Un grand cri d’Amour

 

« Un grand cri d’Amour » de Josiane Balasko au théâtre des Bouffes Parisiens dans une mise en scène de Marie Pascale Osterrieth, est une comédie explosive entre deux comédiens au nombrilisme bien prononcé : « prétentieux » dans leur cas serait un doux euphémisme.

A peine le temps de souffler pour Michèle Bernier qui vient de nous faire rire dans son seule en scène « Vive demain ! » et Pierre Cassignard dans « C’est encore mieux l’après-midi » qu’ils se rencontrent sur la scène du théâtre des Bouffes Parisiens pour une nouvelle expérience.
Ils sont passés à la vitesse supérieure, les rires s’enchaînent en cascade dans ce théâtre qui joue avec les succès comme précédemment avec « Non à l’argent ! ».

Dans une veine encore plus féroce, le rire est omniprésent dans cette comédie qui met en lumière le carriérisme, l’individualité, les petites bassesses que l’Homme est prêt à faire pour sauver une situation qui lui serait des plus néfastes pour son avenir professionnel ou sa vie tout simplement.

 

afficheSur un plateau nu, comme rarement on peut le voir dans un théâtre, accueillis par la servante, nous nous préparons à assister à un drame.
On apprend qu’une comédienne fait faux bond au montage d’une pièce de théâtre et que si le producteur et le metteur en scène ne trouvent immédiatement une remplaçante, le projet tombe à l’eau…
Le comédien, d’un abord très colérique, aux noms d’oiseaux qui fusent à la vitesse de la lumière de sa bouche, de ce duo qui prévoit d’être épique, dont sa carrière n’est pas au plus haut de l’affiche, se prête à la discussion pour essayer de sortir rapidement de l’impasse.
Après moult tergiversations, il n’y a qu’une seule issue possible, faire appel à l’ex-femme du comédien, une grande gueule qui n’a rien à envier à son ex-mari sur ce sujet et dont l’alcool lui a été fatale, de plus leur séparation très houleuse ne présage rien de bon.
Seulement voilà, elle comme lui, sont totalement hostiles à cette solution.
Au pied du mur, pour mener à bien son projet, le producteur, sans foi ni loi, prêt à vendre sa mère pour sortir gagnant de cette épreuve, va employer tous les stratagèmes possibles et imaginables pour arriver à ses fins.
Nous sommes donc prêts à assister à la première rencontre, à la première répétition.

Comme vous vous en doutez, un match de boxe se prépare et toutes les rancœurs se déballent au grand jour pour notre plus grand bonheur. L’affrontement de ces deux monstres de la scène est un pur régal.
Une répétition dans une répétition qui n’est pas sans rappeler le théâtre dans le théâtre avec tous ses effets comiques et avec également ses moments d’émotions qui viennent contrebalancer et relancer la machine infernale pour qu’au final triomphe l’Amour !

La mise en scène fluide de Marie Pascale Osterrieth, sans aucun temps mort, donne du piquant à cette tragédie comique. Elle exploite à merveille toutes les situations très bien écrites par Josiane Balasko sans pour autant en appuyer les effets. Marie Pascale Osterrieth a laissé les comédiens « se lâcher » pour cette répétition et c’était encore plus jouissif de les voir se combattre dans cette joute verbale volcanique.

Un coup de chapeau aux techniciens du plateau qui en deux temps trois mouvements mettent en place le superbe décor de Pierre-François Limbosch pour la scène finale, qui réserve bien des surprises.

Un quatuor de comédiens parfaitement équilibré qui jouent la partition sur du velours : Jean-François Cayrey est parfait dans son rôle du metteur en scène complètement dépassé par les évènements, qui essaye tant bien que mal d’arranger ses protégés dans « leurs face à face » et de parer aux combines du producteur joué par Grégoire Oestermann à la délicieuse nonchalance étudiée. Un producteur qui distille avec beaucoup d’humour ses flèches pour atteindre à chaque fois dans le mille ses cibles. 2019-03-11_I7I8978
Pierre Cassignard dans le rôle de la tête d’affiche Hugo Martial, un peu défraîchie, râleur dans l’âme, est l’homme de la situation. Ses colères déclenchent les rires, même ses vulgarités passent tant il est sincère dans son hystérie, sa haine envers son ex-femme.
Michèle Bernier, la diva Gigi Ortega, dès son entrée sur scène donne de la légèreté à la situation, qui est très tendue. Un petit oiseau qui virevolte, qui s’ébroue, qui passe de branche en branche, faisant fi des coups bas destinés à la déstabiliser : on se demande comment ils auraient fait sans elle.
Michèle Bernier et Pierre Cassignard, un futur duo mythique !

 

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Je ne sais pas si c’était l’excitation de la générale ou le fait de découvrir pour la première fois les réactions du public, mais nos quatre comédiens étaient en grande forme, ils ont assuré !
Nous avons énormément ri, l’avenir de cette comédie est très prometteur.

 

« Un grand cri d’Amour » au théâtre des Bouffes Parisiens, du lundi au samedi à 20h30, matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h00, jusqu’au 11 juin.

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