Et si on ne se mentait plus ?

 

Une soirée légère et de bonne compagnie !

Salle plus que remplie pour applaudir la troupe des mousquetaires de la littérature ou « Les Inspirés », jeune compagnie créée en 2015 par cinq amis issus du même cours de théâtre dirigé par le non moins prestigieux Jean-Laurent Cochet !

Cette belle équipe a décidé de mettre en commun leur énergie, leur fougue pour produire une histoire de la « Belle Epoque » : « Et si on ne se mentait plus ? ».

 

Et si on ne se mentait plusDe cette période riche en progrès sociaux, économiques, technologiques et politiques nos cinq mousquetaires, tout en amitié, ont tout le loisir d’y puiser chaque semaine (chez Lucien Guitry) lors de leur déjeuner récréatif, bien arrosé, où les esprits s’échauffent, où l’insouciance règne où les rires éclatent, les bons mots, les calembours, les citations qui font le bonheur de l’auditoire ; citant par exemple Henry Becque dans « La Parisienne » avec cette célèbre réplique : « Ouvrez ce secrétaire et donnez moi cette lettre ».

Les paroles s’envolent, les écrits restent et la machine s’enraye mettant en porte-à-faux une amitié bien réelle…une lettre s’égare et c’est tout le groupe qui éclate, qui se remet en question.
Car c’est bien le thème principal de cette intrigue.
Que peut-on faire ou ne pas dire par amitié ?
Jusqu’où peut-on aller dans le mensonge ?
Quelles sont les limites du respectable, du tolérable ?

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Yann Buisson

 

Sur les thèmes du succès, de la jalousie, de l’argent et des femmes, c’est avec subtilité et humour que nos deux auteurs Emmanuel Gaury alias Lucien Guitry et Mathieu Rannou alias Alphonse Allais ont distillé les répliques de ces joutes verbales à leurs camarades, jusqu’à une fin pleine de rebondissements, émouvante avec en filigrane le temps qui passe.
Ils ont bien compris que ces esprits brillants (on y apprend qu’Alphonse Allais est l’inventeur du café lyophilisé en 1881, on y revoit les origines de l’heure d’été qui est bien plus ancienne que l’on croit) allaient au-delà de leurs petites querelles pour ne conserver que leur amitié qui les sortait de ces situations délicates.

 

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Yann Buisson

Pour gérer ces cinq « personnages » il fallait une main de fer dans un gant de velours et c’est Raphaëlle Cambray qui a eu le privilège de les dompter, il faut dire qu’elle a suivi également les cours de Jean-Laurent Cochet…décidément cet homme est un découvreur de talents.
Elle a su tirer toutes les finesses du texte pour mettre en avant le talent des comédiens et les liens fraternels qui unissaient ces cinq génies de la littérature.
Elle a mis toute sa féminité dans cette arène composée uniquement d’hommes pour les diriger dans une musique aux sonorités qui enchantent nos oreilles.

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Yann Buisson

 

Dans un rythme soutenu, elle a complété son exigence, son souci du détail avec les très beaux costumes de Margot  Déon et Leslie Pauger, dans un décor aux espaces bien conçus de Catherine Bluwal, rythmés par la musique de Jean-Marc Istria et éclairés par les lumières de Marie-Hélène Pinon.

 

 

 

 

 

 

Qui jouent ces cinq génies de la littérature me direz-vous ?

Les deux premiers vous les connaissez :

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Emmanuel Gaury à l’œil vif, à la fine moustache nous délecte avec ce Lucien Guitry qui fait tourner la tête aux femmes, son élégance naturelle dans sa robe de chambre chatoyante apporte au personnage une belle couleur sans tomber dans le piège d’une quelconque imitation.
Mathieu Rannou est mon coup de cœur dans cette distribution. Avec une voix chantante et un détachement, il campe un Alphonse Allais au penchant aux alcools très réjouissant. Son aparté sur comment reconnaître les consommateurs des breuvages en examinant leurs verres est très drôle…fauteur de trouble à ses heures…
Nicolas Poli à la stature imposante, au bouc saillant et au visage ensoleillé est un Alfred Capus très convaincant dans son rôle de médiateur malgré sa déconvenue.
Maxence Gaillard joue un Jules Renard cynique à souhait, un peu dépassé par les événements mais somme toute très lucide : on y croit.
Guillaume d’Harcourt  le poupon à la barbe fournie quant à lui incarne avec son jeu généreux et sa bonhomie un Tristan Bernard bon vivant aux allures joyeuses ; il est le trublion et donne de la gaîté à ce groupe.

Leur complicité sur scène est belle à voir et ils nous font beaucoup rire : ils ont réussi leur pari, je leur dit Bravo !

 

« Et si on ne se mentait plus ? » : au Lucernaire du mardi au samedi à 18h30 et le dimanche à 15, succès oblige prolongation jusqu’au 31 décembre 2018

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