Piège pour Cendrillon

 

« Piège pour Cendrillon » d’après le roman de Sébastien Japrisot adapté par Aïda Asgharzadeh et mis en scène par Sébastien Azzopardi au théâtre Michel est une comédie glamour construite comme un polar.

 

afficheSébastien Japrisot est un écrivain à la plume machiavélique.
Son roman, paru en 1963, fut l’objet d’une adaptation cinématographique par André Cayatte en 1965.
Mais il est aussi plus connu pour être l’auteur de « L’été meurtrier » et « Un long dimanche de fiançailles ».
Des intrigues mêlant glamour et enquête policière aux multiples rebondissements pour tenir en haleine le spectateur jusqu’à la scène finale.

Cette adaptation resserrée, pour les besoins de la scène, d’Aïda Asgharzadeh lui en est fidèle. Bien malin celui qui pourra deviner la fin de cette enquête avant l’ultime rebondissement, même si à la moitié de la pièce, on se dit c’est plié, le ou la coupable c’est lui ou elle…

Piège pour Cendrillon, Mise en scène Sébastien AzzopardiTout commence par la découverte d’une jeune femme, au nom de Michèle, Mi pour les intimes, sortant d’un hôpital où elle vient de subir des soins très importants consécutifs à un incendie dont elle a été prise au piège dans la salle de bains d’une maison bourgeoise. Son visage et ses mains furent gravement brûlés, c’est la raison pour laquelle elle doit porter des gants jusqu’à son complet rétablissement.
Fait marquant de cet épisode malheureux, elle a perdu la mémoire…

Elle apprend très rapidement que l’autre femme qui était présente avec elle dans cette salle de bains est décédée : c’était son amie d’enfance Dominique, Do pour les intimes.
Mais que faisait-elle dans cette salle de bains ?
Doit-elle se considérer comme une victime ? Ou devons-nous la considérer comme le bourreau, l’assassin ?

Piège pour Cendrillon, Mise en scène Sébastien AzzopardiLa mémoire lui faisant défaut, elle va devoir mener son enquête pour tirer les ficelles de cette histoire qui n’a pas fini de lui révéler des surprises sur sa véritable identité : un mystère plane comme un certain Alfred Hitchcock aurait aimé être le complice pour faire travailler nos cellules grises. Le piège se referme sur cette jolie poupée aux allures de Cendrillon…

Vaut-il mieux exercer notre facette d’enquêteur ou bien se laisser porter par l’histoire. Rien n’est moins sûr, mais ce qui est certain c’est qu’il faut rester bien éveillé, concentré pour ne pas perdre un indice de cette enquête aux multiples péripéties : la vérité se cache dans les détails.

D’autant plus que la mise en scène très enlevée, efficace de Sébastien Azzopardi ne nous laisse pas une seconde de répit. Les flash-back s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, passant d’une époque ou d’un lieu à la vitesse d’un souffle. Et pour corser le tout, le seul homme présent dans cette histoire joue plusieurs rôles.
Tout un programme pour vous faire perdre la tête.

Piège pour Cendrillon, Mise en scène Sébastien Azzopardi

Sébastien Azzopardi a su tirer profit de cette astucieuse adaptation en y incorporant des superbes jeux de lumières de Philippe Lacombe augmentant ainsi l’intensité dramatique, sans oublier la musique de Romain Trouillet qui accroît la fluidité de l’action. Un Romain Trouillet qui ne finit pas de m’étonner avec ses musiques qui sont toujours extrêmement justes par rapport aux actions.
Pour compléter cette mise en scène millimétrée, rapide comme l’éclair, il fallait un décor qui puisse se fondre dans tous les rebondissements, c’est le cas avec celui de Juliette Azzopardi. Les costumes de Pauline Yaqua Zurini, notamment les belles robes de « Cendrillon », complètent harmonieusement l’atmosphère glamour de cette « chronique policière ».

Les quatre comédiens au service de cette enquête maîtrisent parfaitement leurs rôles. On se demande qui manipule qui ? Quelle est la place de l’argent dans cette folie aux apparences meurtrières ?Piège pour Cendrillon, Mise en scène Sébastien Azzopardi
La recherche du passé, de la mémoire, aideront-ils à résoudre cette enquête ? Permettront-ils à « Cendrillon » de connaître sa réelle identité, de connaître son implication dans cet incendie ?

Autant de questions que l’amie de sa tante, Jeanne, celle qui est venue chercher à sa sortie de l’hôpital la douce Michèle, jouée brillamment dans un esprit pervers par Aurélie Boquien, se délecte à maintenir le suspense, n’étant pas très pressée qu’elle recouvre la mémoire…
David Talbot, l’homme aux multiples visages, par ses jeux bien différenciés, nous sert un lien, pour cette histoire, savamment équilibré.

Piège pour Cendrillon, Mise en scène Sébastien AzzopardiAlyzée Costes, la petite poupée Cendrillon, à qui on donnerait le bon dieu sans confession, nous entraîne avec malice dans son enquête jalonnée de pièges.
Sa complice de jeu Nassima Benchicou, dans son jeu coquin au sourire ravageur, a tous les atouts pour brouiller les pistes et nous faire perdre la tête.

Elles apportent toutes les deux de la fraîcheur dans cette atmosphère hautement brûlante, mais surtout restez concentrés !

Un thriller bien ficelé, avec une psychologie des personnages bien rendue, qui tient sa promesse et qui mérite votre visite.

 

« Piège pour Cendrillon » au théâtre Michel, du mercredi au samedi à 19, matinée le dimanche à 18h.

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