1 Février 2025
« Like » une comédie de et mise en scène par Ivan Calbérac sur la scène du théâtre La Comédie de Paris, est un voyage dans les méandres de la vie d’un couple connecté.
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La vie est parfois injuste. Chacun d’entre nous est né avec un capital, qu’il soit physique, intellectuel, ou de santé : à nous de le faire fructifier, de l’améliorer ou de le laisser tel quel contrôler notre vie. Aujourd’hui avec tous les moyens mis à notre disposition et si nous sommes en mesure de nous en acquitter, nous pouvons prendre la main sur notre destin qui nous est assigné.
Eh bien nous allons suivre les déboires d’une professeure de yoga aux prises avec ses followers sur les réseaux sociaux. Vous l’aurez compris le titre de la pièce en dit long sur ce que nous allons découvrir sur nos petites habitudes qui marquent notre vie : to be or not to be, telle est la question qui martèle notre quotidien numérique.
Lou est désespérée, elle n’est pas sur les réseaux sociaux comme le sont tous ses collègues et se voit privée de son emploi faute d’élèves à ses cours.
Le couperet est tombé, il faut réagir : créer un compte Instagram et mettre une photo qui plaira au plus grand nombre afin de rivaliser avec ses collègues pour reprendre son destin en main, en résumé se lancer dans une course effrénée aux « likes » pour exister dans un monde virtuel qui empiète sur le monde réel de façon négative si l’on ne prend pas garde.
Un univers où il faut en maîtriser les codes si on ne veut pas se faire avaler par la machine tout en contrôlant un cercle vicieux, une addiction qui peuvent faire des ravages, tant sur le plan financier, qu’intellectuel et même familial.
Et Lou en sait quelque chose, puisque son compagnon Zac qui avait beau la mettre en garde en paye le tribut. Il n’est pas en reste non plus, car il est un aficionado de Facebook et découvre dans ses voyages sur la toile de bien curieuses tentations.
Exhibitionniste ou voyeur, c’est selon du côté où l’on se place dans l’histoire, pour en tirer une étincelle de gloire, se sentir aimé, admiré, enfin bref exister : le contact humain passant malheureusement au second plan. Des choix qui vous conduisent à la dictature des apparences, dans une harmonisation destructrice : quelle image avons-nous de notre personne et quelle image voulons-nous transmettre dans cette tyrannie des réseaux sociaux ?
A tel point que la pauvre Lou prise dans une escalade du toujours plus ne contrôle plus rien de sa vie. La machine lui dicte ce qu’elle doit faire, doit dire, pour toujours avoir plus de likes, pour se sentir aimer, vivre dans un monde parallèle qui ne peut au final rien lui apporter de positif. A la recherche continuelle du bonheur qui ne peut se matérialiser par des connections virtuelles, voire surnaturelles, enrayant la liberté d’expression dans une réalité salvatrice.
L’écriture ciselée à l’humour décapant et l’imagination débordante d’Ivan Calbérac traduit une réalité et nous apporte une réponse rassurante. Tout au long des saynètes qu’il dépeint de façon ludiques mais factuelles dans sa mise en scène, assisté de Lou Monnet, à la légèreté divertissante, nous suivons amoureusement les déboires de Lou et de son compagnon Zac. Un duo complété habilement par un troisième personnage qui dans de multiples rôles donne vie aux actions qui se suivent dans un rythme étourdissant, le tout coordonné par les vidéos d’Edouard Granero dans un décor de Pauline Gallot éclairé par Alban Sauvé.
Lison Pennec, Arthur Gomez et Benoit Tachoires habillés par Bérengère Roland forment un trio de choc, ils sont tellement naturels dans leurs prestations qu’ils en sont désarmants. Une sincérité de jeu maîtrisée à la perfection dans une fluidité remarquable.
Ne cédez pas à le pression, à la tentation, en sortant du théâtre pour voir si vous avez reçu des likes à vos derniers envois, la vie est bien plus belle dans le réel…le bonheur est à portée d’un sourire, d’un échange et comme dirait Montesquieu : Le bonheur consiste alors à ne pas trop penser à soi-même, car on trouve également son bien dans celui qu’on souhaite aux autres.
« Like » sur la scène du théâtre de La Comédie de Paris, du mercredi au samedi à 21h, matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h. Vue le 310125