Le canard à l’orange

 

« Le canard à l’orange » de William Douglas Home adapté par Marc-Gilbert Sauvajon et mis en scène par Nicolas Briançon est l’histoire de l’arroseur arrosé.

 

img_2268Au lever du rideau, par une belle nuit d’été, nous sommes dans le salon des Preston, à Stonewall, banlieue résidentielle de Londres.
Moment de silence…les Preston terminent une partie d’échecs et quelques verres plus tard se livrent à quelques confidences, non pas sur l’oreiller, mais sur le fauteuil…
Le séduisant Hugh Preston, aux nombreuses conquêtes, apprend à son tour, ce qu’il supputait, qu’il est cocu !
Sa délicieuse épouse Liz le trompe avec un homme élégant et plus jeune que lui.
Piqué au vif, Hugh Preston propose à son épouse, sans perdre de temps, d’inviter son amant John Brownlow à passer le week-end dans leur propriété avant qu’ils ne partent se conter fleurette en Italie.
Pour faire bon poids bonne mesure, Hugh Preston quant à lui invite sa jeune et belle secrétaire Patricia Forsyth à se joindre à leur petite amusette. La finalité de ce week-end étant de vouloir reconquérir le cœur de sa bien aimée : la rendre jalouse, lui qui pense avoir plus de valeur que son amant. img_2274
Mais pour arriver à bon port, faudra-t-il en passer par le divorce ?
Et comme toute partie d’échecs ou de tennis, il faut un arbitre, et quel arbitre, ce soir en la personne de Madame Gray, au caractère bien trempé, qui a du fil à retordre avec la cuisson de son canard à l’orange…

 

Un classique du boulevard monté en boulevard classique, oui et alors !?
Nicolas Briançon avec sa troupe propose un fort louable divertissement qui tient la rampe et fait beaucoup rire.
Un théâtre de divertissement comme aurait dit Feydeau mais à la sauce anglaise et c’est là toute la différence.
Ici les quiproquos, les portent qui claquent et les personnes qui se rencontrent mais qui ne le devraient pas sont remplacés par les dialogues savoureux, finement subtils, d’un auteur anglais brillamment adapté par Marc-Gilbert Sauvajon.
Des répliques qui font mouche par un auteur francophile, à la politesse du rire, ayant pour seule prétention de rendre heureux les spectateurs.

La relation homme-femme, un sujet qui déclenche les passions, comme Hugh Preston le demande si bien à sa femme : « Dis-moi un peu combien il y a de femmes dans une femme, Liz…» réponse de sa femme : « Trois, disait mon oncle Melvin. Une fiancée qui pleure, une épouse qui soupire et une veuve qui espère ! ».

 

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Le défi était de faire oublier le tandem Poiret-Lionel, eh bien le tandem Briançon-Vincentelli s’en sort haut la main. Nicolas Briançon un tantinet précieux, cynique, à l’œil rieur dans le rôle de Hugh Preston s’en donne à cœur joie pour provoquer un François Vincentelli élégant, irrésistible dans son rôle de l’amant candide à l’accent belge (n’oublions pas qu’il est belge avec une origine corse, d’où la confusion que son patronyme peut donner mais en fin de compte c’est un retour aux sources) qui déclenche les rires avec « ses pitreries ».
Une mise en scène classique mais rythmée et efficace pour mettre en valeur ses différents partenaires.

IMG_2275.JPGAnne Charrier, dans le rôle de Liz, l’épouse, est à la fois sensible, piquante, à l’humour féroce, et son duo avec Nicolas Briançon fonctionne parfaitement.
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La secrétaire, trouble-fête à son dépend, jouée par Alice Dufour, à la jambe leste, donne le change avec justesse dans cette partie d’échecs où tous les coups sont permis.
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Et l’arbitre, me direz-vous, eh bien la très drôle Sophie Artur dans le rôle de la gouvernante ne se ménage pas pour lancer des pavés dans la mare au risque de provoquer des ronds dans l’eau…

 

Tout ce petit monde évolue dans un décor très kitsch de Jean Haas, peut-être un peu trop chargé mais avec une trouvaille de mise en scène lors des changements de tableaux qui met en valeur la gouvernante jusqu’au salut. Car chez les anglais tous les personnages existent.
De très beaux costumes de Michel Dussarat habillent les comédiens en particulier les comédiennes avec leurs belles robes. Quant à Vincent Vincentelli, ses costumes d’une gaîté folle accentuent son look de candide à la barbe fraîchement rasée, à la limite de la caricature de son personnage. Mais en revanche je n’ai pas compris le « jean » que porte du début à la fin de la pièce Nicolas Briançon, comme s’il prenait de la distance…

 

Une comédie dont on aurait tort de se priver, de quoi faire travailler vos zygomatiques  et de vous dispenser d’une consultation chez le médecin !

 

« Le canard à l’orange » au théâtre de La Michodière, du mardi au samedi à 20h30 et en matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h30.

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