Une vie de pianiste

 

Certains écrivent et publient leurs biographies, d’autres la vivent et se produisent sur scène.
C’est le cas de Paul Staïcu, avec humour et humilité, il nous raconte son parcours musical qui commence en Roumanie sous la domination du dictateur Ceausescu ; d’où le nom de « Ceausescu school » pour ses années passées à apprendre le piano à l’école dans laquelle règne une discipline de fer.

vie 4On ne peut pas dire qu’il ait eu une enfance, une jeunesse des plus agréables, mêlant tour à tour joie et tristesse, où tous les faits et gestes étaient contrôlés allant jusqu’à la pensée ; obligé de rester des heures sous le cagnard à agiter, lors de manifestations, de défilés, des drapeaux à la gloire du dictateur…

Paul Staïcu issu d’une lignée de musiciens (3 générations) s’amuse à nous conter son parcours truffé d’anecdotes, lui qui fut tiraillé dans sa jeunesse entre le classique et le jazz.
Car vous n’imaginez pas tous les subterfuges qu’il a dû employer pour s’adonner à sa passion du jazz (dans la clandestinité) dans un régime totalitaire où les écarts n’étaient pas tolérés.
Comme par exemple pour la musique tzigane, récréative, où il faut la jouer avec un « dos d’âne » pour la main gauche et en « pleurant ta mère » pour la main droite.
Quel bon moment aussi quand il joue du Bach qui dérive en jazz…

vie 3Paul Staïcu grandit, mûrit et sa soif de liberté se fait de plus en plus grande.
Un jour, à ses vingt ans, il joue du piano avec son père, chef d’orchestre et prend conscience quand ce dernier fait une crise cardiaque en plein concert que l’on a qu’une vie.
Son choix est fait, il doit fuir la Roumanie.
Lors de circonstances rocambolesques, il se retrouve en Suisse, son père en Allemagne et c’est le début d’une nouvelle vie avec pour objectif de rejoindre la France : pays des libertés.
Ce qui est pittoresque c’est que son départ a eu lieu en septembre 1989 et que le bloc soviétique s’écroulait dans les semaines suivantes, avec la fin du règne de Ceausescu en décembre 89.
Il n’aura été séparé de sa mère que neuf mois…le temps de clarifier l’administratif.

vie 1Arrivé en France, il joue dans les pianos-bars où il gagne sa vie pour financer et préparer son concours d’entrée au CNSMD de Paris où il obtiendra un premier prix.
Quel contraste pour lui qui vient d’un pays aux conditions de vie précaires, de se retrouver dans une station de ski où l’argent coule à flot mais où les pourboires sont les bienvenus.
Il vous jouera une version très particulière, très drôle des « feuilles mortes ».

Ce virtuose du piano vous surprendra, lors d’un spectacle interactif, dans ses interprétations avec ses mains qui voyagent sur le clavier, ses doigts qui valsent, nous délivrant des émotions, en nous faisant partager avec talent sa passion, celle qui « kiffe » comme il aime à dire : la seule façon de continuer après tant d’années de pratique.

vie 2

Allez découvrir ce pianiste, ce compositeur, cet arrangeur, dans ce nouvel opus, mis en lumière par sa complice Agnès Boury qui le met en scène depuis 2002 : une complicité rare et joyeuse tout au long des centaines de représentations dans le monde entier.

Et peut-être que vous succomberez à la pratique d’un instrument et pourquoi pas le piano, si vous kiffez !

« Une vie de pianiste » : à la Comédie Bastille, les mardis à 21 h.

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