Les Ritals

 

« Les Ritals » d’après le roman de François Cavanna à La Scène Parisienne, mis en scène par Mario Putzulu est le roman d’une vie, celle d’un immigré au grand cœur.

 

afficheFraîchement arrivé du théâtre Hébertot où il fait partie de la troupe qui incarne avec brio « 12 hommes en colère », Bruno Putzulu a juste le temps de changer de costume pour se mettre dans la peau du petit François qui va nous conter son histoire, l’histoire de sa famille avec son père immigré italien venu en France chercher du travail, une vie meilleure.

Une fratrie unie compose ce spectacle, Mario Putzulu le frère aîné s’est attaché à la mise en scène. Il a telle une danse, une farandole, mis en musique les pas de son petit frère sur la scène de la vie ; Bruno quant à lui a adapté le roman pour la scène.
Une musique douce, parfois aux fortes sonorités comme celle de la langue de son père : l’Italien dans toute sa splendeur, accompagne le récit de ce petit bonhomme plein de vie.
Une musique orchestrée par un accordéon sous les doigts très habiles de Grégory Daltin qui a composé les mélodies. Des mélodies tendres, joyeuses, collant parfaitement aux mots de François.
Un trio uni par ses racines ayant tous les trois du sang italien qui coule dans leurs veines.

Quel plus bel hommage pouvaient-ils rendre à François Cavanna décrivant le parcours de son père fuyant la misère de son pays. Un immigré italien illettré arrivé en France dans les années 30, qui épousa une française et qui malgré cela entendait son père se faire traiter de sale rital venu manger le pain des français, en passant par la case « macaroni ».IMG_4389

Un père certes immigré, mais un père au grand cœur qui n’hésita pas à donner de sa personne, de sa bourse pour venir en aide à son prochain, en l’occurrence un immigré algérien : unis dans le désarroi, unis dans le rejet, unis dans l’amour de son prochain.

C’est l’histoire de cette famille vue par les yeux d’un gamin faisant les 400 coups dans les rues de Nogent-sur-Marne avec ses copains, où la famille s’était établie.
Un gamin, plus exactement un adolescent sur le devenir, qui fugua à l’âge de quatorze ans sur sa bicyclette à la recherche d’un monde meilleur, sans racisme.
Une histoire qui commence par l’évocation de son père, dont il était très fier, fabricant de nouveaux mètres avec des bouts ramassés sur les chantiers.
Une histoire émouvante empreinte de nostalgie, d’amour dans les yeux innocents d’un petit garçon remplis de joie de vivre et rebelle à ses heures.
Un gamin fier du courage, de la persévérance, de son savoir-faire, de l’amour de la vie que son père prodiguait tous les jours que composait son chemin de croix.
Un père qui ne faisait pas de politique, immigré oblige, mais qui fier comme Artaban s’occupait avec amour de son potager en y plantant le noyau d’une pêche comme symbole de son enracinement dans cette France, terre d’accueil.IMG_4390

Une histoire drôle au langage imagé, mais sans vulgarité, dont les deux billes de Bruno Putzulu nous captivent et nous font sourire continuellement et même rire, tout en laissant sonner avec sa voix les voyelles et les consonnes du phrasé italien.
Avec sa gouaille colorée, son petit sourire et sa démarche lourde et légère à la fois, il évoque son dépucelage avec les prostituées, ses sorties en costume avec son père dans les fêtes, ses visites du dimanche à l’église pendant que sa mère fait le ménage à fond dans la maison.
Une mère qui aurait voulu le voir entrer dans les PTT, lui qui était doué à l’école en récoltant par son travail la première place de la classe, pour avoir un avenir assuré et ne pas tomber dans le chômage comme ce fut le cas pour son père. Une honte pour sa mère qui la mettait dans une colère noire.

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Un petit François qui a écrit ce livre pour raconter les parcours des ritals dans cette France où l’immigré pose encore de nos jours problèmes : l’étranger du passé face à l’étranger du futur, mais qui en fin de compte, nous a surtout raconté l’Histoire de son Père !

Bruno Putzulu certes a mis à l’honneur les Ritals Cavanna mais c’est aussi un clin d’œil aux Ritals Putzulu que l’on déguste avec une certaine gourmandise dans le jeu de ce comédien aux multiples facettes et aux multiples talents.

 

« Les Ritals » à La Scène Parisienne, du jeudi au dimanche à 21h, jusqu’au 26 avril.

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