7 ans de réflexion

 

« 7 ans de réflexion » de George Axelford dans une adaptation de Gérald Sibleyras et une mise en scène de Stéphane Hillel au théâtre des Bouffes Parisiens est une comédie romantique à la sauce américaine sur fond de puritanisme. L’Amérique choisie par Dieu pour la préserver de la corruption…

C’est dans ce contexte qu’il faut se placer pour apprécier à sa juste valeur la pièce. Car nous latins au sang plus chaud, nous pourrions vite nous ennuyer.

 

2e37eb6584e53b3cbf601c1d1231Beaucoup d’entre vous ont en mémoire le film de Billy Wilder avec son personnage emblématique de Marilyn Monroe dans la tentation faite femme, avec sa fameuse scène de sa jupe qui s’envole au-dessus d’une grille d’aération du métro (à vous de découvrir la version de Stéphane Hillel).
Un film qui avait été largement édulcoré dans ses propos par rapport à la pièce qui est antérieure au film. Cela compte tenu du fait que dans l’Amérique des années 50 on ne plaisantait pas avec l’adultère.
La pièce abordait d’une manière beaucoup plus directe, explicite et drôle l’adultère alors que dans le film c’est plutôt le désir, son fantasme, qui est mis en avant.

C’est cet esprit que nous retrouvons dans l’adaptation de Gérald Sibleyras, quoique nous ayons la bonne conscience, le Geppetto de Richard Sherman, notre héros d’une soirée, qui apparait habilement sur scène au nom d’Aristote, c’est tout dire, en lui soufflant régulièrement : la tentation entraîne l’action.

Laissez-vous bercer par cette chaleur, cette douceur et cette moiteur (que nous connaissons ces dernières années) pour suivre Richard Sherman, un publiciste new-yorkais, quadragénaire assumé, seul dans son appartement de Manhattan : sa femme et son fils étant partis en vacances dans le Maine pour fuir ces désagréments.
Une chaleur qui alanguit les corps et propice à l’évasion, aux fantasmes. Un puritanisme qui se doit de vous garder dans le droit chemin pendant cette solitude, sans oublier de s’abstenir de boire et fumer.
Seulement voilà, Satan, le démon, pointe le bout de son nez en la personne d’une créature de rêve de vingt-cinq ans, la nouvelle voisine qui par mégarde laisse tomber de son balcon un tomatier sur le fauteuil où Richard était assis quelques secondes auparavant ; un tomatier qui a bien failli précipiter Richard au septième ciel.

Un septième, comme dans 7 ans de vie commune, et comme nous disons en France : ça passe ou ça casse…

Est-ce un bien ou un mal…une fidélité mise à rude épreuve, l’occasion de s’interroger sur le désir, l’amour, la culpabilité et…le mariage.
Richard laisse flotter, aux brises des ventilateurs qui tournent à fond dans l’appartement, son subconscient, son imagination débordante pour approcher sa voisine et la charmer…

1920x0x21754-orLa rencontre inévitable sera parsemée, dans une mise en scène très astucieuse de Stéphane Hillel, de parenthèses provoquées par sa réflexion : agir ou ne pas agir ?
Comme évoqué auparavant, il y aura dans son moment d’égarement son Geppetto mais aussi sa femme accompagnée de son meilleur ami Tom qui vivent « en commun », en tout bien et tout honneur, quelques moments de repos loin de la ville étouffante.
Il y aura aussi, bien vivant et bien présent, le parasite docteur Baker qui tient absolument à la relecture urgente de son manuscrit avant sa parution et semble peu enclin à accepter de voir en page de couverture les propositions aguichantes de la maison d’édition : business is business.

La mise en scène de Stéphane Hillel avec ses projections de Léonard sur le décor d’Edouard Laug permet de visualiser les pensées de Richard que l’on découvre au fil de l’intrigue. La mer, le sable chaud et encore bien d’autres images viennent nous aider à communier avec ce pauvre homme soumis aux tentations.

Une mise en scène laissant la place belle aux fantasmes et à ce couple d’une soirée.
Guillaume de Tonquédec incarne avec conviction son rôle de mari, balloté entre le bien et le mal. Ses sourires et envolées dans les aigus donnent de la couleur, de la lumière et déclenchent les rires.
Alice Dufour, la petite ingénue, habituée à jouer les trouble-fêtes (récemment la secrétaire dans « Le canard à l’orange »…) est la voix de la tentation personnifiée, élégamment habillée avec les belles robes d’Anne Schotte.
Un couple simple en opposition au glamour et pétillant de celui d’Hélène, Agathe Dronne, la femme légitime et de Tom, Clément Koch, l’ami.
Une Agathe Dronne qui a retenu toute mon attention, séduisante à souhait, et un Clément Koch parfait en gentleman qui doit certainement faire tourner les cœurs et pourquoi pas celui d’Hélène…
Jacques Fontanel est ce misérable docteur Baker qui vient perturber avec beaucoup d’humour les approches de Richard, sans oublier Geppetto joué avec fantaisie par François Bureloup.

Une comédie romantique, à l’américaine, accueillie chaleureusement par le public.

 

« 7 ans de réflexion » au théâtre des Bouffes Parisiens, du mardi au samedi à 20h30, matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h.

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