Double jeu

 

« Double jeu » de Brigitte Massiot au théâtre du Gymnase dans une mise en scène d’Olivier Macé ou comment faire tomber les masques de cette farce macabre.

 

DOUBLE JEU_affiche_19-1Tout le monde connaît l’image du double masque symbolisant le théâtre, celui de la commedia dell’arte : l’un joyeux, l’autre triste.masques

Tout débute dans la gaîté des retrouvailles pour ce groupe de quinquas, des anciens camarades de lycée, que va convier l’hôte de la soirée dans son charmant appartement parisien, décoré par Olivier Prost, pour une partie de jeu des plus macabres…
35 années séparent leur dernière rencontre. Depuis l’âge de 18 ans, ils ne se sont jamais revus, et au fil de cette réunion d’anciens élèves, vous comprendrez pourquoi.

Tout commence avec un point d’égalité : ils ont tous 53 ans.

Mais pourquoi réunir après tant d’années tout ce petit monde ? Qu’est-ce qui peut bien pousser tous ces anciens lycéens à avoir accepté cette invitation, tout de même surprenante ? L’envie de renouer contact ? La curiosité ? La peur ?

Qui est qui ? Chacun depuis a eu son propre parcours, fait de hauts et de bas, de mariage, de divorce, d’enfants qui sont venus organiser une vie de famille. L’un est devenu avocat, l’autre inspecteur de police ou même psychiatre…

Ils ont tous plus réussi que moins et leurs vies semblent des plus bourgeoises avec tous ses avantages.003 format web

Une réunion où les masques tombent au fil d’un jeu qui fit les beaux jours de leur adolescence : mettre dans un chapeau des billets avec inscrit dessus un souvenir qu’il va falloir mimer pour que les autres le reconnaissent.
Et c’est un jeu de piste fait de naïveté, de ruse, d’ingéniosité, qui va dévoiler la personnalité de chacun avec une mise en relief de leurs parts d’ombre.
Un jeu déstabilisant aux conséquences surprenantes mais libératrices, où l’amour triomphe toujours…

Une sorte de Cluedo des temps modernes, en quatre actes, ponctué par la musique de Frédéric Château et les lumières de Mathieu Le Cuffec, faisant basculer cette réunion des plus festives à son commencement, en une réunion qui va déraper pour notre plus grand plaisir…la mort rôde…
Car soyons honnêtes, nous nous réjouissons des malheurs des autres…cela donne du piquant à l’intrigue et nous tient en haleine jusqu’à la scène finale.

Comme dans un roman d’Agatha Christie, nous jouons le rôle d’Hercule Poirot, essayant de démasquer « le coupable ». D’ailleurs si vous êtes attentifs aux détails, vous devriez pouvoir « trouver » cette personne que l’auteure a bien voulu glisser adroitement dans ce règlement de compte entre amis, tout comme celle que j’avais découverte dans « La souricière » (Cliquez).004 format web

Nous découvrons un évènement qui a eu un impact sur leurs vies. Un jeu de piste passionnant, bien construit, aux réparties mordantes, où les cartes distribuées ne font que brouiller les pistes. Que de mensonges, de sous-entendus, se greffent autour d’un sujet d’actualité brûlant joué tout en finesse par une troupe de comédiens aux multiples facettes.

Une troupe cohérente, jouant en équipe, solidaires les uns des autres pour la montée du suspense de cette tragi-comédie du « Double jeu », mise en scène habilement par Olivier Macé assisté de Laurence Guillet et habillée par Brigitte Massiot.
Sans en accentuer les effets, mais avec un rythme soutenu, Olivier Macé contribue à la montée en puissance de l’intensité dramatique de la situation, que nous vivons en direct, dans une unité de temps parfaitement respectée.
Un travail d’équipe aussi, pour la troisième fois, entre l’auteure et le metteur en scène qui se révèle payant.
La liberté des uns commençant où s’arrête celle des autres, ils se sont partagés dans l’écoute, la confiance, la complicité, les tâches pour nous offrir un résultat brillant.

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Nathalie Marquay-Pernaut, Olivia Dutron, Juliette Dehenne, Charlotte Kady, Pierre Deny, Philippe Rouiller et Bernard Fructus composent ce groupe d’anciens élèves avec chacun sa personnalité bien dessinée que je vous laisse découvrir, pour le suspense, lors de votre venue.
Ils sont tous attachants, drôles, sincères, têtes à claques, dans cette entreprise du double jeu qui porte bien son nom, où le rire côtoie l’émotion, mais n’ayant qu’un seul but : celui de faire éclater la vérité !

 

« Double jeu » au théâtre du Gymnase, du mercredi au samedi à 19h, matinée le dimanche à 16h.

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