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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Piège pour un homme seul

« Piège pour un homme seul », comédie policière en quatre actes de Robert Thomas dans une mise en scène de Michel Fau sur la scène du théâtre La gare du midi à Biarritz, un évènement Entractes Organisations, est un cocktail mariant efficacement le rire au suspens.

 

Cette comédie policière créée au théâtre des Bouffes Parisiens le 28 janvier 1960 dans une mise en scène de Jacques Charon et qui a reçu le prix du Quai des Orfèvres est un chef d’œuvre de subtilité mystérieuse d’un auteur parti trop tôt, qui fut le directeur du théâtre Edouard VII.

Toutes ses précédentes pièces ont été refusées, mais grâce à sa ténacité, Piège pour un homme seul lui ouvre les portes du succès ; un véritable triomphe qui ne fera que se prolonger au fil du temps. La perruche et le poulet, Huit femmes (qui reçut également le prix du Quai des Orfèvres), Un ami imprévu, La chambre mandarine, Assassins associés, Princesse Baraka (tirée de L’argent de la vieille récemment sur la scène de La gare du midi avec Amanda Lear) tant de comédies qui confirmèrent son talent d’auteur. Et qui par la même occasion le conduisirent à se spécialiser dans des intrigues mariant le policier au boulevard. Un talent reconnu par Alfred Hitchcock lui-même qui souhaitait lui acheter les droits pour Piège pour un homme seul mais qui malheureusement disparut trop tôt, à son tour, pour mener à bien son projet.

A l’ouverture du rideau nous découvrons le très beau salon d’un chalet situé non loin de Chamonix, dans une ambiance des années 60, un décor signé Citronelle Dufay, mis en valeur par Joël Fabing, dans lequel un homme, Daniel Corban, étendu sur le canapé noie son chagrin dans l’alcool : sa femme Elisabeth a disparu depuis dix jours à la suite d’une dispute de jeunes mariés. L’arrivée du commissaire qui piétine dans son enquête ne fait que renforcer son addiction à l’alcool. Et ce n’est pas l’arrivée inopinée de Madame Corban, retrouvée par le curé du village, qui va arranger son chagrin : il ne la reconnaît pas, il crie à l’imposture !

A partir de ce moment c’est une cascade de rebondissements qui vont s’enchaîner dans un rythme à la folie dévastatrice : Est-il fou ? Amnésique ? Où bien subit-il les malversations d’une bande d’escrocs organisée ? Les témoins n’en démordent pas cette femme est bien son épouse !

L’arrivée d’un clochard prénommé La Merluche et celle d’une infirmière donne un élan de fraîcheur dans cette comédie policière au suspens angoissant délicieusement grandissant.

Michel Fau assisté de Quentin Amiot a mis en scène habilement cette comédie policière habillée par David Belugou, il préserve, il distille, au fur et à mesure que l’intrigue prend de l’épaisseur, les révélations qui pourraient nous donner la clé de l’énigme. Dans le rôle du mari éploré, il joue tout en nuance, en subtilité, son personnage dépassé par les évènements : il ne sait plus à qui il doit faire confiance. Il faut dire que son épouse jouée par Caterina Murino, à l’accent charmant, ne fait rien pour le soulager, aidé en cela par un curé à l’attitude très ambigüe, joué par le diablotin, au physique avantageux, Alexis Driollet. Une orchestration menée tambour battant par le débonnaire commissaire de police sous les traits réjouissants de Régis Laspalès assisté par Denis Richard. Son œil espiègle ne fait que souligner le côté rieur de cette comédie.

 La Merluche joué tout en facétie par Denis d’Arcangelo et l’infirmière sous les traits colorés de Sissi Duparc donnent à cette intrigue un souffle à la fois revigorant et à la fois troublant, à en perdre la sortie du labyrinthe…

Comme m’a dit ma voisine à l’issue de la représentation, jamais je n’aurais pensé à ce dénouement, alors laissez-vous porter par les indices semés au fil de l’intrigue qui font malicieusement douter et peut-être que vous trouverez le fin mot de l’histoire, car ce qui est sûr selon les propos du commissaire, c’est que le crime parfait n’existe pas.

 

« Piège pour un homme seul » sur la scène du théâtre La gare du midi, un évènement Entractes Organisations, et en tournée avec Arts Live Entertainment. Prochaines représentations, le 12 février à Carcassonne, le 13 février à Béziers, le 27 février à Cholet, le 01 mars à Albi, le 04 mars à Colombes, le 07 mars à Le Plessis Robinson Vue le 080225

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