associés, en y intégrant une extension à la luminosité éclatante, avec ses verrières, qui après moult surprises… a su y donner un éclat particulier tout en respectant les structures historiques : du contemporain à l’historique, de la cour d’école à la place publique, il n’y a qu’un pas, et quel pas !

Ce musée, c’est 2.500 m2 d’exposition permanente pour un parcours de visite, une scénographie à la fluidité dûment réfléchie (seul petit bémol la dimension des cartels), répartis sur 20 salles, qui vous conduisent de l’antiquité à nos jours, avec une collection de plus de 7.000 œuvres, sans compter en 2026 l’ouverture de sa salle d’exposition temporaire.

Jeune homme nu - Hyppolyte Flandrin

Le partenariat signé en 2023 pour une durée de cinq années avec le musée du Louvre, dont son directeur le jeune et fougueux Barthélémy Etchegoyen Glama en est issu, est un atout indéniable pour la pérennité d’un tel projet.

Léon Bonnat, né à Bayonne le 20 juin 1833, lègue en 1922, 2.500 œuvres à la ville et donne son nom au musée, complété entre 1988 et 2010 par le legs de la famille Helleu : le musée prend ainsi le nom de Bonnat-Helleu.

Léon Bonnat par Edgar Degas

Un chantier qui s’étale sur 14 années, enrichi avec une restauration de 1.300 œuvres.
En visite l’été dernier, jamais je n’aurais pu croire que le musée serait prêt à temps pour sa réouverture. Un travail d’orfèvre colossal jusqu’à la veille de l’ouverture, par ces ouvriers, techniciens, restaurateurs, notamment locaux, qu’il faut absolument saluer. Les travailleurs de l’ombre sans qui ce projet n’aurait pas abouti pour créer un lien fort entre le musée, ses visiteurs et les bayonnais.

Un parcours de vingt salles où l’on peut admirer des œuvres de Léon Bonnat et Paul Helleu bien sûr, mais aussi de Rubens, Van Dyck, Michel-Ange, De Vinci, Goya, Ingres, Dürer, Degas, Boudin, Le Greco, Murillo, Le Brun, Velázquez, Géricault, Poussin ou encore Delacroix… Comment ne pas être impressionné par une telle collection particulière de Léon Bonnat léguée à la ville.

Le musée comme on aime l’entendre sonner dans nos oreilles a sa Joconde, ce tableau à la beauté envoutante situé dans la salle 12, hommage à l’Italie, représente la baigneuse du peintre français Jean-Auguste-Dominique Ingres.
Un accrochage dans la salle 13 Néo-classicisme et bouleversements, retient particulièrement l’attention du visiteur, on se sait par quel tableau commencer sa lecture, tant l’accrochage grandiose nous fait tourner la tête.

Un accrochage par dizaine de tableaux sur un mur que l’on peut admirer sur deux niveaux, grâce à une judicieuse passerelle. Un accrochage qui m’a fait penser à la galerie de peintures du château de Chantilly par sa ressemblance toute proportion gardée.

A l’entrée du musée nous sommes accueillis par le Triptyque bayonnais d’Henri-Achille Zo, d’une dimension impressionnante, où en cherchant bien vous y trouverez la présence de Léon Bonnat, avec à vos pieds une remarquable mosaïque.

Léon Bonnat, directeur des Beaux-arts à Paris, fut entre autres le professeur de Gustave Caillebotte, Raoul Dufy ou encore  Henri de Toulouse-Lautrec, tout comme les quatre figures marquantes de l’école de Bayonne : Marie Garay, Hubert-Denis Etcheverry, Achille Zo et Henri-Achille Zo.

Des sculptures, des tableaux, des dessins, des esquisses, des croquis, du marbre, du bronze, s’exposent depuis le rez-de-chaussée consacré aux œuvres de l’Antiquité au Moyen Âge, en passant par le premier étage développant la passion des artistes de la Renaissance à la Révolution française, tout en poursuivant au deuxième étage un voyage à travers le XIXe siècle.

Une visite éblouissante qui marque nos esprits : un rêve éveillé par tant de beautés admirées où le pouvoir, le statut social, se conjuguent avec le prestige : un vecteur de communication sans faiblesse où le geste donne naissance à l’émotion pure.

Louis Pasteur et sa petite-fille par Bonnat

Un musée qui revit grâce à ses donateurs, des collectionneurs passionnés, outre celles de Léon Bonnat et Paul César Helleu, celle du marchand d’art Jacques Petithory et du photographe bayonnais Antonin Personnaz.

Si Léon Bonnat ouvre le parcours de visite dans la salle 1 avec ses tableaux, il est avec son œil coquin le peintre de Madame Marguerite Steinheil, dite Meg, connaissance du président Félix Faure…à vos livres d’histoire…

N’hésitez surtout pas à rendre visite à ce musée, de vous emparer des espaces dédiés à l’Art, en vous approchant pour commenter les œuvres, d’échanger, de vous enrichir d’une connaissance léguée par des artistes de renommée internationale, le tout dans des moments de convivialité préparés à votre attention.

Un musée à la symbolique, à la richesse, exceptionnelles qui mérite une visite, sinon plusieurs, seul ou en famille, entre amis, tant il y a à voir, à admirer, à découvrir, soyez curieux : on ne se lasse pas un seul instant de ce parcours enchanteur.

Bayonne, une ville qui ouvre un nouveau chapitre de son histoire et qui croit en sa culture !

Une renaissance éblouissante pour un musée dont l’historien de l’art Pierre Rosenberg, Président-directeur honoraire du Louvre, avait qualifié ses œuvres de « plus belle collection entre Paris et Madrid ».

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