Camille contre Claudel

« Camille contre Claudel » une ode à la Vie, une ode à l’Amour, un texte magnifique, profondément humain, rempli d’émotions, écrit par Hélène Zidi ; elle signe une mise en scène précise, tellement lumineuse qu’elle ne se voit pas.
Il y a une telle implication, une telle vie d’une Camille dédoublée que l’on fait corps avec sa folie destructrice tout au long de la pièce.
Elle fut incomprise par son époque ou tout simplement que son génie faisait peur ; une jalousie masculine qui l’enfermera, la coupera du monde.

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Un monologue aux allures de dialogue d’une femme éperdument amoureuse, bafouée par la gent masculine et en particulier par Auguste Rodin son professeur, son mentor, avant de devenir son amant ; sans doute l’erreur de sa vie. Sans vergogne il aura profité de son talent.
Un Auguste Rodin qui se matérialisera de temps à autre par la voix de Gérard Depardieu.

Par un jeu astucieux de va et vient avec le temps, Hélène Zidi nous décrit le parcours d’une femme dotée d’un don exceptionnelle : celui de la sculpture, celui de matérialiser ses pensées et d’offrir des petits bonheurs à l’humanité : une visionnaire.

Dans l’écrin, tout à fait approprié, de ce petit théâtre qu’est celui du Roi René de Paris, Camille Claudel (Hélène Zidi) au crépuscule de sa vie depuis sa « cellule » de l’hôpital psychiatrique commence le récit de sa vie, celui de son arrivée à Paris pour conquérir le monde.

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Parallèlement Camille (Lola Zidi) irradiée par la fraîcheur de ses vingt ans au milieu de ses sculptures, avec conviction, avec énergie elle nous inonde de son amour de la vie avec un romantisme à faire fondre les plus récalcitrants.

Tout au long de son parcours, où nous aurons d’un côté une Camille vieillissante et de l’autre une Camille rajeunissante (quelle superbe idée de construction théâtrale), nous allons comprendre le pourquoi de sa folie naissante, celle qui la fera enfermer par force jusqu’à sa mort en 1943, trahi par les siens, pour tomber finalement dans l’oubli.
Une Camille qui comprendra trop tard que son amour était impossible.

Que c’est beau de voir Lola Zidi se donner à fond dans son personnage, de faire corps avec les sculptures, criante de vérité, de sincérité. Elle donne de la poésie à ce texte qui en est déjà bien pourvu. Elle vie ses passions, ses peurs, ses colères, elle donne simplement vie à cette femme passionnante et trop méconnue du grand public.camille 3

Hélène Zidi l’Actrice incarnée met tout son talent au service de sa fille, son amour de mère, et qui porte d’une façon magistrale cette superbe pièce.
Tout en finesse, elle est une Camille sensible, meurtrit par la vie, par un amour à sens unique.

Elles sont deux sur scène mais en réalité une, une par l’esprit, une par le corps, une par le verbe, une par la folie. Elles nous emportent avec grâce dans leur voyage de l’existence de Camille.

Elles sont mises en valeur par un très beau décor d’atelier de Francesco Passaniti enveloppé par les douces lumières de Denis Koransky, habillées avec bonheur par Gabriel Marc sans oublier la magnifique partition musicale qui nous aide à voyager de Vincent Lustaud.

« Camille contre Claudel » au : Théâtre du Roi René, les jeudis, vendredis et samedis à 19h jusqu’au 15 décembre.

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