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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Bel-Ami

« Bel-Ami » de Guy de Maupassant dans une adaptation et une mise en scène de Claudie Russo-Pelosi sur la scène du théâtre rouge du Lucernaire est une satire sociale, du pouvoir, qui n’a pas pris une ride.

 

Pendant que nous prenons place, un homme en habit lit le journal sur un banc tandis que deux cocottes devisent, le tout accompagné par la voix de Tino Rossi dans « Bel-Ami » : la douceur surannée du ton est donnée.

Paris sous la troisième république, une république très instable politiquement : nous allons suivre le parcours fulgurant du jeune Georges Duroy, débarqué de sa province. Un jeune provincial au charme ravageur, sans le sou, mais ambitieux, qui ne rêve que d’une chose : se faire un nom : le journal La vie Française sera son tremplin, Bel-Ami sera son sobriquet.

L’histoire ne frappe toujours pas à la porte avant d’entrer, telle pourrait être sa devise.

Dans un concours d’éloquence sur les pas d’un défilé de mode à la Haussmann où Le dormeur du Val a fait un pas (vestige du passé quand tu nous tiens…), le claquement cadencé de canne et des talons de ces messieurs donne le rythme à cette folle aventure.

Mais ce Bel-Ami confronté à la réalité d’un journal qui ne vit que par ses écrits, n’échappera pas à la page blanche, sa plume maladroite serait-elle sèche ? Aurait-il été présomptueux ? Qui pour le sauver de cette impasse si ce n’est une femme, et encore mieux si cette dernière est la femme de son ami Forestier qui l’a introduit auprès de Walter, le patron du journal ?

Une femme, une maîtresse, dont il usera et abusera comme toutes celles qui croiseront sa route, route qui le conduira vers une ascension sociale vertigineuse : un manipulateur doublé d’un séducteur à qui personne ne résiste, et qui après moult péripéties réussira à se hisser à la dernière marche du journal dans un cynisme fascinant qui pourrait se rapprocher d’un Dom Juan…mais dans cette approche #MeToo n’est jamais très loin…

L’adaptation théâtrale aux dialogues tranchants de Claudie Russo-Pelosi dans un défilé de saynètes bien ordonné donne un rythme soutenu à cette satire sociale qui souligne une intemporalité de l’action : la corruption de la presse, l’hypocrisie sociale, le machisme, l’absence de scrupules, autant d’approches qui laissent la part belle au spectateur dans la vision qu’il perçoit de cet homme à l’audace démesurée.

 Sa mise en scène fluide et cadencée met en lumière la trajectoire de cet homme parmi les hommes qui ne se refusent rien pour parvenir à leurs objectifs : tous les moyens sont bons, seul le résultat compte ! Le décor très mobile de Fabrice Puissant sous les lumières de Dan Imbert reflète le dynamisme de la mise en scène, le tout agrémenté des très beaux costumes de Marie Coralie Sussan et Clare Robinson.

Une distribution à la hauteur de ses ambitions avec la compagnie Les joues rouges, dont Aurélien Raynal dans l’habit de Bel-Ami en est le fer de lance. Son œil machiavélique sied à merveille à la composition ambigüe du personnage à la fois fascinant et méprisable. Sa fougue, sa jeunesse donne du peps au rôle.

 Thomas Lefrançois, Adrien Grassard, Sara Belviso, Clémence Roche, Hanna Rosenblum et Messaline Paillet complètent cette distribution remarquable par sa cohésion, à la fois sensible, parsemée d’émotions et d’humour. Des comédiennes, comédiens, qui incarnent plusieurs rôles sans jamais semer la confusion dans nos esprits.

Ce Bel-Ami est une très belle découverte : un condensé réussi de la vie de ce personnage complexe, sulfureux qui trouve encore aujourd’hui sa place dans la société…

 

« Bel-Ami » sur la scène du théâtre rouge du Lucernaire par la compagnie Les joues rouges. vue le 280525 Représentations du mardi au samedi à 19h, matinée le dimanche à 16h, jusqu’au 27 juillet.

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