Madame Pylinska et le secret de Chopin

 

« Madame Pylinska et le secret de Chopin » d’Eric-Emmanuel Schmitt au théâtre Rive Gauche dans une mise en scène de Pascal Faber est une belle leçon de vie en musique, une méthode pédagogique pour comprendre l’essence de Chopin.

 

IMG_3342Assistons-nous à une pièce de théâtre avec des intermèdes musicaux ou à un concert avec des interludes théâtraux ?
Toujours est-il que le pianiste est admiratif des facéties du comédien tout comme le comédien est admiratif du pianiste, une écoute réciproque au diapason qui donne un la parfait.
Un moment qui peut paraître long, de près de deux heures, mais qui s’explique par la présence fabuleuse du pianiste.
La vague des notes, la magie des mots se mêlent allegro, pianissimo, andante : l’écriture d’Eric-Emmanuel Schmitt est toujours comparable à une partition qui vous ensorcelle.

Depuis son premier roman « L’évangile selon Pilate », que je vous recommande chaleureusement, Eric-Emmanuel Schmitt m’a toujours fasciné par l’élégance de son écriture, la justesse de ses mots. Il n’y a pas de superflu dans son écriture, chaque mot a sa place et sa valeur.
Un auteur qui prend confiance sur scène, qui a de plus en plus d’assurance depuis son interprétation, sur cette même scène, de « Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran ».

Madame Pylinska et le secret de Chopin fait partie, tout comme Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran et récemment Oscar et la dame rose à la Comédie Bastille dans une interprétation magistrale de Pierre Matras, du « cercle de l’invisible » : cette « série » qui met en exergue la spiritualité.

Eric-Emmanuel Schmitt est habité par la musique, une histoire personnelle remontant à son enfance, mise en lumière par son récit et son adaptation sur scène dans un respect total du livre.

 

IMG_3343Afin de mettre en place l’intrigue de notre héros, une courte introduction depuis la maison de son enfance où vivait un intrus au nom barbare de « Schielmayer » qui l’intimidait beaucoup et ce sont les poils qui se réveillent tout en donnant un léger frisson par les premières notes du « Steinway and sons » où les doigts du maître se sont posés : Chopin et son âme sont présents et ne nous quitteront plus.
Un dialogue sans fin, réjouissant, tendre, amoureux, passionné, entre mots et notes, mais perturbé délicieusement par la professeure, « auréolée d’une excellente réputation » : Madame Pylinska. Une femme follement amoureuse de la musique de Chopin tout en étant éperdument subjective. Une femme à la pédagogie musclée, appelant un chat, un chat.
Au fil de ses cours, notre héros apprendra à écouter le silence, le bruit des feuilles dans le vent, à cueillir une pâquerette parée de perles d’eau sans les faire tomber, à observer les ronds dans l’eau formés par les cailloux jetés à la volée.
Elle est affirmative, une pratique intensive du piano ne vous rend pas plus efficace pour interpréter Chopin, Le compositeur par excellence, même George Sand ne trouve pas grâce à ses yeux, c’est tout dire. Quant à revendiquer Bach, Liszt, Schubert ou Beethoven, ce n’est même pas la peine de s’y frotter.

 

IMG_3354Laissez-vous gagner par cette histoire à l’émotion palpable dans laquelle Eric-Emmanuel Schmitt en sort grandi et découvrez le secret de Chopin.
La douceur de sa voix, son sourire et son œil accrocheur captent votre attention pour sublimer l’interprétation magistrale de Nicolas Stavy qui l’accompagne sur scène : à noter la très bonne acoustique du théâtre.
Je ne sais pas s’il a suivi les cours de Madame Pylinska mais ce qui est certain, il a tout compris de l’œuvre de Chopin.
Nicolas Stavy joue intensément avec une intelligence rare les préludes, berceuses et ballades du romantique Chopin. Ses doigts effleurent, caressent les touches du Steinway à la puissance domptée et c’est la magie qui opère, cachant le travail monstrueux nécessaire à la maîtrise de son clavier, de son art.
Un duo mis en scène, mis en musique par Pascal Faber. Une partition où résonnent les souffles, les silences dans l’énergie des mots. Une rencontre entre deux artistes où le génie de Chopin, au cœur de l’action, prend toute sa grandeur.

Un cours de vie, un cours de musique, donné par Madame Pylinska via la voix du musicien des mots en la personne du philosophe Eric-Emmanuel Schmitt, qui ravira vos oreilles en profitant de l’instant présent.

 

« Madame Pylinska et le secret de Chopin » au théâtre Rive Gauche, du mardi au samedi à 20h30, matinée le dimanche à 15h, jusqu’au 29 septembre.

 

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