La lutte des places

 

« La lutte des places » de Stéphanie Gourdon et Sophie Lelarge dans une mise en scène de François Podetti au théâtre Le Guichet Montparnasse est une satire de ce monde plus ou moins obscur du recrutement à la recherche de la perle…

 

afficheUne pièce, des situations, qui m’ont rappelé une période assez noire du chômage où il fallait se vendre pour décrocher un poste, et en tant que commercial quoi de plus naturel me direz-vous !?

Nous sommes dans les locaux de l’agence « Seconde chance », un nom prédestiné pour tous ces candidats à l’expérience certaine mais qui sont restés sur le carreau. Le carreau des expérimentés qui ne font plus rêver personne.
Un monde cruel où il faut se démarquer, se vendre comme un produit afin d’attirer l’attention, d’être le finaliste pour décrocher le poste…la lutte des places…

Une agence dirigée par Pierre-Jean Dumontel-Richard, aux petits soins pour sa cliente Justine Lelièvre, Senior Vice-présidente chez « Au Secours Assistance » : des noms et des titres ronflants qui cachent en réalité une belle misère.
Un rôle qui oscille entre le clown blanc et le clown très bien tenu par Régis Debraz à la dynamique joyeuse.__DSC03322

Quatre candidats ont été présélectionnés par Pierre-Jean pour une journée de tests où les personnalités éclateront au grand jour et qui sont présentés à Justine dans les traits de la glamour Sophie Lelarge. Une femme énigmatique à la main de fer dans un gant de velours. Il ne faut pas lui raconter d’histoire, elle connaît la musique avec ses silences et ses soupirs, peut-être une préférence pour les croches, voire les doubles. Ses envolées lyriques n’ont rien d’improvisé, elle sait ce qu’elle veut et qu’elle ne veut pas : qu’on se le dise !

__ DSC03198Parmi ces candidats, nous avons celle qui bien que super diplômée, joue la carte de la timidité. Son entrée en matière quelque peu désinvolte est compensée par son esprit d’analyse et de synthèse. C’est Maïna Louboutin qui relève le défi avec finesse et élégance. Une gentille qui cache bien son jeu.
Face à elle, nous avons la coriace Joëlle, prête à éliminer tous les obstacles qui entraveraient son chemin vers la victoire. Natacha Simic avec son souffle de guerrière prête ses traits à cette candidate déterminée.
La parité s’impose dans un tel événement. Commençons par Gérard qui a plus d’un tour dans son sac et qui ne s’embarrasse pas de préjugés pour arriver à ses fins. La roublardise est son credo et c’est Rémy Breteau qui tente de nous séduire pour nous montrer qu’il est le meilleur candidat. __DSC03278_Il ne manque plus que notre quatrième joueur avant de commencer la partie, les joutes de ce tournoi sans pitié et il se nomme Jacques. Un Jacques au lyrisme exacerbé qui a du mal à entrer dans le moule, comme je le comprends. Pascal Millet avec discrétion et volonté saura donner le ton qu’il faut à cette rencontre des plus explosives…à retardement…

C’est François Podetti qui a mis en scène adroitement, comme dans une fable, une farce, tout ce joli lot d’énergumènes à la recherche du Graal, de la perle.
Il a mis en exergue cet exhausteur de personnalités, de produits, que ces cabinets de recrutement sont normalement chargés de mettre en avant dans le bon sens du terme.
Des produits qui sont en réalité des personnes humaines que ce monde du recrutement oublie souvent. Se vendre oui mais sans perdre son âme, sa personnalité : le moule à ses limites.

__DSC03054Toute une batterie de tests qui ne manqueront pas de déclencher les rires, mais à y regarder de plus près donnent froid dans le dos. Le premier test est classique, celui de la présentation par son binôme. Une présentation à haut risque suivant le candidat qui est sous les feux des projecteurs. Tel est pris qui croyait prendre. Par la suite, le test des animaux est assez lui aussi révélateur des différentes personnalités. Pour ce dernier il m’a manqué la consigne pour être complet. Une consigne qui marque la vision de la hiérarchie par le candidat.

 

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Des tests qui révéleront la nature profonde de ces recruteurs à la sélection cruelle bien que présentée, enveloppée dans du papier cadeau qui laisserait présager un tout autre discours.

 

Laissez-vous embarquer dans cette comédie aux saveurs acides, rugueuses mais tellement humaine.

 

« La lutte des places » au théâtre Le Guichet Montparnasse, le dimanche à 20h, jusqu’au 29 décembre.

1 réflexion sur « La lutte des places »

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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