Mon Isménie

 

« Mon Isménie » d’Eugène Labiche dans une mise en scène de Daniel Mesguich au théâtre de Poche Montparnasse est un tourbillon de rires à la sauce loufoque.

 

afficheAutant vous le dire tout de suite, si vous êtes un adepte des Labiche version « Au théâtre ce soir » ou dans la pure tradition de la Comédie-Française : fuyez ! Ne prenez même pas la peine de lire mon billet.
Mais au contraire, si vous êtes curieux et que vous aimez découvrir une mise en scène qui sort des sentiers battus, avec en point d’orgue des comédiens chevronnés au service d’une farce, alors foncez au Poche Montparnasse !

Après une première partie de soirée en compagnie de Stéphane Freiss dans « La promesse de l’aube » où était évoquée la relation « mère – fils » (Cliquez), c’est au tour dans cette seconde partie de soirée de suivre la relation « père – fille » avec « Mon Isménie : un programme familial somme toute…oui mais cette fois-ci nous avons à faire à un père incarnant à l’extrême la jalousie.

Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de Daniel Mesguich pour se lâcher avec autant de frénésie dans cette version complètement déjantée, à la limite du burlesque, lui qui signe pour la première fois une mise en scène d’une pièce de Labiche.
C’est d’ailleurs Philippe Tesson, propriétaire du Poche Montparnasse, qui lui a proposé de monter cette pièce : une belle et heureuse initiative.

Vancouver, père, est un homme malheureux qui voit sa fille de vingt-quatre ans lui échapper. Sa fille touchée par la montée de ses hormones ne pense qu’à une chose, se marier pour laisser libre cours à sa libido.

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Cela tombe bien, son prétendu, en la personne de Dardenboeuf, lui aussi ne pense qu’à cela, en plus de chiquer à tous les coins de rue. Un homme en rut qui a bien du mal à cacher ses pulsions.
Un père qui cherche par tous les moyens, usant de stratagèmes plus ou moins honnêtes (on s’en fiche nous sommes là pour rire et qui plus est à leurs dépens) pour éloigner tous les prétendus qui se présentent à la porte, et ils sont légion.
Mais c’est sans compter avec la sœur de Vancouver, Galathée, une vieille fille à la main de fer dans un gant de velours dont la fortune lui permet toutes les fantaisies. Elle qui met dans les pattes de sa nièce l’homme qu’elle a choisi !
Pour lier cette mayonnaise et nous embarquer dans les tourbillons explosifs du rire, il nous fallait la bonne, Chiquette, qui de l’ange au démon se mange à toutes les sauces et ne pense qu’à une chose : être la « Rosière » de la partie !

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Point de décor, uniquement quelques accessoires, et des costumes « d’époque » agrémentés de quelques fioritures, pour mener à bien son projet.
Dans une déclinaison de l’humour sous toutes ses formes, accentuant les apartés avec le public, les œillades malicieuses, introduisant quelques anachronismes, et la mise en scène de Daniel Mesguich, avec ses couplets vaudevillesques chantés (avec le grain de sel du coauteur Marc-Michel), tire profit de toutes les qualités indéniables de jeux de ses comédiens.
Des jeux de scène réglés comme du papier à musique demandant une interprétation d’une précision folle pour être efficaces et faire mouche à chaque fois. Le rythme étant la clef de voûte de cette comédie-vaudeville à la construction habile.
Des jeux, des expressions, des rencontres insolites faisant penser par exemple à Michel Galabru ou encore à Marcel Philippot, sans oublier les duels avec notamment celui de la scène du parrain. Je vous laisse les découvrir, cela vaut le détour.

FRA - THEATRE - MON ISMENIE

Pour incarner la jeune nymphomane « Isménie », Alice Eulry réussit à merveille, dans une coquetterie assumée, à nous séduire et séduire son prétendu.
Un prétendu doté des griffes et des yeux du terrible Eusèbe De Dardenboeuf, Bachelier ès lettres, interprété par Guano, remarqué dans les traits d’un effrayant Voldemort dans Colors au théâtre Michel (Cliquez), au côté de William Mesguich, ceci expliquant cela…et pour l’anecdote j’étais assis ce soir là aux côtés de…Daniel Mesguich.

Vancouver sous les traits du redoutable Frédéric Souterelle, à la voix de stentor, est un remarquable père à la jalousie extrême : la figure paternelle conservatrice.
Mais Sophie Forte, alias Galathée lui donnera du fil à retordre et ne manquera pas une occasion de nous faire rire notamment avec son monologue joyeux à souhait.

Et pour finir sur une note poétique, notre petite bonne, notre petite rosière, aux yeux de biche est jouée tout en raffinement par Frédéric Cuif. Je voyais sur scène Claude Véga donnant la réplique à ses complices. Je me suis régalé par son interprétation.

De la gaîté, de la fantaisie, un feu d’artifice haut en couleurs qui fait bien rire !

 

« Mon Isménie » au théâtre de Poche Montparnasse, du mardi au samedi à 21h, matinée le dimanche à 17h30.

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