Les Passagers de l’aube

 

« Les passagers de l’aube » au théâtre 13 – Jardin de et mis en scène par Violaine Arsac est une histoire bicéphale où l’amour fusionnel se conjugue avec l’amour scientifique.

 

afficheAprès avoir triomphé trois étés de suite au festival off d’Avignon, c’était ce soir la première parisienne pour cette histoire d’amour sur fond de données scientifiques et quelle première !
Une ovation a salué ce fantastique travail de précision digne d’une opération de neurochirurgie.

Comment conjuguer pour Noé, ce jeune et brillant interne en dernière année de neurochirurgie, son amour pour son métier et son amour pour Alix, une jeune photographe de mode à l’avenir prometteur ?
Ils ont tout pour être heureux, mais un fossé se creuse dans cette passion fulgurante où les baisers combattent leurs raisons mais ne suffisent pas à consolider le lien qui les unit.
D’un côté Noé, perturbé par les révélations du professeur Mercier, ne peut se résoudre à finir sa thèse dans les délais imposés par son maître, le professeur Schwartz, et de l’autre Alix ne peut se résoudre à vivre sans la présence plénière de son amoureux qui lui a promis de partir en voyage pour un tour du monde insolent.passagers 5

L’Amour pour la science et l’Amour pour l’être aimé s’enroulent comme les cellules de la passion de la double hélice de l’ADN.
Ils se cherchent, se bousculent, se confrontent, s’éloignent pour vivre intensément leur raison d’exister.

 

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« Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre » : sur les notes d’une petite boîte à musique où les picots du cylindre soulèvent l’exaltation, ces paroles sans cesse reviennent dans cette histoire comme un écho du temps qui passe.
« Que cette heure arrêtée au cadran de la montre » pour rappeler qu’il est primordial de se dire « Je t’aime » tant que l’on est vivant, que l’on maîtrise toutes ses facultés.

Noé est perturbé par la découverte scientifique des retombées de « l’expérience de la mort imminente – EMI » crédibilisées par le professeur Mercier, des témoignages de personnes qui révèlent leurs visions, leurs sensations après être revenues conscientes d’un coma avancé ou d’une mort clinique qui auraient dû les laisser partir vers l’au-delà…passagers 4

Il est bien seul dans cette recherche de la quête de l’intime, mais avec ces témoignages, ses certitudes scientifiques volent en éclat au risque de mettre en danger toutes les relations qui font de lui un homme, un amant, mais aussi sa carrière et son Amour pour Alix.
Pour creuser le pourquoi du comment de cette matière voyageant dans la physique quantique, il est prêt à mettre en danger son amitié avec Roman, son complice de toujours dans ces études qu’ils partagent.
Mais Roman est pragmatique, il ne veut pas s’embarrasser de ces histoires à dormir debout. Roman vit l’instant présent, batifole, goûte aux joies de la vie et n’hésite pas à mettre en danger son couple avec Jeanne, interne elle aussi.

Un quatuor que tout sépare, que tout rassemble jusqu’au moment où le tragique vient bouleverser cette petite musique… « Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant »…Version 2

Violaine Arsac a écrit une superbe histoire d’amour conjuguant avec finesse le rationnel et le spirituel. Elle nous fait rêver avec ces couples qui s’aiment et qui se déchirent, où les émotions très présentes chamboulent notre raison et nous donnent des frissons.
Sa mise en scène très rythmée, déconcertante au début, nous captive et ne nous lâche pas une seconde jusqu’au dénouement : un travail d’orfèvre passionnant.
Une mise en scène où le geste a une importance primordiale avec les chorégraphies d’Olivier Bénard sur les musiques de Stéphane Corbin (qui m’avait embarqué dans son « Berlin Kabarett ») et éclairée par les lumières de Stéphane Baquet. Ce rythme soutenu le doit aussi au décor modulable de Caroline Mexme et aux costumes de Clémentine Savarit.

Un quatuor d’exception pour servir ce texte où aucune fausse note ne vient perturber cette fiction basée sur des faits scientifiques réels.

Mathilde Moulinat est Jeanne, l’amie, la confidente, la professeure Schwartz, celle qui dans l’ombre apporte de la lumière à cette histoire.
Nicolas Taffin joue Roman son compagnon, cynique à souhait, mais aussi le déstabilisant professeur Mercier.Version 2

Notre couple au charme irrésistible complète ce quatuor avec la vitalité, la joie de vivre incarnées par la solaire Florence Coste dans le rôle d’Alix.
Un Juliette et Roméo des temps modernes où Noé joué par Grégory Corre nous agace, nous fait rêver, nous séduit, nous entraîne dans sa folie cartésienne de tout vouloir prouver scientifiquement en ne laissant pas de place à l’inexpliqué.

Un conte passionnant qui met en évidence les limites de la science et où le spirituel peut prendre le relais sur l’invisible et l’inexpliqué.

Souhaitons à la Compagnie Le Théâtre des Possibles qui produit ce spectacle de prolonger leur aventure parisienne le plus longtemps possible.

 

« Les Passagers de l’aube » au théâtre 13 – Jardin, du mardi au samedi à 20h, matinée le dimanche à 16h, jusqu’au 09 février.

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