La vie trépidante de Brigitte Tornade

 

« La vie trépidante de Brigitte Tornade » de Camille Kohler dans une mise en scène d’Eléonore Joncquez à La gare du midi à Biarritz est un kaléidoscope d’une vie familiale des plus banales…comme chacun d’entre nous peut s’enorgueillir d’en connaître une autour de soi…si ce n’est la sienne…enfin presque…

 

D’un feuilleton radiophonique de cinquante épisodes qui fit les beaux jours de France Culture en 2012, la vie animée de Brigitte Tornade est passée à la postérité sur les planches en remportant en 2020 le Molière de la meilleure comédie, pour donner corps à cette aventure des plus bouillonnantes d’une tiraillée, entre sa vie privée, sa vie de mère, d’épouse, et sa vie professionnelle.
Un cocktail explosif qui à chaque étincelle, à chaque friction, conjugue le verbe aimer à celui de combattre, de vivre.

Dans un fouillis permanent où règne la loi de la jungle, notre Brigitte surnage tant bien que mal  entre un mari qui fuit ce capharnaüm et ses enfants qui lui rendent sa vie trépidante, sans oublier la belle-mère, la famille, les amis et les collègues.
Un métro, boulot, dodo, qui se décline en maman, épouse, femme.

Tout ce petit monde est interprété par quatre adultes, qui se partagent les rôles, et quatre adorables bambins qui s’amusent beaucoup à faire tourner en bourrique les adultes empêcheurs de tourner en rond !

Chacun a sa vie bien rythmée et compte bien ne pas se laisser distraire au risque de perdre ses prérogatives, sa place, dans cet enchevêtrement de situations cocasses, burlesques, irrésistibles, qui de l’extérieur nous font bien rire…jaune…pour beaucoup d’entre nous pour les avoir vécues.

Les parents Brigitte et Paul sont entourés de leur marmaille : Octave, Clémentine, Rose, bien dégourdis sur leurs pattes et Léonard le petit dernier encore dans les couches qui ne peut rien faire sans l’assistance de la tribu.

Au lever du rideau, pour mettre un peu de joie dans cette belle matinée qui s’annonce, comme chaque semaine, des plus animées, pensez donc un mercredi, journée des activités de ces chères petites têtes blondes, Paul n’a pas trouvé mieux pour se dédouaner de ses responsabilités que de mettre dans les pattes de Brigitte son adorable mère remplie de bonnes intentions…
Une vie tellement exaltante, régie par un planning aux allures militaires, que Brigitte est au bord du « burn out » et personne pour la comprendre, l’aider à surmonter cette passe difficile.

Pour tout le monde, elle est transparente et ne fait simplement que remplir son devoir de mère, de femme, d’épouse : quoi de plus normal me direz-vous, il n’y a pas de place pour les apitoiements dans cette vie trépidante à moins d’être un petit peu macho, égoïste…oh qu’elle pensée horrible qui ne saurait avoir sa place dans cette adorable famille.

Comme dans le grand huit des plus célèbres parcs d’attractions, Brigitte au nom de famille prédestiné est emportée dans le tourbillon de la vie sans pouvoir réellement maîtriser la situation, jusqu’au jour de la révélation, une question de survie….la course à pied permet-elle de remettre en place les esprits…à moins que cela soit au tour du mari de prendre conscience de ce rythme infernal qui gouverne leurs vies et de prendre du recul, comme par exemple, démissionner et s’occuper à son tour de la tribu, sans savoir réellement où cela peut le conduire : seul l’avenir nous le dira.

Oublions Françoise Dolto, le télétravail, les rêves de chambres d’hôtes chez les troglodytes, le cinquième enfant, le divorce signe de capitulation, vivre à la campagne ou dans une belle ville européenne loin de toute animation et concentrons-nous sur la mort de David Bowie, le sauveur de la situation…grave mais pas désespérée. Mais n’oublions surtout pas qu’il y a une vie avec et sans les enfants : une vie de couple.

Dans le prisme d’un patchwork complètement déjanté, nous assistons dans un vaudeville à l’écriture moderne, pétillante, à une tranche de vie d’une famille ordinaire des plus savoureuses.

Dans une mise en scène endiablée de notre héroïne où il faut laisser le temps au temps, la maman, Eléonore Joncquez, assistée par Stéphanette Martelet (il faut bien cela, on ne peut pas être au four et au moulin), aux trouvailles scéniques qui maintiennent une puissance de jeu digne d’un marathon, notre famille évolue dans un décor astucieux de Natacha Markoff aux multiples trappes, laissant libre cours aux facéties des petites bouilles.
Habillé tout en fantaisie par Juliette Le Soudier, tout ce petit monde peut se donner aux chorégraphies trépidantes de Marine Garcia Garnier qui nous laissent déguster des intermèdes récréatifs propulsés par la musique galvanisante de Raphaël Charpentier et les lumières électrisantes de Thomas Costerg.

Une joyeuse famille avec en premier lieu ses enfants, joués tout en spontanéité et roublardise dans une bulle de fraîcheur par Eugénie Bruneau de la Salle, Mila et Simon Ayache.
Trois chérubins qui méritent pleinement leurs places sur scène, pour le faire remarquer, entourés par un papa très attachant malgré ses maladresses joué amoureusement par Vincent Joncquez. Tiens le même patronyme que celui de la maman. Bah oui en couple à la ville comme sur la scène ils croquent la vie à pleines dents et pour notre plus grand plaisir nous font partager leurs délires dans un enthousiasme éreintant. Une épreuve qu’ils connaissent bien et qu’ils n’hésitent pas à en dévoiler les clefs de la réussite, celles qui surmontent tous les obstacles tout en dialoguant et sans jamais baisser les bras : la vraie vie quoi !
Viennent compléter cette distribution Clara Guipont et Julien Cigana qui tour à tour dans une joyeuse frénésie accélérée interprètent sur la vague d’une belle présence, la mère, la belle-mère, la belle-sœur, la collègue ; le frère, le patron, le père, le joggeur pour ne citer qu’eux.

Une famille exubérante, touchante qui mérite votre attention et qui pourrait par certains côtés vous aider à rendre meilleure la vôtre !

 

« La vie trépidante de Brigitte Tornade », le 27 mai 2022, à La Gare du midi à Biarritz, un spectacle en tournée via Kimaimemesuive, le 03 juin à Saint-Maur des Fossés, le 12 juin à Caluire-et-Cuire, une belle soirée organisée par Entractes Organisations.

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