Plus haut que le ciel

 

« Plus haut que le ciel » de Florence & Julien Lefebvre dans une mise en scène de Jean-Laurent Silvi au théâtre Fontaine est une comédie historico-comique sur le thème de l’érection du plus haut monument du monde à Paris.

 

afficheFlorence & Julien Lefebvre avant de se prendre de passion pour le théâtre (très bon souvenir pour « Le cercle de Whitechapel »), ont navigué dans les coulisses du cinéma et cela se ressent.
Bien que le cinéma ait vu le jour après celui de la tour Eiffel, ils ont monté leur comédie dans un rythme endiablé, comme des plans séquences d’un film avec en arrière fond un « train » lancé à toute vitesse sur la très belle musique de Romain Trouillet. Décidément ce virtuose de la composition est de tous les bons coups. Une musique entraînante, joyeuse faisant penser à une locomotive lancée à toute allure pour des changements de décors express.
Des décors signés de Margaux Van den Plas, aux très belles vues magiques de Paris et de la tour Eiffel sur une toile de fond en image vidéo.

Mais revenons à notre sujet, la tour Eiffel !
Nous sommes en 1884, dans les bureaux de l’usine de Gustave Eiffel situés à Levallois-Perret, à l’époque une ville pas aussi « renommée » que maintenant…d’où sortiront les futurs éléments assemblés de la tour.
Gustave Eiffel dont la notoriété est établie, ce bourguignon originaire de Dijon, qui est à l’origine de la statue de la Liberté, s’ennuie. Construire des ponts, des bâtiments à structure ou charpente métallique c’est bien mais…
Et quand il s’ennuie, ne cherchez pas à l’énerver car son accent refait surface pour exploser de plus belle. PHQLC_388
Il pense passer la main à son bras droit, le jeune Adolphe Salles. Un jeune au caractère bien trempé, qui monte sur ses grands chevaux au quart de tour quand vous le contrariez et qui pense plus à la rentabilité, à éviter les risques pour la société que de lui donner un nouvel élan en acceptant de soumettre à son patron le projet de la tour la plus haute du monde (305 m) des deux ingénieurs maison, aux idées certes farfelues, mais qui à bien y réfléchir serait une très belle opportunité pour relancer la machine.
Deux ingénieurs qui maîtrisent parfaitement leur sujet et qui sont certains de sa faisabilité.
D’ailleurs Gustave Eiffel finira par comprendre son intérêt de se lancer dans une telle aventure. Pensez donc être le créateur d’une tour plus haute que le ciel !
Sa fille Claire aura habilement conduit son père une nouvelle fois sur le chemin de la gloire en soutenant bec et ongle le projet des deux ingénieurs Emile Nouguier et Maurice Koechlin.PHQLC_535

Une tour qui sera implantée sur le Champ de Mars et qui devra être prête pour l’inauguration de l’exposition universelle de 1889. Une célébration du bicentenaire de la révolution qu’il ne faut absolument pas louper.

Une comédie instructive pour ceux qui ne connaîtraient pas son histoire, où l’on suit un Gustave Eiffel passionné tantôt enthousiaste, tantôt dépité, qui se démène avec un personnel très revendicatif, dont les affrontements seront épiques au risque de faire capoter le projet.
Pour égayer un peu cette comédie et lui donner un ton léger, il y aura aussi en second plan une histoire d’amour naissante entre Claire et un prétendant qui ne sera peut-être pas celui que l’on pourrait penser. Mais également la présence d’Alfred et Armande Bernouille, un couple aux réparties incontrôlables qui sème sa zizanie partout où il passe.

La mise en scène de Jean-Laurent Silvi est très rythmée, joyeuse et servie par une troupe très en forme, parfois peut-être un peu trop expansive, et mise en valeur par les beaux costumes de Frédéric Olivier.
Frédéric Imberty (remarqué dans « Les crapauds fous ») dans le rôle de Gustave Eiffel apporte toute sa bonhommie au personnage, lui donnant un côté bon père de famille. Sa fille Claire jouée par Margaux Van den Plas à la réplique cinglante est très espiègle, et sait parfaitement ce qu’elle veut. Elle donnera du fil à retordre au bras droit interprété par Thomas Ronzeau (un Mangefeu bien inquiétant dans Pinocchio Cliquez). Un homme dans une première approche tout à fait détestable mais qui cache bien son jeu.PHQLC_457
Nos deux ingénieurs à la « Laurel et Hardy » sont très drôles. Axel Blind que j’avais apprécié dans « Le désir attrapé par la queue » (Cliquez) et Nicolas Le Guen ont un jeu très complémentaire, séduisant ; ils ne baissent jamais les bras.
Enfin le couple Bernouille qui n’est pas à un coup tordu près est irrésistible dans ses facéties. Héloïse Wagner et Jean Franco n’hésitent pas à donner de leur personne pour nous plonger dans le rire.
Un Jean Franco qui aura retenu toute mon attention en jouant plusieurs rôles, tous plus truculents les uns que les autres. Un Jean Franco qui m’avait séduit avec son frère de scène Guillaume Mélanie dans « Libres ! ou presque ».

Une comédie bien sympathique, mouvementée, pour un moment de détente assuré.

 

« Plus haut que le ciel » au théâtre Fontaine, du mercredi au dimanche à 19h.

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