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Au gré de mes sorties retrouvez mes impressions qui je l'espère vous donneront l'envie d'aller au théâtre , voir un ballet, écouter un chanteur, un concert.

Le billet de Bruno

Le chant des Lions

« Le Chant des Lions » de Julien Delpech et Alexandre Foulon, sur  la scène du Théâtre Tristan Bernard, dans une mise en scène de Charlotte Matzneff, est un souffle de vie donné à la Résistance, qui résonne encore de nos jours.

Lions, comme vieux lion : celui de Winston Churchill face à Adolf Hitler, l’aigle allemand.
Un chant de la Résistance française qui a traversé les générations pour rester gravé dans nos mémoires. Un chant qui bouleversa le cours de l’Histoire.

Le récit débute le 27 août 1920, en présence de Lazare Kessel, le frère de Joseph Kessel, qui se donne la mort en pensant avoir trahi son frère, après avoir conquis et donné un enfant à la promise de celui-ci, parti à la guerre… Un enfant qui se prénommera Maurice Druon…

Puis 1933 sonne à notre porte, et nous découvrons la sublime voix de Germaine Sablon sous les traits gracieux de Marina Pangos. Une chanteuse de cabaret qui, par la force des choses, à la voix d’or, tombera malheureusement dans l’oubli.

Une chanteuse qui frappa en plein cœur Joseph Kessel, revenu de Berlin, qui, en compagnie de Katia, sa compagne, est allé l’applaudir. La naissance d’une passion fulgurante, à l’appétit insatiable, qui bouleversera leurs existences. Un Joseph Kessel pris en étau entre ses deux femmes, ses deux amours : comment les concilier ?

Dans des va-et-vient assez rapides, trop peut-être, l’action de ce Chant des Lions nous emporte dans un tourbillon d’anecdotes entre 1920 et 1943, jusqu’à la naissance du Chant des Partisans, créé par Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon, et interprété pour la première fois par Germaine Sablon le 17 mai 1943 à la BBC. Un chant fédérateur pour la Résistance.
Faire partie de la Résistance : tel est le souhait de Maurice Druon, mais Joseph Kessel ne le voit pas d’un bon œil. La scène de l’épisode de l’émetteur dans le train en est une illustration marquante. L’évocation de Tristan Bernard dans la pièce n’est pas anodine.

La mise en scène au cordeau de Charlotte Matzneff, assistée de Manoulia Jeanne, est orchestrée comme une symphonie endiablée où les sons deviennent un personnage à part entière. La musique en direct sur scène, avec comme chef d’orchestre et compositeur Mehdi Bourayou, est un atout indéniable pour nous faire vivre l’atmosphère de l’Occupation, complétée par les bruitages caractéristiques de cette époque troublée.
La scénographie évolutive d’Antoine Milian participe grandement au rythme de la mise en scène, tout comme les lumières de Moïse Hill et les costumes de Corinne Rossi.

Outre Marine Pangos et Mehdi Bourayou, les héros de cette histoire sont Élodie Colin, dans les rôles de Katia et de La Carpe, une résistante hors pair. Éric Chantelauze campe un Joseph Kessel dépassé par ses histoires d’amour ; il dira d’ailleurs que celle avec Germaine fut une belle chanson. Un Joseph Kessel qui prend le temps d’exister : un temps pour écrire, un temps pour vivre. Un écrivain qui pense que les livres reviennent toujours vers ceux qu’ils aiment.


Thibault Pinson donne toute sa fougue et sa passion dans les rôles de Lazare Kessel et Maurice Druon. Quant à Thierry Pietra, dans le rôle de Darier — à la fois directeur de cabaret, tenancier de bar et figure de la Résistance — sa bonne humeur et son œil fripon donnent du relief à cette aventure où l’humain tient une place centrale.

Une troupe à la justesse d’interprétation, qui, dans le chant comme dans le jeu, nous charme et nous régale.

Les auteurs Julien Delpech et Alexandre Foulon l’ont brillamment mis en valeur dans leur récit, dans ce Chant des Lions qui éclaire une belle page de notre Histoire : celle de la Résistance française.

« Le Chant des Lions », sur la scène du Théâtre Tristan Bernard, les mardis, mercredis et samedis à 21h, les jeudis et vendredis à 19h.
Vu le 03/02/26

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