6 Juillet 2025
« Les garçons de la bande » une pièce de Mart Crowley adaptée et mise en scène par Antoine Courtray sur la scène du Théâtre du Roi René est une plongée dans l’univers gay New-Yorkais à la fin des années soixante.
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Ce n’est pas à un défilé de mode auquel nous allons assister mais à un défilé d’homosexuels qui se présentent, avec leurs cadeaux, chacun leur tour chez Michael, qui a préparé dans son bel appartement de l’Upper East Side, une réception pour l’anniversaire de son ami Harold.
Cette soirée s’annonce des plus festives dans laquelle tous les stéréotypes des gays sont représentés. Michael, le névrosé, Donald, le beau gosse, Roberto la folle exubérante, Louis, l’artiste, Henry, le converti (en couple avec Louis), Bernard, le policier, Cow-Boy, l’escort et Harold, le juif new-yorkais.
Une seule ombre au tableau viendra compléter cette réunion qui se pourrait clandestine, compte tenu du fait qu’à cette époque l’homosexualité était criminalisée aux Etats-Unis. Une criminalisation qui de nos jours l’est encore dans certains pays, il reste encore beaucoup à faire afin qu’il n’y ait plus de discrimination entre les hétéros et les homos : un rêve…qui sait…
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Et cette ombre est un intrus qui se nomme Alan, le copain de fac de Michael, un copain qui de par son passé pose beaucoup de questions à l’entourage de la soirée.
Dans cette comédie cruelle à l’humour féroce, sur un fond humoristique, la culture gay est traitée : Mart Crowley se joue des clichés qui positionnent les gays dans des cases : une révolution pour l’époque, une comédie qui a connu un immense succès en 1968 à Broadway et deux adaptations cinématographiques.
Dans un décor de Nicolas Delas, mis en valeur par les lumières de Denis Koransky à la fois crues et tamisées, représentant parfaitement la pop culture, aux accessoires orangés, Michael, la quarantaine, élevé dans la religion catholique, sa compagnie d’assurance, converse avec Donald, quelque peu dépressif, qui s’est mis très à l’aise sur le canapé, avant l’arrivée des invités. Une conversation qui met en relief la dialectique, les préoccupations de la communauté gay avec au cœur celle de la communauté new-yorkaise.
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Les rires et les pitreries alimentent allègrement la soirée avec ses danses dont les musiques donnent envie de se trémousser sur nos sièges. C’est avec sincérité, émotion, que chacun d’entre eux nous dévoile, ses failles, ses fragilités, un morceau de son histoire, notamment avec le terrible jeu du téléphone qui doit lors d’un appel révéler la seule personne vraiment aimée : être honnête avec soi-même.
La vie n’est-elle pas une franche rigolade ? Que vaut sa beauté comparée à l’âme ? Qu’est-ce être dans le droit chemin ? Que signifie la liberté dans un couple ?
Autant de questions qui alimentent le débat avec l’arrivée de l’intrus. Son approche de la vie serait-elle différente des autres ?
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Ce huis clos à la construction dramatique explore brillamment la complexité de la communauté gay. Antoine Courtray dans son adaptation et sa mise en scène, souligne la férocité du propos de l’auteur tout en captant l’essence même des personnages habillés par Jean-Daniel Vuillermoz. Dans ce huis clos, avec humour et sobriété, il signe une adaptation sensible et moderne qui reste fidèle à l’esprit de la pièce.
Neuf comédiens forment cette troupe soudée, ils brillent dans cette partie de ping-pong par leurs présences dans un jeu qui sonne juste : Frédéric Andrau, Olivier Renaty, Adrien Melin, Goeffroy Guerrier, Mathieu Bisson, Sébastien Galeota, Benjamin Canonne, Eebra Tooré et Maxime Galichet.
« Les garçons de la bande » sur la scène du Théâtre du Roi René du 05 au 26 juillet à 21h40, relâche les 9, 15 et 23 juillet. Vu le 06/0725