Le muguet de Noël

 

« Le muguet de Noël » de Sébastien Blanc & Nicolas Poiret au théâtre Montparnasse dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau est leur nouvelle partition écrite à quatre mains d’une variation très gaie et très colorée d’une symphonie familiale.

 

afficheNos nouveaux Bricaire & Lasaygues ou Barillet & Grédy ont récidivé dans un délicieux bonheur avec leur troisième comédie : notre duo au talent confirmé s’impose sur les boulevards.

Un théâtre pour divertir tout en laissant passer des messages, telle est leur écriture très complice qu’ils nous proposent désormais.

On ne change pas une équipe qui gagne. Ils ont changé de trottoir pour présenter leur nouvelle comédie mais ont gardé leur metteur en scène Jean-Luc Moreau. Ils forment un trio aux codes de la comédie parfaitement rodés.
Ils ont gardé aussi la complicité qui unit Lionnel Astier et Frédéric Bouraly précédemment dans « Deux mensonges et une vérité » qui remporta un vif succès la saison dernière : deux duos qui se ressemblent…étrangement…de là à penser que nos deux auteurs ont glissé dans les dialogues de nos deux héros leurs délires, il n’y a qu’un pas…

François, la cinquantaine épanouie, directeur dans une entreprise de fleuristerie, reçoit dans son appartement sa fille Marion, à la beauté fatale, qui doit lui présenter le nouvel amour de sa vie.
Les précédents ayant été renvoyés manu militari par son père, très sélectif sur la vision de son futur gendre. Il n’ose même pas penser à la progéniture qui le ferait basculer dans un autre monde : celui de grand-père ! Il n’est pas prêt !
Vous connaissez le vieil adage qui dit que la vengeance est un plat qui se mange froid, eh bien vous n’allez pas être déçus avec ce que les auteurs vous ont réservés : ce sont les rois de la manipulation dans un labyrinthe machiavélique.
Pour pimenter un peu l’intrigue, François pendant qu’il se prépare, reçoit son meilleur ami Pierre, certes sur lequel il ne bâtira pas son avenir mais il accepte de l’héberger temporairement, ce dernier ayant vu son appartement partir en flammes. Pour noircir le tableau, ce dernier a vu s’éloigner sa femme au Groenland pour une mission, il se sent bien seul, d’autant plus qu’il recherche du travail ! Une scène ubuesque qui vous emportera dans les rires.J.STEY_MG_7248
Pour clore le chapitre des invités de la soirée, de ce quatuor réjouissant, se présente Serge, le prétendant, qui n’est autre, à la grande surprise de François, que son patron : un poste qu’il miroitait. Plus exactement le fils de feu son patron qui n’était déjà pas une flèche, mais alors là le fils remporte tous les prix.
Pensez donc, il a eu l’idée brillante de remplacer le sapin de Noël par du muguet pour doper les ventes et être créatif : 16 tonnes de muguet vont être livrées incessamment sous peu dans les entrepôts…
Et c’est là que vous allez voir à quel point nos deux auteurs ne sont pas en manque d’imagination. Ils ont l’art et la manière pour que tout ce petit monde se manipule les uns les autres, afin que chacun arrive à ses fins et tire son épingle du jeu, naturellement pour en sortir vainqueur.
Cela n’est pas sans compter toutes les petites vacheries, tous les bâtons dans les roues, que chacun va s’employer à lancer au détour d’une réplique ravageuse à « son adversaire », « son concurrent ».

Nicolas Poiret et Sébastien Blanc ont construit une comédie sur un drame, des drames, et c’est cela qui fait beaucoup rire.
Ils ont l’intelligence du rire avec leurs comédies bien écrites, bien ficelées, aux dialogues ciselés.
Ce soir, deux histoires qui s’entremêlent pour arriver au final à admirer un tableau explosif sur fond d’amitié avec toutes les facettes, les touches qui le dépeignent.

Dans un magnifique décor de Catherine Bluwal assistée de Julie Wassef, éclairé par la patte de Jacques Rouveyrollis assisté de Jessica Duclos, Jean-Luc Moreau assisté de Nell Darmouni a dirigé ces quatre comédiens de main de maître sans les laisser reprendre leur souffle : le rythme, le moteur indispensable pour réussir une comédie. La comédie n’a plus de secret pour lui depuis longtemps, il nous en donne une fois de plus la preuve.

J.STEY_MG_7117C’est avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons, habillés par Cécile Dulac, nos deux compères Lionnel Astier, François (inénarrable dans Kaamelott) et Frédéric Bouraly, Pierre (notre José national) à la complicité indestructible. Une amitié à la ville comme sur les planches qui transpire vaillamment sur scène. Un clin d’œil leur suffit pour enclencher la bonne réaction au bon moment.
7964-siteIls sont entourés par Alexie Ribes dans le rôle de Marion. Une fille qui tient la dragée haute à son père et qui a plus d’un tour dans son sac. Son air malicieux fait tourner la tête à son père qui a bien du mal à lui refuser ses folies. Son nouvel amour Serge est joué tout en finesse par Jean-Luc Porraz, un « gendre » qui n’est peut-être pas aussi neuneu qu’il pourrait bien le laisser supposer.

Tout ce petit monde va jouer carte sur table pour notre plus grand plaisir et déclencher les rires, à leur insu, allez savoir…

« Le muguet de Noël » au théâtre Montparnasse, du mardi au samedi à 20h30, matinées le samedi à 17h et le dimanche à 15h30.

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