Non à l’argent

« Non à l’Argent » de Flavia Coste au théâtre des Bouffes Parisiens dans une mise en scène d’Anouche Setbon provoque une tornade de rires qui résonnent encore dans ce théâtre.

 

« Argent » ce mot qui peut faire rêver et qui est indispensable à notre vie de tous les jours.

IMG_2722Une pièce qui a été écrite bien avant les évènements que l’on connaît actuellement et qui dans ce contexte à une saveur particulière ; des répliques qui font mouche et qui aujourd’hui ont une signification qui parle à beaucoup d’entre nous.
Mais ne nous trompons pas, c’est une comédie à laquelle nous assistons et qui remporte un énorme succès mérité, après son triomphe au théâtre des Variétés et sa tournée dans toute la France. Elle est venue faire une escale au théâtre des Bouffes Parisiens pour notre plus grand plaisir avec les comédiens qui l’ont créée : on ne change pas une équipe qui gagne.
Plus de 120.000 spectateurs ont assisté aux délires de Richard, alias Pascal Légitimus qui refuse, pour la simple raison que l’argent ne fait pas le bonheur, par amour de ses proches, le gros lot qu’il a gagné au loto : c’est-à-dire 162 millions d’euros !!!
« Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! » écrivait Jules Renard eh bien Richard, lui, a trouvé la solution, il ne le prend pas !

IMG_2715L’argent, le flouze, l’oseille, le pognon, la thune, le blé autant de noms qui parlent à chacun d’entre nous et qui selon le vieil adage que tout le monde connaît ne fait pas le bonheur mais il y contribue.
Eh bien Pascal Légitimus « possède » le bonheur de sa femme, son bébé, sa mère, son meilleur ami et associé et cela lui suffit.
Son souci est comment le faire admettre justement à son entourage, c’est pourquoi il organise un repas pour leur annoncer qu’il a renoncé à cette fortune et que le délai pour faire valoir ses droits de gagnant est dépassé : CQFD.

Vous imaginez bien que ses proches ne vont pas du tout l’entendre de la même façon et que pour eux sa position est incompréhensible.
IMG_2718Pensez-donc, son associé Etienne est au bord de la faillite, il aurait besoin d’un coup de pouce au lieu d’aller pleurer auprès de son banquier.
Sa femme Claire, professeur de philosophie a une toute autre approche de ce que l’on pourrait faire avec 162 millions d’euros, en premier lieu une préférence pour s’engueuler avec son mari dans un château plutôt que dans une HLM.
Sans parler de sa mère Rose qui l’a élevé seule, qui lui a payé des études qui lui ont permis de devenir architecte et que dans ces conditions, elle aurait apprécié un retour d’ascenseur.

De toute bonne foi, il leur annonce qu’il refuse le gain au motif qu’il jouait en mémoire de son père les numéros de la date de mariage de ses parents. Il pense aussi que cette démarche le fera passer pour un homme respectable, un héros en quelque sorte qui refuse de se plier au diktat, de l’argent, du pèze, de la fraîche, des 162 de millions de patates !!!
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Une double lecture s’offre à nous en venant écouter les arguments délirants de Richard : que ferions-nous dans cette situation ? Ne serait-il pas envahi par une pulsion utopiste ?
De quel côté irait notre décision ? De son côté ou bien de celle du côté des autres convives de la soirée ?

Garderions-nous notre calme ou exploserions-nous devant cet homme qui refuse la providence ?
Un sujet qui mérite quelques réflexions dont les arguments de l’un et des autres, au fil de la pièce, peuvent s’entendre, s’écouter et y adhérer.
Mais au final que sommes-nous prêts à faire si nous avions entre les mains ce fameux billet gagnant ?

Venez, lors de cette soirée qui est fortement agitée, vous enrichir des réponses de Pascal Légitimus qui est en quelque sorte le clown blanc dans cette comédie explosive ; avec détachement et son œil rieur, il avance pas à pas dans son argumentaire qui ne semble pas trouver beaucoup d’adhérents.

Claire alias Julie de Bona, est câline, douce, jeune mère qui aime tendrement son mari mais qui se transforme en dragon lorsque qu’elle comprend qu’il refuse le pactole : ses explosions sont un feu d’artifice très drôle.

Etienne alias Philippe Lelièvre est l’ami fidèle, généreux, compréhensif, qui soutient son collègue et ami dans ses délires architecturaux mais qui sort les griffes lorsque ce dernier perd la raison. Son sens de la rupture fait mouche à chaque fois, il est extrêmement comique dans son jeu.

Et puis le clou du spectacle, mon coup de cœur, c’est Claire Nadeau dans le rôle de Rose, la mère de Pascal Légitimus. Elle est irrésistible dans la scène des jumeaux et dans celle du billet. Le tout mené dans une ivresse grandissante à mourir de rire. D’ailleurs accompagnée de sa bru et de l’ami de son fils, ils ont une descente impressionnante ; cette ivresse collective fait énormément rire.
Elle a des expressions du visage, des mimiques hilarantes : le clown qui fait pendant à son fils.

 

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La mise en scène d’Anouche Setbon très dynamique, très rythmée confère à cette comédie un potentiel fortement comique qui déclenche les rires à profusion, de quoi passer une excellente soirée ou matinée.
Une comédie chorale qui m’a fait beaucoup rire, travailler mes abdos : il y a longtemps que je n’avais pas autant ri.

 

 

 

 

« Non à l’argent » au théâtre des Bouffes Parisiens, du mercredi au samedi à 20h30, matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h00, jusqu’au 28 avril.

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