Cache cash

 

« Cache cash » de Nicolas Haudelaine au théâtre Essaïon dans une mise en scène de Catherine Hauseux ou la chronique d’une vie ordinaire.
Une tranche de vie qui au premier abord pourrait sembler banale, mais en l’observant de plus près, elle nous réserve bien des surprises…

 

IMG_2705Une rencontre improbable nourrit cette aventure : dans une gare, aux sons des haut-parleurs, deux hommes qui ne se connaissent pas, Simon et Albert, attendent chacun leur train : un coiffeur et un lecteur du journal l’Equipe, le premier engage la conversation…

Pouvons-nous imaginer un instant la suite ? Bien malin celui qui aura vécu cette situation. L’auteur, dans un texte bien écrit, a peut-être couché sur le papier un de ses fantasmes, en tout cas le résultat est réussi.
On prend plaisir à suivre l’évolution de ce dialogue qui tourne à l’absurde, les situations sont drôles, elles vont crescendo, on rit et on attend la chute.
Entre-temps nous aurons assisté à une scène sur une musique d’Ennio Morricone qui vaut son pesant d’or : comment apprendre à marcher pour mettre en avant sa férocité.

IMG_7919Simon est coiffeur et comme tout coiffeur qui se respecte, il est habitué à parler avec ses clients, il s’en fait même un devoir : il se dit psychologue et d’ailleurs ses réparties, ses approches littéraires donnent du mordant à cette chronique de la vie.
Son seul souci : être séparé de sa fille dont son ex-femme verrouille la garde. Il ne la voit pas assez souvent. Il se confie à Albert qui pourrait bien l’aider.

Albert quant à lui est beaucoup plus sur la réserve, c’est un solitaire comme le veut sa profession : il se doit d’être discret, d’être fondu dans la masse.
IMG_7918Le dialogue amorcé par Simon est pour lui une agression. Albert serait plutôt le genre de personne à trouver des solutions aux problèmes, en tout cas il cache bien son jeu.

« Cache cash » vous l’aurez compris est un fin mélange des deux parties qui sont présentées en opposition.

Le duo de ces deux comédiens fonctionne très bien, Simon joué par Hervé Jouval dont la parole est sans fin est à fleur de peau, d’une sensibilité qui ne manque pas de déclencher les rires, mais au fond d’une nature toujours joyeuse, positive. Son jeu m’a fait penser à Rowan Aktinson, il est attachant.IMG_7917

Albert joué par Stéphane Daurat, c’est l’ours mal léché, d’un abord froid, il ne supporte pas que l’on s’introduise dans son pré carré : chasse gardée !
Son personnage est une curiosité, que l’on a envie de découvrir, qui cache une gravité dans un cœur d’artichaut.

 

La mise en scène de Catherine Hauseux exploite bien l’opposition qui règne dans ce dialogue, un dialogue de sourd par moment qui finira par les mettre d’accord sur le résultat à escompter de leur entrevue ; en cela c’est bien rendu.
Pas de superflu, elle va droit à l’essentiel : un travail propre laissant à ces deux comédiens un semblant de liberté.

 

« Cache cash » au théâtre Essaïon du jeudi au samedi à 21h30, jusqu’au 30 mars.

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